
- Jan Brueghel de Velours (1568-1625)
Paysage rocheux avec Saint Jérôme dans sa grotte
vers 1795
Plume et encre brune, lavis brun
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Lille, Palais des Beaux-Arts
24/1/13 - Acquisition - Lille, Musée des Beaux-Arts - Si le Palais des Beaux-Arts de Lille exposait encore récemment dans ses Fables du paysage flamand plusieurs Brueghel de Velours prêtés par différentes institutions européennes1, il a aussi acquis, en avril dernier, un dessin de l’artiste représentant un Paysage rocheux avec Saint Jérôme dans sa grotte. Provenant de la collection Mariette, dont il porte le cachet en bas à droite, avant de passer aux mains de différentes collections privées, il a été acheté par l’intermédiaire des commissaires-priseurs Mercier&Cie, avec l’aide de l’État et de la Région – via le Fonds du Patrimoine et le FRAM (Fonds Régional d’Acquisition des Musées) – pour 140 000 euros.
Daté des alentours de 1595, ce dessin a vraisemblablement été exécuté lors du voyage en Italie de l’artiste alors au service du cardinal Federico Borromeo, entre 1590 et 1597. On y voit la pénitence de Saint Jérôme retiré dans le désert de Chalcis en Syrie, situé à quelques kilomètres d’Antioche que l’on aperçoit perchée sur un mont au fond à gauche. Le saint dévoué à l’exégèse biblique, à l’ombre d’une cavité, est aussi dénudé que le paysage aride qui l’entoure. Tout, des motifs et de la technique - les traits à la plume et à l’encre brune sont secs et denses – insiste sur le caractère ascétique de la scène. Ce thème est aussi développé dans une petite huile sur cuivre, Paysage avec Saint Jérôme de l’Alte Pinakothek de Munich2 tandis qu’une peinture de même sujet est conservée dans une collection particulière et qu’une gravure d’Aegidius Sadeler (vers 1570-1629) reproduisant en contresens le dessin de Lille appartient au musée des Beaux-Arts de Budapest3.
Aux œuvres de son frère aîné Pieter Brueghel le Jeune (1564-1637/38) déjà conservées à Lille, s’ajoute donc désormais ce premier dessin de Jan Brueghel de Velours. C’est d’ailleurs la dynastie toute entière qui sera mise à l’honneur lors de sa présentation prochaine au public du 13 février au 20 mai 2013. Il y côtoiera les estampes originales des Sept pêchés capitaux de son père, Pieter Brueghel l’Ancien (1528-1569), ainsi que Le Dénombrement de Bethléem de son frère dont une version tactile sera proposée aux visiteurs mal voyants. Les œuvres de deux plasticiens contemporains directement inspirés par cette lignée flamande complèteront l’accrochage temporaire.
