Strasbourg : un Levieux acheté et un Delobel offert


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1. Reynaud Levieux (1613-1699)
Le Repos pendant la Fuite en Egypte (vers 1660)
Huile sur toile - 73,5 x 99 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Strasbourg

15/12/15 - Acquisitions - Strasbourg, Musée des Beaux-Arts - Le département des peintures du Louvre avait souhaité naguère acquérir ce tableau, mais le comité d’acquisition du musée en avait décidé autrement. Fort heureusement, cette Sainte Famille de Reynaud Levieux (ill. 1) restera définitivement dans un musée français, celui des Beaux-Arts de Strasbourg, qui l’a acheté auprès de la galerie Coatalem à Paris.

Bien que Levieux soit un peintre provençal, originaire de Nîmes, ce beau tableau s’inscrit parfaitement par sa composition classique, par ses coloris francs, dans ce que l’on a coutume depuis Jacques Thuillier d’appeler l’atticisme parisien. Cela prouve, une nouvelle fois, qu’il faut se méfier des catégories stylistiques. Levieux d’ailleurs, malgré son ancrage provençal (il travailla notamment à Montpellier et à Avignon), est avant tout un peintre européen, parfaitement au courant des divers mouvements qui parcourent la peinture, puisqu’il vécut longtemps à Rome où il connut Nicolas Poussin. La grande église française à Rome, Saint-Louis-des-Français, conserve d’ailleurs un retable de sa main (voir notre guide de cette église).
Le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg tente ces dernières années de renforcer sa collection de peintures françaises des XVIIe et XVIIIe siècles qui ne constitue pas son point fort. En 2008, il avait acquis un tableau de Michel Dorigny (voir la brève du 7/9/08), en 2009 une œuvre de Jean Barbault (voir la brève du 24/7/09) et en 2011 un Portrait d’artiste de François-André Vincent (voir la brève du 28/11/11).


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2. Nicolas Delobel (1693 – 1763)
Composition allégorique du portrait d’Orry, 1743
Huile sur toile – 57 x 45 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Strasbourg

Grâce à la générosité bien connue d’un collectionneur alsacien, Olivier Scherberich, qui avait déjà offert plusieurs œuvres à Strasbourg, le musée vient également de s’enrichir d’une toile allégorique de Nicolas Delobel (ill. 2). L’œuvre, qui avait été montrée à l’exposition Barbault (voir l’article), fut exposée au Salon en 1743, sous le titre suivant : « Une Composition allégorique du Portrait de M. Orry, ministre d’Etat, contrôleur général des Finances & directeur général des bâtiments du roi, protecteur de l’Académie Royale de Peinture & de Sculpture ». Le livret décrit précisément l’iconographie. La voici, résumée par Dominique Jacquot que nous remercions de nous avoir envoyé son texte : « au centre, l’Architecture soutenant une base de colonne sur laquelle Minerve (casquée) tient posé le portrait ; à leur gauche la Peinture et la Sculpture, et – au-dessus de Minerve – le Génie de ces Beaux-Arts (regardant le feu qu’il leur inspire) ; encore au-dessus l’Histoire (avec un livre) et la Poésie (couronnée de lauriers), enfin le Temps (désignant l’éternel souvenir de l’Académie pour ses illustres protecteurs) ; en bas à droite, un jeune enfant s’adonnant à la Géométrie ; à gauche la Générosité (distribuant médailles et chaînes d’or) et évoquée par une galerie (décorée de tapisseries) l’Architecture ; en bas à gauche, le Dessein (appuyé sur des antiques mais adepte du naturel et écrasant l’Ignorance et l’Envie) ».
Nicolas Delobel fut l’élève des frères Louis et Bon Boullogne. Il n’obtint que le second prix de Rome en 1717 mais partit cependant à Rome entre 1723 et 1730. Il devint académicien en 1734.


Didier Rykner, mardi 15 décembre 2015





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