Trésor du Saint-Sépulcre. Présents des cours royales européennes à Jérusalem Contenu abonnés


Versailles, Musée national du château et Châtenay-Malabry, Maison de Chateaubriand, du 16 avril au 14 juillet 2013

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1. Nicolas Dolin (actif 1648-1684)
Bâton pastoral, Paris, 1654
Argent fondu, repoussé, ciselé
et doré, cabochons
tables d’améthystes et de verre bleu - 203 cm
Jérusalem, Musées de la Custodie
franciscaine de Terre sainte
Photo : Custodie de Terre sainte
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La piété peut-elle s’exprimer par le luxe ? Les Rois Mages ne diront pas le contraire, ni la pècheresse qui apporta un parfum de valeur aux pieds de Jésus lors du repas chez Simon1. Moins convaincu, saint Bernard s’opposa à l’abbé Suger2, affirmant qu’ « Aux dépens des miséreux, on régale les yeux des riches »3. Le débat est sans fin, quoi qu’il en soit la dévotion inspira les artistes ou leurs commanditaires.

Il est encore temps d’admirer les trésors du Saint-Sépulcre exposés au château de Versailles jusqu’à la fin de la semaine prochaine. Parmi les offrandes et aumônes que firent les fidèles et les pèlerins au fil des siècles, celles des têtes couronnées rivalisèrent de faste. C’est un florilège de présents essentiellement royaux qui se déploie somptueusement au château, d’une grande diversité d’époques, de styles, de matières. Le parcours thématique répartit les œuvres non par styles, matériaux ou typologie, non par écoles artistiques ni régions où elles furent créées, mais par pays qui les ont offertes. Car les donateurs, s’ils firent preuve de piété, n’envisagèrent pas qu’elle restât inaperçue, et tout en cherchant à gagner le ciel, clamèrent leur pouvoir diplomatique et politique sur terre. Ce sont tous ces aspects que développent l’exposition et son catalogue, dont les essais abordent des questions historiques, artistiques et théologiques. Chaque objet est en outre accompagné d’une notice détaillée, grâce aux études menées par des experts en orfèvreries, peintures et ornements religieux. Les sources principales de leurs recherches sont les registres de la Custodie, qui indiquent la provenance géographique des dons, la date de leur arrivée, l’identité des mandataires... C’est l’occasion de faire un point sur des chefs-d’œuvre rarement exposés, dont la présentation dans un contexte muséal n’a d’ailleurs rien d’évident4.
Les Galeries historiques de Louis-Philippe, et plus précisément les Salles des Croisades dans lesquelles se tient l’exposition, offrent un cadre cohérent avec le propos. Aménagées entre 1837 et 1844, elles sont ornées de peintures de Delacroix, Granet ou encore Gustave Wappers et Louis Gallait, qui ont été restaurées entre 2002 et 2012. Il est seulement dommage qu’on ne les voie guère...

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2. Joseph Moser (1715-1801) ?
Lampe de sanctuaire, vers 1758-1759
Or fondu, ciselé et repoussé - 63 x 35 cm
Jerusalem, Musées de la Custodie
franciscaine de Terre sainte
Photo : Musées de la Custodie de Terre sainte
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