Trésors des églises parisiennes


Auteur : Bertrand Dumas

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Se présentant comme un petit guide, d’un format pratique et agréable, bien illustré1, cet ouvrage doit être pris pour ce qu’il est, un livre de vulgarisation dans le meilleur sens du terme, c’est à dire celui qui s’adresse au grand public, mais qui sera utile même pour les historiens de l’art.
Il s’agit d’une sélection d’œuvres, choisies parmi les milliers que contiennent les églises parisiennes. Tout choix est discutable, et on pourra regretter ici ou là l’absence de quelques-unes. Mais il faut avouer que si nous avions eu à faire l’exercice, notre liste ne différerait pas beaucoup de celle de Bertrand Dumas. Parmi les très nombreux tableaux religieux du XIXe siècle, il a ainsi choisi la belle et émouvante Vierge au bas de la Croix d’Henri Lehmann. Surtout, à côté de l’évident Christ en Croix d’Auguste Préault, il a su discerner le chef-d’oeuvre plus confidentiel de Carlo Marochetti, l’Assomption de la Vierge de l’église de la Madeleine. S’il n’a pas retenu, du même édifice, les portes de bronze d’Henri de Triqueti, c’est pour inclure le Gisant du duc d’Orléans de la chapelle de Neuilly.
Pour les siècles précédents, le choix n’est pas moins pertinent : entre les quatre Lubin Baugin conservés dans les églises parisiennes (deux restant à Notre-Dame, un autre dans la sacristie de Saint-François-Xavier), il a choisi le plus admirable et le moins accessible, donc sans doute le moins connu, la Crucifixion de l’église réformée des Billettes. Entre le Le Nain de Saint-Jacques-du-Haut-Pas (une Annonciation) et celui de Notre-Dame (La Nativité de la Vierge), il a encore fait mouche en sélectionnant le dernier, un des sommets de la peinture française de l’époque. Certaines toiles ont été peu publiées, comme le très beau Pacceco de Rosa de l’église Sainte-Marguerite ou le Jean-Baptiste-Marie Pierre de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.
Une large place est donnée à la sculpture, et il n’a oublié ni la Vierge à l’Enfant d’Antonio Raggi (Saint-Joseph-des-Carmes), rare exemple parisien de baroque romain, puisque cette sculpture a été réalisée par un élève du Bernin d’après ses dessins, ni le tombeau de Languet de Gergy de Michel-Ange Slodtz (Saint-Sulpice), non moins baroque et pourtant français. Le seul jubé existant encore dans la capitale (à Saint-Etienne-du-Mont), comme l’unique retable du XVIIe siècle conservé (à Saint-Nicolas-des-Champs) n’ont pas été omis.
Cessons cette énumération qui pourrait finir par lasser. Ce volume montre assez la richesse d’un patrimoine, ô combien méconnu, pour ne pas dire totalement ignoré de la quasi-totalité de la population. En contribuant à la faire découvrir, il aura toute son utilité. Car le destin de ces œuvres n’est pas forcément un chemin pavé de rose. Si les tableaux anciens les plus précieux ne sont pas en général en trop mauvais état, les décors muraux (un aspect relativement peu abordé par Bertrand Dumas), essentiellement du XIXe siècle mais aussi certains du XVIIe et du XVIIIe siècle sont innombrables, et parfois dans un état désastreux. Nous reviendrons ultérieurement sur ces églises parisiennes qui méritent une attention dont elles ne bénéficient hélas pas toujours.

Bertrand Dumas, Trésors des églises parisiennes. Peintures, sculptures, vitraux, mobilier... Les chefs-d’œuvre de l’art religieux, préface de Marc Fumaroli, photographies de Clément Guillaume, 200 pages, Parigramme, 2005, 22 €. ISBN : 2-84096-359-0.


Didier Rykner, vendredi 14 octobre 2005


Notes

1En dehors, curieusement, de deux photos un peu floues : La Vierge au bas de la Croix de Lehmann, p. 77 et Saint François d’Assise en prière de Pierre, p. 142.





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