Un dessin de plafond du XVIIe siècle préempté par le Louvre


28/3/14 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Semaine du dessin oblige, le département des Arts Graphiques a été très actif cette semaine en vente publique. Et il colle à l’actualité, puisqu’il a préempté mercredi trois études pour des plafonds peints au moment même où il leur consacre une très belle exposition (voir l’article). Les deux premiers, des œuvres de Romanelli acquises à Drouot, ont été traitées avant-hier par une brève. Presque au même moment, chez Christie’s, le Louvre se portait acquéreur d’une belle feuille préparant le compartiment central d’un plafond et représentant L’Apothéose de Romulus (ill. 1).


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1. Entourage de Charles Le Brun (1619-1690)
L’Apothéose de Romulus
Pierre noire, lavis brun, craie blanche - 52,5 x 47 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Christie’s Paris
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2. Charles Le Brun (1619-1690)
L’Apothéose de Romulus
Craie blanche, mine de plomb, pierre noire, - 47,3 x 66,9 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/C. Chavan

L’œuvre était présentée comme « attribuée à Charles Le Brun ». Les précautions sont en effet de mises pour l’identification de son auteur. Incontestablement, le style est proche de celui du premier peintre du roi et le sujet fut représenté par lui au plafond du Grand Salon de l’hôtel d’Aumont, rue de Jouy, aujourd’hui détruit (seules restent les voussures). La notice du catalogue Christie’s signale la description qu’en fait Nivelon dans sa Vie de Charles Le Brun et la présence déjà au Louvre d’un dessin très esquissé sur ce sujet (ill. 2). Cependant, la comparaison des trois (la description et les deux dessins désormais au Louvre) semble montrer que cette acquisition est peut-être préparatoire pour un autre plafond. En effet le premier dessin (ill. 2) - actuellement exposé dans « Peindre les Cieux » - est beaucoup moins fini que celui qui vient d’être acquis, mais il correspond à la description de Nivelon (quatre chevaux, Romulus présente un objet (« petit simulacre d’or ») à Jupiter, les deux figures sont devancées d’une Renommée, au-dessus paraît une Victoire volante, etc.). Certes « Ganymède tenant la coupe d’or pour présenter au nouveau déifié le nectar des dieux » n’apparaît pas encore clairement dans cette étude, mais il n’est pas davantage présent dans celle, beaucoup plus aboutie, qu’a préemptée le Louvre.

Il semble donc probable que les deux feuilles préparent des plafonds différents car on ne comprendrait pas comment ce qui ressemble à une première pensée serait très proche de la composition définitive alors que le dessin plus fini s’en éloignerait fortement. On attendra donc la publication de ce dessin par le Louvre pour, on l’espère, en savoir davantage et, pourquoi pas, le nom de son auteur.

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Didier Rykner, vendredi 28 mars 2014





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