The Ferens Art Gallery achète un tableau de Valerio Castello


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1. Valerio Castello (1624-1659)
La Guérison de Tobit aveugle, 1650
Huile sur toile - 176 x 218 cm
Kingston upon Hull, The Ferens Art Gallery
Photo : The Ferens Art Gallery
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18/12/16 - Acquisition - Kingston upon Hull, The Ferens Art Gallery - De la fiente d’oiseau tomba sur les yeux de Tobit qui devint aveugle. Au cours d’un périple, son fils Tobie, accompagné de l’archange Raphaël, pêcha un poisson ; il garda la bile, le cœur et le foie pour confectionner plusieurs remèdes, dont l’un lui permit de guérir la cécité de son père. C’est cette guérison racontée dans l’Ancien Testament au chapitre 11 du Livre de Tobit qu’a représentée le Génois Valerio Castello sur une toile détenue jusque là par un collectionneur privé (ill. 1). Elle était déposée depuis 1973 à la Ferens Art Gallery qui l’a finalement achetée. Le musée qui se trouve à Hull, dans le nord-est de l’Angleterre, et qui est actuellement fermé pour rénovation, va faire restaurer la peinture avant de la présenter à nouveau au public à l’occasion de sa réouverture en 2017.

Valerio Castello eut une carrière relativement courte, puisqu’il mourut à l’âge de 35 ans ; il marqua néanmoins la peinture de Gênes et cette œuvre est un bel exemple de sa maturité. Épouse, fils, servante, serviteur, les personnages se pressent autour de Tobit. Assis au centre, il est le seul présenté de face, les yeux fermés, alors que les autres sont de profil. Tobie est sur le point d’appliquer son remède sur le visage de son père, guidé par l’archange Raphaël qui se tient au premier plan à droite. Le contraste d’ombre et de lumière donne un accent dramatique à la scène, et la touche libre confère un aspect vaporeux aux figures. La restauration de la toile devrait rendre leur vivacité aux couleurs, plus particulièrement le bleu, le rouge et l’orangé des tuniques.

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2. Valerio Castello (1624-1659)
Esquisse pour La Guérison de Tobit aveugle
Huile sur toile - 35 x 47 cm
Collection particulière
Photo : DR
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Les figures envahissent la toile et sont vues da sotto in su. La comparaison avec une esquisse préparatoire (ill. 2), conservée en mains privées, est intéressante : on découvre ainsi que l’artiste a voulu donner, dans la version finale, plus de monumentalité à ses personnages en resserrant le cadre. À droite, l’aile de l’archange Raphaël sort de la composition, ce qui n’était pas le cas dans le modello. Castello a par ailleurs ajouté une figure supplémentaire, la femme de Tobie qui se penche sur lui, tandis qu’il a changé de place le troisième personnage masculin ; celui-ci se trouvait d’abord entre la servante et Tobit, il a été rejeté sur la gauche et regarde par dessus l’épaule de la servante, ce qui renforce le sentiment d’agitation autour de l’aveugle. L’architecture stabilise la scène avec une colonne à gauche et un arc à l’arrière plan qui n’apparaît pas dans l’esquisse.
L’éloquence des gestes est soigneusement étudiée : alors que dans le modello, Raphaël tenait simplement son manteau, dans la peinture il lève doctement le doigt. Castello a su également traduire par le jeux des mains, l’application de Tobie et la résignation de son père. On retrouve une disposition similaire des figures dans un autre tableau Moïse sauvé des eaux conservé au Jersey Museum and Art Gallery.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, dimanche 18 décembre 2016





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