Trois tableaux acquis par la Fondation Roi Baudouin pour Anvers


24/11/17 - Acquisitions - Anvers, Rubenshuis et Koninklijk Museum voor Schone Kunsten - La Fondation Roi Baudouin a parmi ses objectifs de « sauvegarder des éléments significatifs d[u] patrimoine [belge] afin d’éviter leur dispersion, leur départ à l’étranger ou dans le but de les ramener dans [les] collections publiques [belges] » (voir la brève du 19/11/10). Elle s’est récemment enrichie de trois tableaux qui seront déposés à Anvers, à la Maison de Rubens et au Musée des Beaux-Arts dont la réouverture tant attendue est prévue en 2019, après des travaux qui auront duré huit ans...


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1. Anton van Dyck (1599-1641)
Saint Matthieu, 1618-1620
Huile sur panneau - 83,5 x 72,5 cm
Anvers, Rubenshuis
Photo : Fondation Roi Baudouin
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2. Jacob Jordaens (1593-1678)
Autoportrait, vers 1648-1650
Huile sur toile - 101 x 84 cm
Anvers, Rubenshuis
Photo : Fondation Roi Baudouin
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Deux de ces peintures (celles destinées à la Maison de Rubens) sont dues aux deux meilleurs élèves de Rubens, Anton van Dyck et Jacob Jordaens. Elles ont été léguées par Mme Generet qui a également laissé à la Fondation des biens immobiliers. Elles ont été présentées au public à la dernière BRAFA.
Le Saint Matthieu de van Dyck est une œuvre de jeunesse datant des années 1618-1620 faisant partie d’une série d’apôtres ou Apostolado. Celui-ci, également connu sous le nom de « série Böhler » du nom du marchand allemand Julius Böhler qui l’avait acquis en Italie vers 1914 est aujourd’hui dispersé. On retrouve d’autres apôtres dans muséess (Vienne, Budapest, New Haven...) tandis que le Christ se trouve au Palazzo Rosso de Gênes.
L’Autoportrait de Jordaens est beaucoup plus tardif puisqu’il date de la fin de la décennie 1640 alors que le peintre est âgé d’environ quarante-cinq ans. Tenant une feuille de papier, il regarde le spectateur avec assurance comme s’il le prenait à témoin de sa réussite. On connaît plusieurs Autoportraits de l’artiste réalisés à peu près à la même époque, dont un est conservé au Musée des Beaux-Arts d’Angers et l’autre, très proche de celui acquis par la Fondation Roi Baudouin, se trouve à la Staatsgalerie du château de Neubourg-sur-le-Danube.


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3. Philippe-Jacques Van Brée (1786-1871)
La visite à la tombe de Rubens dans
l’église Saint-Jacques à Anvers

Huile sur panneau - 114 x 85 cm
Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten
Photo : Galerie Coatalem
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Le tableau attribué au Musée Royal des Beaux-Arts a été acheté chez Éric Coatalem à Paris. Il s’agit d’un panneau de Philippe-Jacques Van Brée (ill. 3) représentant La visite à la tombe de Rubens dans l’église Saint-Jacques à Anvers que le marchand avait présenté à la Biennale des Antiquaires où nous l’avions d’ailleurs remarqué et reproduit. La tombe de Rubens est aujourd’hui toujours en place dans la chapelle funéraire élevée par son épouse (ill. 4), et l’on compte peu de différences avec la peinture (d’autant que l’artiste a sans doute pris quelques libertés, certains détails étant légèrement modifiés, notamment les sculptures qui ornent l’autel). La femme de gauche semble lire un guide tandis que celle agenouillée prend des notes dans un carnet. Le peintre qui fut l’élève de Girodet demeura plusieurs années à Paris où il put être marqué par le style troubadour dont ce tableau présente plusieurs caractéristiques, malgré sa relativement grande taille.

info portfolio


Didier Rykner, vendredi 24 novembre 2017





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