Un dessin de Massimiliano Soldani Benzi offert au Musée des Arts décoratifs


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Massimiliano Soldani-Benzi (1656-1740)
Éléments décoratifs
Crayon graphite - 27,3 x 38,6 cm
Paris, Musée des Arts décoratifs
Photo : OMD Sarl
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22/12/17 - Acquisition - Paris, Musée des Arts décoratifs - Le fonds de dessin de Massimiliano Soldani Benzi découvert par Nicolas Schwed et auquel celui-ci a consacré une exposition et un catalogue va repartir intégralement hors de France, tous les acheteurs étant étrangers, qu’il s’agisse d’un musée qui en a acquis un nombre conséquent (nous en dirons le nom dès que l’opération sera terminée) ou de collectionneurs privés. Il y a pourtant une exception : le Musée des Arts décoratifs à Paris s’est en effet vu offrir une feuille de ce lot, grâce à une souscription lancée sur Facebook par quelques amis historiens et amateurs d’art. Ce dessin au crayon graphite, que nous avions reproduit dans notre brève du 10 novembre dernier, représente des éléments décoratifs (urnes et balustres) qui ont peut-être été réalisés mais n’ont pu encore être identifiés.

Cette feuille a été achetée et offerte en l’honneur de Bénédicte Gady qui, récemment nommée conservateur du patrimoine, va désormais rester comme responsable du cabinet des dessins dans ce musée où elle effectuait son stage. Elle était auparavant collaboratrice scientifique au département des Arts Graphiques du Louvre et a notamment travaillé (outre Le Brun dont elle est la spécialiste avec Nicolas Milovanovic) sur Ciro Ferri, le maître de Soldani Benzi.
Tout le monde se réjouit de cette nomination décidée par le directeur du musée, Olivier Gabet, qui veut donner enfin à cette collection extraordinaire d’art graphique le rayonnement qu’elle mérite. Le fonds des dessins est en effet d’une richesse inouïe (il se compte en centaine de milliers de feuilles) mais n’a jamais été réellement mis en valeur. On y trouve bien sûr des fonds entiers de dessins décoratifs, de design et de mode, mais aussi un très grand nombre de feuilles anciennes et du XIXe siècle de toute nature. Nous avions été frappé il y a plusieurs années par les dessins de Parmesan, Annibal Carracci, Domenico Guidi et l’atelier de Polidoro da Caravaggio qu’y avait identifié en une journée Timothy Clifford (voir la brève du 12/1/04). Bénédicte Gady elle même y avait trouvé un très important dessin de plafond par Jean Nocret pour son exposition « Peupler les cieux » organisée au Louvre en 2014 (voir l’article). En vérité, tout reste à faire et le défi est passionnant.

Espérons que cette initiative qui fait entrer dans ce musée, pour la première fois depuis bien longtemps, un dessin ancien, permettra de renouer avec une politique d’acquisition active. Celle-ci devra en grande partie se baser sur le mécénat car le musée ne bénéficie d’aucun budget pour cela. Rappelons en effet qu’il dépend d’une association privée, qui comprend à la fois le Musée des Arts décoratifs, la bibliothèque, le Musée Nissim de Camondo, les Ateliers du Carrousel et l’école Camondo. Naguère connue sous le nom d’Union Centrale des Arts décoratifs, devenue depuis « Les Arts décoratifs », elle prend désormais le nom de « MAD ». Si notre premier réflexe a été de nous interroger sur ce curieux acronyme, il s’avère que celui-ci n’est pas bien gênant. Signifiant à la fois « Mode Art Design » et « Musée des Arts décoratifs », il consacre finalement le poids prédominant du musée, celui-ci ne changeant pas de nom et pouvant continuer à être appelé « Musée des Arts décoratifs ».


Didier Rykner, vendredi 22 décembre 2017





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