Un Louis II de Boullogne découvert au Canada


1. Louis II de Boullogne (1657-1733)
La Présentation au Temple, 1688
Huile sur toile - 312 x 210 cm
Moncton, Musée acadien
de l’Université de Moncton
Photo : Léo Blanchard

17/10/08 – Découverte – Moncton, Musée acadien de l’Université de Moncton – On sait que les peintures françaises des XVIIe et XVIIIe siècles sont nombreuses à avoir traversé l’Atlantique et à être aujourd’hui conservées dans des églises du Canada. Il n’est donc pas étonnant que des toiles inédites y soient retrouvées. C’est l’heureuse aventure qui est arrivée récemment au musée de l’Université de Moncton, au Nouveau Brunswick, qui exposera cette nouvelle découverte à partir du vendredi 24 octobre 2008.

L’œuvre était conservée dans l’église d’un petit village, Grande-Digue, jusqu’en 1969, date à laquelle le vandalisme lié au Concile Vatican II, qui frappa le Canada comme la France, entraîna la destruction de l’autel. Le tableau qui se trouvait au dessus fut alors donné au musée Acadien. Aucune signature n’était apparente, seulement une date de 1788 qui ne correspondait pas vraiment au style. On pensa qu’il s’agissait d’une copie d’un tableau plus ancien et elle fut reléguée en réserves.
Lors d’une restauration entreprise en 2006, on déroula le haut et le bas de la toile qui avaient été pliés pour permettre à l’œuvre de rentrer dans le cadre qui l’entourait. Cette opération avait caché la signature de l’auteur, qui se révéla être Louis de Boullogne le Jeune. La véritable date, 1688, apparut également. Cette attribution a été confirmée depuis par la spécialiste de l’artiste, Hélène Guicharnaud.


2. Louis II de Boullogne (1657-1733)
La Présentation au Temple, 1715
Huile sur toile - 430 x 454 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN/Gérard Blot

L’historique probable de l’œuvre est étudié de manière très complète par Bernard LeBlanc, conservateur au musée acadien, dans un rapport inédit que nous avons pu consulter (et dont proviennent les informations de cette brève). Il est probable qu’elle arriva au Québec avec les 60 tableaux envoyés par l’Abbé Desjardins en 18201. Elle aurait ensuite été acquise par un prêtre de la paroisse de La Grande Digue pour son église.

Notons enfin que l’artiste traita le même sujet dans une toile conservée au Louvre et datée de 1715. La composition en est différente, avec davantage de personnages et un format en largeur. Le groupe du grand prêtre Siméon portant l’enfant est cependant semblable dans les deux tableaux.

Remerciements à Isabelle Cormier, Directrice du Centre d’études canadiennes et du Musée Acadien.

English version


Didier Rykner, vendredi 17 octobre 2008


Notes

1. Cette provenance est confirmée par Laurier Lacroix, auteur d’un article sur ce sujet (Laurier Lacroix, « Les envois de tableaux européens de Philippe-Jean-Louis Desjardins à Québec, en 1817 et 1820. Établissement du contenu », Annales d’Histoire de l’Art Canadien, 20, 1999, n° 1-2, pp. 27-41). Sur les envois Desjardins, voir aussi : Guillaume Kazerouni, « Les tableaux d’église français au Québec », Peintures françaises du XVIIe des églises de Paris, Dossier de l’Art, n° 149, février 2008, p. 90-91.



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