Un collier d’orfèvrerie offert au Rijksmuseum


18/8/15 - Acquisition - Amsterdam, Rijksmuseum - On plaçait un oiseau en bois en haut d’un mât, qu’il fallait viser avec des flèches tirées par un arc, plus tard une arbalète, ensuite arquebuse. C’était le jeu du papegai. Le gagnant devenait le « roi du papegai » pour l’année, il pouvait porter le collier de la guilde des archers, arbalétriers ou arquebusiers à l’occasion des fêtes et des cérémonies, sur lequel il ajoutait ses armoiries. Le collier, au fil des années, recevait ainsi une multitude de blasons accrochés au bout de chaînes.


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Collier
Guilde des arbalétriers
Breda, vers 1546
Argent, vermeil, émail - 35 x 38,5 cm
Amsterdam, Rijksmuseum
Photo : Rijksmuseum
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Collier
Guilde des arbalétriers (détails)
Photo : Rijksmuseum

Le Rijksmuseum s’est vu offrir par un particulier l’un de ces colliers, rare chef-d’œuvre d’orfèvrerie, réalisé en argent, vermeil et émail dans la ville de Breda ou celle de Bergen op Zoom, au XVIe siècle. Détenu par les Rothschild, présenté dans une exposition sur l’orfèvrerie de Breda en 2000, il a été mis en vente1 le 6 novembre 2014 à Paris et adjugé 313 500 euros (frais inclus).
Il est orné de la figure de saint Georges terrassant le dragon, patron de la guilde des arbalétriers. Parmi la multitude de motifs qui l’ornent, on distingue des feuilles de chênes, symboles de la fermeté dans la foi, des phœnix nourrissant leur petit, ainsi que sept petits monts rocailleux, animés de lapins, qui évoquent la ville de Zevenbergen (dont le nom signifie sept collines).
Comme l’indique une inscription, ce collier a été offert par Corneille de Berghes à la guilde des arbalétriers de cette cité où il fut couronné « roi du papegai » en 1546. Ses armoiries ont d’ailleurs été ajoutées, elles figurent sur l’écusson aujourd’hui séparé du reste. Ce prévôt de Saint-Pierre de Lille séjourna à la cour de Marguerite d’Autriche avant d’être nommé évêque de Liège en 1538 ; fortement critiqu, il renonça à son épiscopat en 1544 et se retira à Zevenbergen.
Si l’on ne connaît pas l’auteur de ce collier, on sait qu’il fut restauré et modifié en 1619, par Joost Moermans, orfèvre à Bréda, et nettoyé de nouveau en 1822 par un certain Dykens. En 1874 il fut vendu et la somme fut partagée entre les membres de la guilde, après une violente dispute. Son écrin en cuir se trouve aujourd’hui au musée communal de Markiezenhof Bergen-op-Zoom.
On conserve quelques autres colliers de ce type, celui des arbalétriers de Nivelles ou encore celui de la guilde de Malines, qui date du XVIIe siècle.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 18 août 2015


Notes

1Chez Christie’s.





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