Un dessin de Lafitte donné à Fontainebleau


18/3/17 - Acquisitions - Fontainebleau, Château - Après s’être lui-même couronné Empereur en France, Napoléon se proclama roi d’Italie en 1805, ayant transformé la République italienne en royaume.
Louis Lafitte a traduit l’événement par une allégorie, dans un dessin inédit que le galeriste lyonnais Michel Descours a donné au cabinet napoléonien des arts graphiques du Château de Fontainebleau1.


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Louis Lafitte (1770-1828)
Allégorie de la création du royaume d’Italie, vers 1805
Graphite, plume et encre brune - 42,2 x 57,6 cm
Fontainebleau, Musée national du château
Photo : Château de Fontainebleau
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Napoléon trône, il a le front ceint de lauriers et il est couronné par les figures de Minerve et de la Renommée. À ses pieds, un lion est étendu, la patte posée sur une balance, tandis qu’un putto est assis sur le dos de l’animal, une branche de chêne et un mors dans les mains : le groupe mêle ainsi les symboles de Force, de Justice et de Tempérance .
Les génies de la France et de l’Italie sont debout, dominés par l’aigle impérial ; ils présentent chacun une maquette, l’un de Notre-Dame de Paris, l’autre du Duomo de Milan, au-dessus d’un autel. À terre, une panoplie démembrée – un heaume, une cuirasse, un fusil… - évoque la Paix assurée par Napoléon. Au second plan, les allégories de la Seine et du Pô sont enlacées. Ainsi regroupées deux à deux, les différentes figures ne font que mieux souligner l’alliance franco-italienne. À l’arrière-plan enfin, se déploient un décor antiquisant, un portique et un arc de triomphe, séparés des figures par une frise. Cette partie est à peine esquissée. La composition a d’ailleurs été tracée au graphite, puis l’artiste a repassé certains traits à la plume.

Élève du graveur Gilles Demarteau, Lafitte se forma ensuite dans l’atelier du peintre Jean-Baptiste Regnault, avant d’obtenir le Prix de Rome en 1791. À son retour en France, il délaissa la peinture d’histoire au profit du dessin, fournissant des modèles pour les arts décoratifs, la gravure et les décors éphémères. Il traversa les différents régimes sans heurts et fut finalement nommé dessinateur du Cabinet du Roi en 1815.
Cette feuille rejoint dans les collections une autre allégorie de l’artiste, celle de la naissance du roi de Rome. Le Musée de la Révolution française de Vizille avait quand à lui acheté un autre dessin de Lafitte au même Michel Descours en 2008, Allégorie de la Commission de l’Instruction Publique (voir la brève du 4/11/10), tandis que le musée d’Amiens avait préempté en 2014 une Allégorie du rétablissement du commerce avec l’Angleterre (voir la brève du 22/3/14).


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, samedi 18 mars 2017


Notes

1Nous remercions Christophe Beyeler et Mehdi Korchane pour leurs informations





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