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Lille, Palais des Beaux-Arts, du 12 avril au 22 juillet 2013.
Lille, Musée de l’Hospice Comtesse, du 3 avril au 30 juin 2013.

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1. Attribué à Francesco Salviati (1510-1563)
Étude d’un dragon, XVIe siècle
Plume et encre brune, lavis brun, pierre noire,
gouache blanche - 26 x 31 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Palais des Beaux-Arts de Lille
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Entre le courage et l’inconscience, la frontière est parfois ténue. Un artiste contemporain fait preuve en tout cas de témérité lorsqu’il ose se frotter aux maîtres anciens.
Le Palais des Beaux-Arts souhaitait rendre hommage à Jean-Baptiste Wicar, né à Lille il y a 250 ans ; non pas au peintre, au conservateur de musée, ni au directeur d’Académie1 qu’il fut, mais au collectionneur averti qui, après avoir vécu plus de trente ans en Italie, légua quelque 1300 œuvres graphiques à sa ville natale, faisant du musée le détenteur de l’une des plus importantes collections de dessins italiens. Si Wicar avait une prédilection plus particulière pour Raphaël ainsi que pour les Florentins des XVIe et XVIIe siècles (ill. 1), quelques œuvres nordiques et françaises trouvèrent grâce à ses yeux, achetées de façon moins systématique et sans que le collectionneur ne cherche à retracer une histoire de l’art flamand, allemand, hollandais ou français. On pourra ainsi contempler, pêle-mêle, un portrait de Lucas de Leyde par Dürer, Saint Jean dans un paysage par Lucas Cranach, puis une galerie d’autres saints par Holbein, et passer ensuite du Massacre des Innocents de Poussin au Serment des Horaces de David (ill. 2) ; Jacques-Louis David dont Wicar fut l’élève.

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2. Jacques-Louis David (1748-1825)
Le Serment des Horaces, vers 1785
Graphique, plume et encre au carbone, lavis gris,
rehauts de craie blanche - 22 x 33,3 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : Palais des Beaux-Arts de Lille
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L’histoire de cette collection est complexe : un premier groupe d’œuvres fut volé à Jean-Baptiste Wicar en 1799. Il amassa d’autres dessins, qu’il vendit en 1823 au marchand anglais Samuel Woodburn, racheta une partie de sa première collection, la compléta, et c’est finalement ce troisième ensemble qu’il légua2 en 1834 à la Société des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille, qui céda son droit d’usufruit en faveur de la ville en 1865 ; le « musée Wicar » rejoignit alors le musée de peintures à l’Hôtel de Ville, sous la direction de Reynart, avant d’intégrer le Palais des Beaux-Arts lorsque celui-ci ouvrit ses portes en 1892.

Les dessins étaient réunis en sept volumes dont cinq ont été retrouvés. Le premier était consacré aux chefs-d’œuvre de la collection, classés par ordre chronologique et par école. Le deuxième était entièrement dédié à Raphaël, riche de cinquante feuilles environ. « En composant ses albums Wicar se montre donc acquis à un type de collectionnisme en vigueur en France au XVIIIe siècle [...] qui privilégiait le XVIe siècle et le XVIIe siècle classicisant et qui ne craignait pas de rapprocher des écoles différentes dans la section réservée aux chefs-d’œuvre (Titien, Michel Ange,…

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