19/12/11 - Acquisition - Châlons-en-Champagne, Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie - Le musée de Châlons-en-Champagne a préempté un chapiteau en pierre calcaire du XIIe siècle lors de la vente du 2 décembre organisée par Piasa (ill. 1). Estimé entre 8 000 et 12 000 euros, il avait été adjugé 20 365 euros.
Les feuilles d’acanthes sculptées qui décorent toutes ses faces sur deux registres montrent une interprétation du thème corinthien comparable à celle d’un chapiteau justement conservé au musée de Châlons (ill. 2). Les motifs de cet autre élément d’architecture varient quelque peu : le premier registre est moins riche en feuilles d’acanthe et les feuilles d’angle du niveau supérieur ne se déploient pas tout à fait en éventail, mais s’allongent pour aller toucher la feuille opposée. Dans les deux cas, la stylisation des formes, la symétrie et le traitement très graphiques trahissent malgré tout une recherche plus naturaliste

1. Chapiteau corinthien,
2e tiers du XIIe siècle
Calcaire, 34,5 x 35,8 x 35 cm
Châlons-en Champagne,
Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie
Photo : Piasa

2. Chapiteau,
1ère moitié du XIIe siècle
Calcaire, 35 x 34 x 34 cm
Châlons-en Champagne,
Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie
Photo : Musée de Châlons-en Champagne
Ces deux chapiteaux qui présentent par ailleurs des proportions et des dimensions comparables pourraient provenir du cloître de Notre-Dame-en-Vaux construit dans le deuxième tiers du XIIe siècle et détruit en 1759. Une campagne de fouilles fut entreprise entre 1963 à 1976 et les fragments retrouvés furent réunis dans le musée, créé pour l’occasion et devenu célèbre pour ses fameuses statues colonnes et autres chapiteaux historiés.
Outre le fait que le décor corinthien se retrouve dans la collégiale et le cloître de Notre-Dame-en-Vaux (le portail, la nef, les collatéraux et le triforium), deux arguments viennent appuyer cette hypothèse : le calcaire du chapiteau mis en vente a été analysé et n’est pas incompatible avec celui des environs d’Epernay dans lequel ont été réalisées les sculptures du cloître de Notre-Dame-en-Vaux. Enfin, des marques de peinture grise sont encore visibles sur les deux chapiteaux ; or on retrouve des traces similaires sur d’autres éléments remontés du cloître.
Quoi qu’il en soit, ce chapiteau témoigne d’une grande finesse d’exécution que l’on trouve déjà, comme le rappelle le catalogue de vente, dans certains chapiteaux du cloître de Saint-Denis.
