Un nouveau Turner pour le Getty


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1. Joseph Mallord William Turner (1775-1851)
Rome Moderne - Campo Vacino, 1838-1839
Huile sur toile - 90,2 x 122 cm
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum
Photo : Sotheby’s Londres

2/8/10 – Acquisition – Los Angeles, The J. Paul Getty Museum – Le 7 juillet dernier, dans la vente Sotheby’s de Londres, le Getty Museum a acheté pour près de 30 millions de livres1 un tableau de Turner, Rome Moderne - Campo Vacino.
Il s’agit de la dernière représentation de la ville peinte par l’artiste, en 1838-1839. Il l’exécuta de mémoire et en se basant sur les esquisses et croquis qu’il avait pu y réaliser, puisqu’il ne retourna jamais dans cette ville qu’il n’avait visitée qu’à deux reprises en 1819 et 1828. Le panorama est celui que l’on découvre du haut du Capitole sur le forum, qui mêle la Rome moderne représentée par les édifices baroques comme l’église Saint-Luc-Sainte-Martine de Pierre de Cortone à gauche ou Saint-Jean-de-Latran dont la silhouette se découpe au loin, et la Rome antique avec notamment à droite les colonnes du temple de Vespasien et du temple de Saturne, à gauche le haut de l’Arc de Septime-Sévère, au fond le temple de Castor et Pollux et encore plus loin le Colisée... Si l’on excepte les gardiennes de chèvres et leurs enfants maintenant remplacés par les touristes2, la vue n’est guère différente de celle que l’on peut voir de nos jours.

L’œuvre fut exposée à la Royal Academy en 1839 en pendant à Ancienne Rome - Agrippine débarquant avec les cendres de Germanicus aujourd’hui conservée à la Tate Britain. Si l’influence de Claude Lorrain est encore présente dans la composition et l’utilisation des ruines, l’atmosphère créée par Turner est ici bien différente. La dissolution des couleurs et de la lumière confère une ambiance brumeuse, romantique et un peu irréelle.
Le Getty conservait déjà un tableau de Turner, acquis en 1993, et deux aquarelles. Il est amusant de constater que la toile achetée chez Sotheby’s était prêtée par son propriétaire à la National Gallery of Scotland d’Edimbourg depuis 1978, ce qui prouve une nouvelle fois que le Getty privilégie toujours les achats de peintures ayant figuré auparavant dans un musée et passées en vente, après une reprise de dépôt ou d’une restitution aux héritiers (voir brève du 26/3/08).

English version


Didier Rykner, lundi 2 août 2010


Notes

129 721 250 £ avec les frais.

2Le titre Rome moderne se réfère d’ailleurs davantage à la scène contemporaine qu’elle représente qu’aux monuments.





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