Trois peintres de Haute-Auvergne du XVIIe siècle à découvrir


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1. Jean Blanchy (vers 1610-après 1662)
Présentation de saint Augustin à la Vierge
Huile sur toile - dimensions non précisées
Saint-Geniez-d’Olt, Chapelle des Pénitents
Photo : Pierre Moulier

1/12/16 - Publication - Cantal, peinture du XVIIe siècle - Connaissez-vous François Lombard, Laurent Bassot et Jean Blanchy ? Peu probable car ces peintres actifs dans le Cantal sont sans doute ignorés même des spécialistes de la peinture française du XVIIe siècle. Cet oubli est désormais réparé grâce à l’excellent ouvrage de Pascale Moulinier, qui constitue le n° 33 de la revue Patrimoine en Haute-Auvergne et qui s’attache à répertorier les peintres de cette région aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Il s’agit de découvrir des artistes ayant un vrai mérite, et ayant laissé dans les églises ou dans certains bâtiments civils des œuvres dignes de certains peintres mieux connus. Avant de revenir sur eux, signalons que le livre s’intéresse également à cinq autres noms. Le premier n’est autre que Guy François, auteur de trois toiles conservées dans le département. Mais Guy François n’est pas un inconnu, et le sera certainement encore moins lorsque paraîtra la monographie que prépare Bruno Saunier pour les éditions Arthena. Le deuxième, Joseph Pougeol (vers 1650-1717), a peint des tableaux religieux intéressants, et les plafonds de l’évêché de Rodez. Les trois autres - Nicolas Gargan (avant 1600-après 1633), Jean Fabry (vers 1660-1738) et Castel (actif vers 1770-1780), sont franchement médiocres.

Mais les chapitres (et les illustrations) dédiés à ceux cités au début de cet article suffisent à justifier l’acquisition de ce livre par les amateurs de peinture du XVIIe siècle. Jean Blanchy, qui était connu par des archives (inventaire) est révélé ici par son seul tableau récemment retrouvé, dans une église de l’Aveyron. Cette Présentation de saint Augustin à la Vierge (ill. 1) est une composition savamment ordonnée, dont la qualité laisse penser qu’il a bénéficié d’une formation dans un bon atelier. Faut-il envisager un voyage à Paris, ou à Rome ? Il est impossible à ce stade, de le dire, mais il faut espérer que d’autres toiles de lui puissent être retrouvées.

François Lombard, qui fut peut-être élève de Guy François, a laissé une seule œuvre signée dans le Cantal. Deux figures (la Vierge et le Christ) semblent entièrement repeintes, mais les autres sont belles. On peut espérer qu’une restauration prochaine lui rende toutes ses qualités que l’on retrouve dans d’autres tableaux, le décor de l’hôtel Martial de Grandseigne où des natures mortes accompagnent des figures mythologiques et religieuses, un tableau conservé dans l’église Saint-Bonaventure de Lyon ou des toiles qui lui sont attribuées dans le Cantal dont une Adoration des Bergers de la chapelle de la Visitation de Saint-Flour.


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2. Laurent Bassot (avant 1630-après 1683)
Assomption de la Vierge, 1662
Huile sur toile - dimensions non précisées
Rodez, Cathédrale
Photo : Pierre Moulier

Enfin, troisième artiste à découvrir, Laurent Bassot, sans doute le meilleur peintre cantalien du XVIIe siècle comme le souligne l’auteur, quoique inégal (il est l’auteur d’un Baptême du Christ assez laid). Seuls des tableaux religieux de sa main ont été retrouvés dont une Cène dans l’église de Notre-Dame aux Neige d’Aurillac (1654), une Assomption de la Vierge (ill. 2) pour la cathédrale de Rodez ou un Vœu de la ville de Rodez dans la basilique Notre-Dame de Ceignac, qui lui est seulement attribué.

Pascale Moulier, Peintres en Haute-Auvergne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Patrimoine en Haute-Auvergne, n° 33, 2016, 96 p., 17 €.

Pour acheter ce livre, s’adresser à l’association Cantal-Patrimoine, 58 rue de Belloy 15100 Saint-Flour. Site internet


Didier Rykner, jeudi 1er décembre 2016





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