Un grand format de Gaston Bussière acquis par Cherbourg


Gaston Bussière (1862-1928)
La Révélation, Brünnhilde découvrant
Sieglinde et Siegmund

Huile sur toile - 236 x 304 cm
Cherbourg, Musée Thomas-Henry
Photo : Sotheby’s Paris

26/8/08 – Acquisition – Cherbourg, Musée Thomas-Henry – Avec la sculpture de Gérôme (voir brève du 27/6/08) et l’esquisse d’Oudry (voir brève du 24/8/08), une troisième œuvre a été préemptée par un musée français dans les ventes Sotheby’s Paris du 25 juin 2008. Il s’agit d’une grande toile de Gaston Bussière, tirée de La Walkyrie de Richard Wagner et représentant le moment où Brünnhilde, envoyée par Wotan pour punir Siegmund et Sieglinde, renonce à obéir à son père (ill.). Le musée Thomas-Henry de Cherbourg l’a acquise pour la somme de 48 000 € (hors frais).
La première parisienne de La Walkyrie eut lieu le 12 mai 1893 et il est probable que l’artiste ait assisté à la représentation. Il réalisa d’ailleurs d’autres toiles inspirées par le même thème, dont Les adieux de Wotan à sa fille conservé à l’Hôtel Dieu de Mâcon [1].

Elève de Cabanel, Bussière est coutumier de ce type d’œuvre qui synthétise l’approche symboliste, l’art des Préraphaélites anglais et la peinture d’histoire d’artistes tels que Jean-Paul Laurens. Il traduit l’univers de ce dernier (la figure de Siegmund par exemple, pourrait être issue d’un tableau de Laurens) dans un style fantasmagorique, aux coloris scintillants et aux formes maniérées, qui évoque aussi Jean Delville. Ses fonds de paysage (c’est le cas de la peinture acquise par Cherbourg) font penser à Puvis de Chavanne (avec lequel il travailla) ou Alphonse Osbert.
L’artiste évolua par la suite vers une manière qu’on peut qualifier de plus en plus « kitsch » pour arriver dans les années 1920 à des œuvres que même les plus ardents défenseurs de la peinture d’histoire auront bien du mal à défendre. Il ne faut pas pour autant négliger ses tableaux de jeunesse, parfois très réussis comme la belle Mort de Roland (Mâcon, Musée des Ursulines). Notons que Mâcon où son père, Victor Bussière, peintre-décorateur, s’installa en 1862 alors que Gaston avait cinq ans, prépare deux expositions consacrées à cette famille d’artistes dont la première, Les Bussière peintres décorateurs, aura lieu du 18 octobre 2008 au 1er février 2009.

English version


Didier Rykner, mardi 26 août 2008


Notes

[1] Dans un article consacré au catalogue de l’exposition Richard Wagner. Visions d’artistes publié sur ce site, Dominique Lobstein regrettait l’absence de toiles de Bussière. Un essai de répertoire des toiles wagnériennes de ce peintre se trouve dans le catalogue de l’exposition Wagner et la France, Bibliothèque Nationale / Théâtre National de l’Opéra de Paris, 1983, p. 125-127.



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