Trois Bouguereau pour Tokyo


1/7/16 - Acquisitions - Tokyo, Musée National d’Art Occidental - Il y a, aussi, des musées d’art occidental au Japon, et ceux-ci acquièrent des œuvres. C’est ainsi que le Musée National d’Art Occidental de Tokyo a récemment acquis, auprès de la galerie Aaron à Paris, trois peintures décoratives peintes par William Bouguereau pour le décor de l’hôtel Custine, rue de la Rochefoucauld à Paris, commandé par le banquier Jean-François Bartholoni à François-Édouard Picot qui transmit la commande à son élève comme il devait le faire quelques années plus tard pour une chapelle de l’église Sainte-Clotilde. Nous en avions parlé dans la recension de la TEFAF 2014 où elles avaient été exposées (voir notre article).


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1. William Bouguereau (1825-1905)
L’Amour redemandant ses armes, 1855
Cire sur panneau - 118 x 72 cm
Tokyo, Musée national d’art occidental
Photo : Galerie Aaron
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2. William Bouguereau (1825-1905)
L’Amour châtié, 1855
Cire sur panneau - 111 x 74,5 cm
Tokyo, Musée national d’art occidental
Photo : Galerie Aaron

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3. William Bouguereau (1825-1905)
La Musique, 1855
Cire sur panneau - 116 x 172 cm
Tokyo, Musée national d’art occidental
Photo : Galerie Aaron

Deux de ces tableaux, L’Amour redemandant ses armes (ill. 1) et L’Amour châtié (ill. 2) sont peints à la cire sur panneau, selon une technique souvent utilisée pour les peintures murales. Le troisième, La Musique (ill. 3), est plus classiquement une huile sur toile. On admirera la pureté des coloris de ces œuvres, fortement inspirées de l’Antique, qui se détachent sur fond blanc immaculé pour les deux premiers, et sur un fond bleu azur pour le troisième. Ces œuvres datent de 1855, pendant la courte période où de nombreux artistes cédèrent à la mode grecque (voir notre article sur l’exposition de Nantes) : Bouguereau se montre ici proche de Gérôme ou de Picou.
Un an plus tard, Anatole, le fils de Jean-François Bartholoni, commanda à son tour à l’artiste des peintures décoratives pour son hôtel de la rue de Verneuil, dont une est conservée à Orsay (La Danse), deux autres au Cleveland Museum of Art (Arion sur un monstre marin et Bacchante sur une panthère) et trois autres à l’Ambassade des États-Unis à Paris.

Cette brève est l’occasion pour nous de revenir sur l’évincement de la galerie Aaron de la Biennale des Antiquaires 2016, à la suite de la mise en examen et de la détention préventive de Bill Pallot dans l’affaire des faux meubles.
Cette décision regrettable nous semble injuste car la galerie se proposait de n’exposer que des dessins et des peintures. Si Pallot y travaillait effectivement depuis longtemps, chacun sait, comme vient de l’expliquer Hervé Aaron dans un communiqué, que les tableaux et dessins constituent depuis une dizaine d’années l’essentiel de son activité. Celui-ci précise aussi - nous n’avons pu vérifier ce point - que les meubles mis en cause n’ont pas été vendus par la galerie Aaron mais directement par Bill Pallot dont on sait par ailleurs que son activité était largement indépendante.
Tous les collectionneurs et conservateurs savent que la galerie Aaron est l’une des meilleures au monde dans le domaine des tableaux et des dessins auquel est totalement étranger Bill Pallot. Elle participe depuis l’origine au Salon des dessins et à Paris-Tableau qui sera d’ailleurs inclus cette année dans la Biennale. Il faut vraiment espérer pour le marché parisien que le Syndicat national des antiquaires puisse revenir sur sa décision et que l’amalgame ne soit pas fait entre les meubles d’un côté, les tableaux et dessins de l’autre.


Didier Rykner, vendredi 1er juillet 2016





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