Un fragment de panneau du XVIe siècle pour le musée de Breda


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Flandres, 1518-1520
Le Christ et la Samaritaine
Huile sur panneau
Breda, Museum
Photo : Breda’s Museum

15/5/14 - Acquisition - Bréda, Musée de Bréda - On ne sait rien de cette peinture très lacunaire : rien de son auteur, de son commanditaire, ni de sa destination. Acquise par le musée de Bréda en 2013 auprès d’un particulier, grâce à une souscription et avec l’aide de la Vereniging Rembrandt, elle faisait probablement partie d’un triptyque et représente Le Christ et la samaritaine dont on ne voit malheureusement plus que les deux têtes. À gauche, les disciples rejoignent Jésus après avoir acheté des vivres, comme le raconte l’Evangile de saint Jean (4, 4-14) tandis qu’à droite la Samaritaine est représentée une deuxième fois, retournant vers la ville pour annoncer aux habitants qu’elle a rencontré le Christ. Au deuxième plan, sur une colline, des hommes à genoux illustrent probablement la discussion de Jésus avec la Samaritaine : « "Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem". “ Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père". »
Mais le principal intérêt de cette composition est la représentation de la ville à l’arrière-plan : il s’agit de Breda et sa description est suffisamment précise pour que l’on puisse identifier un certain nombre de bâtiments et dater la peinture autour de 1518-1520.
L’ancien directeur du Breda’s Museum, Jeroen Grosfeld, a publié un long article sur ce panneau dans la revue publiée par le musée. Il évoque une gravure d’après Pieter de Swart qui, en 1744, reproduit une vue de la ville similaire à celle du tableau ; mais comme le souligne Jacques Foucart1, il serait malgré tout présomptueux d’affirmer que De Swart a vu et copié cette peinture.
Le style de l’œuvre relève du maniérisme anversois et, après avoir évoqué le Maître de 1518, Jeroen Grosfeld propose plutôt d’y voir la main d’un peintre de l’entourage de Joos van Cleve pour les figures et de celui de Joachim Patinir pour le paysage. Jacques Foucart quant à lui retient l’attribution au Maître de 1518.

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Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 15 mai 2014


Notes

1Nous remercions Jacques Foucart pour son aide dans la rédaction de cette brève.





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