Trois nouveaux tableaux anciens pour le Metropolitan Museum


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1. Giovanni Benedetto Castiglione (1609-1664)
Saint François en extase
adorant la croix
, vers 1650
Huile sur toile - 193 x 129 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : The Metropolitan Museum of Art

7/8/14 - Acquisition - New York, The Metropolitan Museum of Art - Si l’on peut parfois regretter que le Metropolitan Museum vende certains tableaux (mineurs pour leur collection il est vrai), force est de reconnaître qu’il achète beaucoup et remarquablement bien. S’il n’est quasiment pas possible de répertorier de manière exhaustive ses acquisitions de dessins anciens tant elles sont nombreuses, on peut en revanche suivre celles des tableaux, d’une sûreté de goût absolument parfaite.

C’est ainsi que le Met s’est très récemment enrichi d’une toile que nous avions nous même repérée à l’édition 2013 de la TEFAF puisqu’elle constituait la première illustration de notre article. Il s’agit d’un Saint François en extase adorant la croix de Giovanni Battista Castiglione (ill. 1) dont nous écrivions qu’elle était d’une très grande rareté, le peintre n’ayant réalisé que peu de tableaux religieux et aucun de cette taille à l’exception d’une Immaculée Conception avec saint François d’Assise et saint Antoine de Padoue conservée au Minneapolis Institute of Art. Surtout, l’œuvre est d’une beauté à couper le souffle. Vendue par Matthiesen à la collection Piasecka Johnson (dont de nombreuses œuvres sont passées aux enchères à Londres récemment), elle avait été rachetée par cette galerie qui vient de la céder au Met. Celui-ci ne possédait pas, jusqu’à aujourd’hui, de peintures de Castiglione.

Un deuxième tableau italien peint par un gênois (mais actif à Rome) a été acquis en 2014 : un portrait de femme par Giovanni Battista Gaulli, dit il Baciccio (ill. 2), passé en vente chez Sotheby’s New York le 30 janvier dernier où il a été acquis par Álvaro Saieh Bendeck, Jean-Luc Baroni et Fabrizio Moretti qui l’ont offert au Metropolitan Museum en l’honneur de Keith Christiansen, le conservateur en charge des peintures européennes. Curieusement, le musée ne possédait pas non plus de peinture du Baciccio.
Le catalogue de la vente Sotheby’s signale la proximité de l’œuvre avec le Portrait d’Eleonora Boncompagni Borghese du même artiste, aujourd’hui conservé dans une collection particulière. Les deux notamment montrent la même position de la main droite dont Francesco Petrucci, le spécialiste de Gaulli, rappelle qu’elle est similaire à celle de la Bienheureuse Ludovica Albertoni mais aussi de la Vérité du tombeau d’Alexandre VII par le Bernin dont on sait que le peintre était très proche.


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2. Giovanni Battista Gaulli (1639-1709)
Portrait de femme, vers 1670-1680
Huile sur toile - 72,7 x 59 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : The Metropolitan Museum of Art
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3. Pedro Orrente (1580-1645)
La Crucifixion, vers 1625-1630
Huile sur toile - 123,8 x 102,9 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : The Metropolitan Museum of Art

Enfin, un autre tableau du XVIIe siècle, espagnol cette fois, par Pedro Orrente, est entré au Met en 2014 (ill. 3). Représentant une Crucifixion, il a été vendu au musée par le marchand madrilène Christopher González-Aller. Il s’agit semble-t-il de la meilleure version connue d’une composition dont plusieurs autres exemplaires sont connus, notamment au musée de la cathédrale de Badajoz et dans l’église Santa Isabel à Madrid. Ayant séjourné à Venise au tout début du XVIIe siècle, il y fut notamment marqué par le style des Bassano, ce qui se voit encore dans cette peinture, sans doute réalisée dans les années 1620, notamment dans les soldats jouant aux dés la tunique du Christ. L’œuvre, d’une très grande qualité, montre également une influence de Tintoretto.

Si l’on rappelle que depuis le début de l’année le musée new-yorkais s’était déjà enrichi d’un chef-d’œuvre de Le Brun (voir la brève du 16/5/14) et d’une Tête de Christ par Fernando Yáñez de la Almedina (voir la brève du 23/4/14), on comprendra que 2014 est d’ores et déjà un excellent cru pour ses acquisitions de peinture ancienne.


Didier Rykner, jeudi 7 août 2014





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