Un monotype d’Edgar Degas pour le Musée Van Gogh


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Edgar Degas (1834-1917)
La Lecture après le bain, vers 1877-1885
Monotype - 27,7 x 37,9 cm
Amsterdam, Van Gogh Museum
Photo : Amsterdam Museum

24/4/14 - Acquisition - Amsterdam, Van Gogh Museum – À l’honneur chez Monet, à Giverny, le temps d’une exposition (voir l’article), Degas l’est aussi chez Van Gogh, dans le musée d’Amsterdam qui a récemment acquis un monotype par l’intermédiaire d’un marchand, La Lecture après le bain, qu’on avait pu voir dans l’exposition organisée par le Musée d’Orsay et le Musée des Beaux-Arts de Boston (voir l’article) et qui appartenait alors à une collection privée.

Une femme nue, avachie dans un canapé, lit son journal. Au fond de la pièce à droite, un cercle évoque le tub dans lequel elle s’est lavée. La technique permet d’obtenir un intérieur sombre, éclairé par un carré blanc, une fenêtre, dont la lumière vient souligner les courbes du corps féminin. La jambe relevée qui bloque les rayons est dessinée par un contour net. On retrouve dans d’autres monotypes de l’artiste, ce nu plié et déplié dans l’ombre.
Degas développa le thème de la sortie du bain dans ses peintures, dessins, pastels, estampes et monotypes, saisissant des femmes dans leur quotidien, loin de l’idéalisation antique. « Jusqu’à présent, le nu avait toujours été représenté dans des poses qui supposent un public, mais mes femmes sont des gens simples. Je les montre sans coquetterie […] C’est comme si vous regardiez par le trou de la serrure1 ». Le spectateur devient voyeur.

L’artiste expérimenta le monotype aussi bien pour des paysages que pour des scènes de genre comme celle-ci. Contrairement à la gravure - pour laquelle la plaque est creusée ce qui permet de conserver le tracé - , il est réalisé à partir d’une plaque couverte d’encre, sur laquelle la composition est tracée à l’aide d’une brosse, d’une pointe, ou même des doigts. Apparaissent alors des scènes sur un fond sombre. Le monotype est, comme son nom l’indique, une estampe unique, mais Degas aimait réaliser un deuxième voire un troisième exemplaire à partir d’une même plaque, il obtenait alors une image très pâle qu’il rehaussait souvent de pastel. Pour la Lecture après le bain, il a réalisé un autre exemplaire qu’il n’a pas retouché. Les deux, qui se trouvaient dans l’atelier à la mort du maître, furent vendus ensemble le 18 novembre 1918.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 24 avril 2015


Notes

1Edgar Degas, « Je veux regarder par le trou de la serrure. » textes, lettres et propos choisis, Paris 2012.





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