Un nouveau tableau de Carolus-Duran pour le musée de Lille


Carolus Duran (1837-1917)
Portrait de femme rousse, 1876
Huile sur toile - 56 x 46 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Palais des Beaux-Arts de Lille

12/01/12 - Acquisition - Lille, Palais des Beaux-Arts - Le Palais des Beaux-Arts de Lille a acquis un beau portrait de femme par Carolus Duran, qui avait été proposé aux enchères le 21 février 2010 par Mercier & Cie, estimé alors 8 000 à 12 000 euros. Originaire de la ville, le peintre est assez bien représenté dans les collections ; le musée lui avait d’ailleurs consacré une exposition en 20031 (voir l’article).
Cette jeune femme est probablement Lilia, que l’on retrouve dans d’autres œuvres, notamment dans une étude de 1887 (Washington, National Gallery of Art) et surtout dans le tableau Lilia (1889, dépôt du musée d’Orsay à Privas) qui rencontra un succès certain lors de son exposition en 1890 au Cercle de l’union artistique. Elle a également servi de modèle pour Danaé (1891, Bordeaux, Musée des Beaux-Arts) et autres compositions (plus ou moins) historiques.

Beaucoup d’artistes de cette époque s’inspirèrent de muses rousses, Jean-Jacques Henner bien sûr qui réalisa par ailleurs un portrait de Carolus, Gustave Courbet également, (dont le réalisme influença l’artiste lillois au début de sa carrière), qui décrit par exemple Joanna Hifferman, la Belle Irlandaise (1866).
La nouvelle peinture de Lille séduit par la rapidité de sa touche et la vivacité de son coloris, le chatoiement du roux et du rouge étant mis en valeur par le fond d’un bleu océan ; l’expression du modèle intrigue, dont le regard pensif et les cheveux épars lui donnent un air de Madeleine pénitente. Ce tableau, comme les portraits familiers, est plus libre que les portraits mondains qui firent la célébrité de Carolus Duran, rival à l’époque de Léon Bonnat.
Le peintre étudia beaucoup l’art de Velázquez qui, à ses yeux, savait s’effacer devant son modèle pour saisir ce qu’il y a de plus intime en lui. Carolus Duran écrivit lui-même que : « la plupart des portraitistes n’ont donné de l’être que sa forme visible. Si nous étudions les maîtres que nous regardons comme les premiers dans cet ordre, nous verrons qu’ils ne se sont pas contentés d’une apparence matérielle, et que faisant abstraction du moi, ils sont allés chercher le caractère particulier du modèle qu’ils avaient à rendre, autant dans son esprit, dans son tempérament, son atmosphère, que dans ses allures personnelles. » (voir l’article).

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Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 12 janvier 2012


Notes

1. Le musée de Saintes avait la même année présenté une exposition sur ses portraits d’enfants voir l’article.



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