Un grand tableau de Jean-Antoine-Théodore Giroust acquis par Dallas


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Jean-Antoine-Théodore Giroust (1753-1817)
Mademoiselle d’Orléans prenant
une leçon de harpe
, 1791
Huile sur toile - 250 x 185 cm
Dallas, Museum of Art
Photo : Christie’s

7/2/15 - Acquisition - Dallas, Museum of Art - L’exposition « The Arts of France » organisée par la galerie Wildenstein à New York et dont Stéphane Guégan avait rendu compte sur ce site (voir l’article), était particulièrement riche en portraits français peints dans les vingt dernières années du XVIIIe siècle, juste avant, ou pendant la Révolution.
Parmi ceux-ci, l’un des plus impressionnants était celui de Mademoiselle d’Orléans prenant une leçon de harpe par Jean-Antoine-Théodore Giroust. La toile (avec son beau cadre néoclassique) est passée en vente chez Christie’s New York, le 28 janvier 2015, où elle a été adjugée 1 445 000 dollars (avec les frais) au Dallas Museum of Art.

Louise Adelaïde de Bourbon Orléans, fille du duc d’Orléans qui va bientôt se faire appeler Philippe-Égalité, est passée elle-même à la postérité comme sœur de Louis-Philippe sous le nom de Madame Adélaïde.
C’est un monde finissant que représente cette scène : une jeune fille de sang royal (son grand-père, le comte de Toulouse, était fils bâtard de Louis XIV) prend une leçon de musique dans un riche décor aristocratique. Tout semble immuable, mais on est pourtant en 1791 - l’œuvre fut exposée en septembre au Salon - deux mois après que Louis XVI a été arrêté à Varennes. La monarchie vit ses derniers moments, et le père d’Adélaïde va bientôt devenir régicide.
La professeur de harpe qui l’accompagne n’est autre que la fameuse Mme de Genlis, qui était aussi une virtuose de cet instrument. La jeune femme debout de profil, qui tourne les pages de la partition, est une jeune anglaise, Melle Paméla, qui fut élevée avec la fille du duc d’Orléans.

Giroust fut l’élève de Vien, dans l’atelier duquel il devint ami avec David, puis de Nicolas-Bernard Lépicié quand son maître quitta Paris pour devenir directeur de l’Académie de France. Il obtint le prix de Rome en 1778, fut élu à l’Académie de peinture et de sculpture en 1788 et prit fait et cause pour la Révolution après la chute de la Bastille. En 1791, il avait été nommé peintre du duc d’Orléans.
Le musée poursuit ainsi une belle série d’acquisitions dont nous avons rendu compte régulièrement sur ce site. Ce grand portrait, qui évoque un peu les conversation pieces anglaises - n’oublions pas que le duc d’Orléans était un grand anglophile, vient rejoindre au Texas un autre tableau de Giroust, une scène typiquement néoclassique, Oedipe à Colone, son morceau de réception, que nous avions reproduit dans notre article consacré au Dallas Museum of Art.


Didier Rykner, samedi 7 février 2015





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