Suzanne Lalique-Haviland, le décor réinventé


Wingen-sur-Moder, Musée Lalique, du 13 juillet au 11 novembre 2012

Limoges, Musée des Beaux-Arts, du 15 décembre 2012 au 15 avril 2013

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1. Coupe Flora Bella, 1930
D. 39 cm
Collection S. Bandmann et R. Ooi
Assiette Amphitryon, 1930
Collection Lachaniette
Photo : M. Bussereau - Les Ardents Editeurs
ADAGP Paris 2012

Elle a des doigts d’alchimiste qui transforment en œuvre d’art tous les matériaux qu’elle touche, verre, porcelaine, textiles, peinture ; en témoigne l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels de 1925, où elle participe aussi bien au Pavillon Lalique qu’à celui de la manufacture de Sèvres, sans oublier les décors créés pour Théodore Haviland, obtenant partout les éloges de la critique.
Petite-fille du sculpteur ornemaniste Auguste Ledru (1837-1918), fille de René Lalique (1860-1945), épouse enfin de Paul Burty-Haviland, photographe issu de la célèbre famille de porcelainiers, Suzanne Lalique-Haviland se montra digne des noms qu’elle portait et de l’héritage artistique qu’elle reçut. L’exposition que lui consacre le jeune musée Lalique, en collaboration avec celui de Limoges, est une vraie réussite. Il s’agit de la première rétrospective consacrée en France à cette artiste touche-à-tout restée dans l’ombre par excès de modestie.
Le parcours à la fois chronologique et thématique met parfaitement en valeur la polyphonie et la pluralité de son œuvre, par un dialogue éloquent entre les différents matériaux qu’elle orna (ill. 1). De cette confrontation surgit un style personnel, féminin, audacieux, tandis que la présentation de ses nombreux dessins et aquarelles donne une idée du rôle qu’elle joua auprès des différentes manufactures : car si son nom n’est pas toujours lié aux objets achevés, Suzanne fournit pourtant de nombreux modèles. Le livre publié à cette occasion offre une somme des connaissances actuelles sur l’artiste et se termine par un catalogue raisonné de ses œuvres, reproduites en vignettes. Très complets, les essais abordent chacun des aspects de sa création ; on comprend qu’il soit difficile d’écrire une notice détaillée pour chaque assiette ou chaque vase, il aurait été pourtant intéressant de pouvoir en lire quelques-unes.

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2. Paravent à trois feuilles, 1920
Huile et gouache sur papier
contrecollé sur toile - 142,2 x 195 cm
Wingen-sur-Moder, Musée Lalique
Photo : Y.Langlois
ADAGP Paris 2012

L’exposition s’ouvre sur des projets de couvercles pour des boîtes à poudre de riz ; la boîte Houppes, en carton et en verre, fut l’une des premières réalisations de Suzanne Lalique, créée en 1910 pour le parfumeur Coty. Dans la salle suivante, on peut admirer le seul paravent que l’on conserve aujourd’hui (ill. 2). Elle en réalisa pourtant de nombreux entre 1914 et 1927 environ, à la gouache sur papier ou peints sur toiles, acquis notamment par Jacques Doucet dès 1913. Celui qui est exposé illustre bien le goût de l’artiste pour des jeux de déséquilibres et de torsions, et évoque ses thèmes de prédilection puisés dans la nature - fleurs, feuillages, animaux - ; son style évoluera avec le temps vers plus de sobriété.
Suzanne qui avait un don…

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