Trois bases de données récemment mises en ligne


17/1/11 - Internet - Bases de données - Ces trois bases de données, créées respectivement par le Thorvaldsen Museum, le Courtauld Institute et la Ville de Paris, ont toutes été mises en ligne ces derniers mois, la dernière depuis seulement quelques jours.

The Thorvaldsen Letter Archives : cet ambitieux projet a pour objectif de mettre à la disposition des chercheurs l’intégralité des archives conservées au Thorvaldsen Museum, c’est-à-dire essentiellement des lettres écrites ou reçues par le sculpteur.
La recherche sur le site est particulièrement performante. Plusieurs critères d’entrée sont possibles (nom ou nationalité de l’émetteur ou du destinataire de la lettre, langue ou type du document...). On y trouve aussi une chronologie très complète, une recherche par sujet (hélas uniquement disponible en danois) et un index des noms de personnes enrichi d’une notice décrivant les relations de chaque personnalité citée avec Thorvaldsen. Ces textes sont également seulement en danois, mais il reste possible d’en obtenir une traduction correcte grâce à l’outil de traduction Google.

Cette base, ouverte en 2010, est d’une très grande richesse et devrait être complète en 2011. [Mise à jour 24/10/11] : Lors de la publication de cette brève, nous écrivions : « Si la plupart des transcriptions semblent bien faites, quelques-unes sont cependant étrangement bourrées d’erreurs (voir notamment celles des lettres de Georges-Philippe Clésinger : on a peine à croire que le père du sculpteur écrivait ainsi). Ce type de site gagnerait à afficher parallèlement à la transcription la reproduction photographique du document ». Depuis, les reproductions des originaux ont été mis en ligne, ce qui permet de vérifier que, comme vient de nous l’écrire Ernst Jonas Bernard, Editor & Senior Research Fellow du projet The Berthel Thorvaldsen Letter Archives, les erreurs étaient bien dues au père de Clésinger et que ce que nous signalions comme une transcription fautive était en réalité une « reconnaissance de [leur] principal principe de transcription, c’est-à-dire qu’[ils] n’ont corrigé aucune faute mais retranscrit le verbatim tel que l’auteur l’a écrit ».]

Gothic Ivories : créée par le Courtauld Institute, ce catalogue veut répertorier de manière exhaustive, avec toutes les informations nécessaires pour chaque objet, les ivoires gothiques actuellement conservés, qu’ils le soient dans une collection publique ou privée. Alors que l’ouvrage de Raymond Koechlin paru en 1924, Les ivoires gothiques français, comptait 1300 œuvres, ce projet, qui se place délibérément dans sa continuité avec un champ géographique encore plus vaste, ambitionne de montrer à terme environ 4000 fiches portant sur les ivoires exécutés en Europe entre les années 1200 et 1530 ainsi que les imitations modernes.

Les recherches peuvent se faire classiquement grâce à une multitude de critères, mais il est dommage qu’aucun index ne soit disponible, qui permettrait de trouver des œuvres que l’on n’aurait pas forcément pensé à chercher. Une recherche sans renseigner aucun critère donne un total de 2043 images correspondant à 749 objets, ce qui semble donc donner l’état actuel d’avancement de la base (qu’on ne semble pas trouver ailleurs).

Collections de la ville de Paris : cette base a pour objectif, à terme, de donner accès à l’ensemble du patrimoine mobilier de la ville, qu’il s’agisse des musées, des églises, des bâtiments civils ou des œuvres situées sur la voie publique. Qui connaît, par exemple, la richesse de la documentation de la Conservation des objets d’art religieux et civiles (COARC) ne pouvait qu’attendre avec impatience la mise en ligne d’un tel outil.
La déception est cependant réelle. D’abord parce que le nombre d’œuvres est encore fort réduit (à peine plus de 10 000 entrées alors que le total dépasse allègrement le million, soit moins d’1% des collections disponibles). Sans le Musée Carnavalet, qui à lui seul propose 8 792 notices, la base serait bien vide. Le Petit Palais ne compte que 57 œuvres, les églises de Paris, seulement 130, dont vingt-cinq peintures (vingt-deux sont illustrées), ce qui est plus frustrant qu’autre chose1. Cela peut décourager l’utilisateur qui chercherait une œuvre d’art précise2 car il a toutes les chances d’obtenir le message : « Recherche infructueuse ! » Les temps de réponse sont par ailleurs parfois étonnamment longs, ce qui traduit sans doute une sous-capacité du serveur, ce à quoi il devrait être possible également de remédier.

En revanche, la faible ergonomie de cette base de données sera plus compliquée à améliorer. La patience des utilisateurs est mise à rude épreuve avant même d’arriver à la page d’accueil. Il faut en effet la trouver et si l’on ne dispose pas du lien direct, il est difficile de mémoriser aisément son adresse URL (a80-musees.apps.paris.fr) ou d’y parvenir simplement à partir de la page des musées de la Ville de Paris (il faut cliquer en haut de page sur l’icône « Expos Musées » puis sur le lien « Consulter le portail » dans le titre « Les collections des musées de la ville se dévoilent en ligne »).
Dans les recherches avancées et expertes, l’utilisation des index est à peu près impossible car ceux-ci se présentent par ordre alphabétique sous la forme de listes ne comportant que dix termes. Avant d’arriver à la fin de l’alphabet, on peut avoir ainsi à passer successivement des dizaines de pages (lentes à ouvrir). Il faut également éviter de confondre institutions et lieu de conservation : si l’on cherche une œuvre du Musée Carnavalet et que l’on saisit Carnavalet dans le champ Lieu de conservation, on n’obtient aucun résultat car il fallait le faire dans le champ "Institutions"... Lieu de conservation (l’index nous le confirme) ne concerne que les églises où les œuvres sont considérées comme en dépôt de l’institution dont elles dépendent (à savoir la COARC, conservation des objets d’art religieux et civiles).
« Envoyer cette page » ne fonctionne pas, pas davantage que la fonction « panier » qui devrait permettre de mettre de côté des recherches effectuées, et il semble par ailleurs impossible de copier un lien menant vers une fiche précise. Manifestement, cette base a été mise en ligne trop rapidement. On ne peut qu’espérer qu’elle s’améliorera rapidement si on lui en donne les moyens.

English version


Didier Rykner, lundi 17 janvier 2011


Notes

1D’autant qu’en réalité pratiquement l’intégralité de la documentation de la COARC est numérisée.

2Notons par exemple qu’un seul des quatre écoinçons peints par Philippe de Champaigne dans la chapelle de la Sorbonne est présent dans la base (Saint Augustin).





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