Trois mesures faciles pour le patrimoine (à l’attention du président Emmanuel Macron)


Si La Tribune de l’Art parle politique, il s’agit uniquement de politique patrimoniale. Nous ne commenterons donc la victoire d’Emmanuel Macron que sur ce plan là.

Un constat d’abord : les deux derniers Présidents de la République ont été catastrophiques pour le patrimoine et les musées, avec une mention spéciale pour François Hollande qui a été encore beaucoup plus loin que son prédécesseur dans l’indifférence pour la culture. Il est réjouissant ce soir, de savoir que la dernière ministre, ni pire ni meilleure que les deux qui l’ont précédée, va partir vers d’autres cieux, loin du patrimoine et des musées (au moins l’espère-t-on).

Le mandat d’Emmanuel Macron va-t-il être celui du renouveau dans ce domaine ? Nous ne sommes pas suffisamment naïf pour le penser. Le patrimoine et les musées sont vraiment restés dans cette campagne les dernière roues d’un carrosse déjà bien brinquebalant. Mais comme nous l’avons fait à chaque fois, pour chaque nouveau président et même pour chaque nouveau ministre, nous lui accorderons le bénéfice du doute. D’autant qu’il reste encore les législatives qui peuvent préciser la donne.

En attendant, voici trois mesures faciles à prendre qui pourraient être demandées à son prochain ministre de la Culture

- sauver le Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon,
- imposer au Louvre de renoncer à son projet d’installation des réserves à Liévin,
- faire immédiatement retirer la grande roue qui, depuis le 1er mai, est à nouveau prolongée sur la place de la Concorde. Contrairement à ce que nous avions écrit, cette prolongation n’est pas illégale : c’est encore pire, puisque le préfet et le ministère de la Culture ont donné, une nouvelle fois, leur autorisation (précision ajoutée le 9 mai 2017).

Ces trois mesures sont simples, peuvent être mises en place rapidement sans aucun vote, et constitueraient un signe de bonne volonté. À moyen terme, il serait également pertinent que le nouveau Président s’inspire des douze propositions de l’association Sites et Monuments.
Il est parfois permis de rêver. Cette soirée du 7 mai, c’est le jour où jamais.


Didier Rykner, dimanche 7 mai 2017





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