
1. Jean Barbault (1718-1762)
Berger napolitain chassant une vache d’une grotte
Huile sur toile - 49 x 64,5 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Turquin
24/7/09 – Acquisitions – Strasbourg, Musée des Beaux-Arts – Le Musée de Strasbourg vient d’acquérir, auprès d’Hubert Duchemin (galerie Eric Turquin), un tableau de Jean Barbault, sans doute l’un des chefs-d’œuvre de ce peintre, jusqu’ici inédit (ill. 1).
Barbault fut probablement l’élève de Jean Restout. Ayant échoué au concours du Prix de Rome, il se rendit en Italie à ses frais et, grâce à la protection de son directeur Jean-François de Troy, il fut tout de même admis comme pensionnaire de l’Académie de France au Palais Mancini. On connaît surtout de lui ses toiles figurant des personnages habillés en costumes pittoresques, italiens ou turcs. Il représenta notamment les artistes français lors de la mascarade turc organisée en 1748. Il est également l’auteur de paysages et de caprices à la manière de Panini ou de Piranèse avec lequel il collabora. Il publia deux recueils gravés sur les monuments de Rome. Il y mourut précocement à l’âge de 43 ans.
Cette scène champêtre, où un jeune berger tente de faire avancer une vache qui semble fort réticente, possède une grande poésie. On admirera tant la légèreté de la touche que la délicatesse des coloris qui passent par toutes les nuances du beige, tandis que l’animal entièrement noir se détache sur le fonds rocailleux. Dans le catalogue de la rétrospective de 1974-1975 organisée à Beauvais, Angers et Valence, Pierre Rosenberg et Nathalie Volle écrivent à propos du peintre que son « coloris est devenu d’un raffinement suprême : l’artiste joue, avec une parfaite maîtrise, parfois du simple contraste du rose d’un visage, des blancs et des noirs d’un costume [...] Barbault, plus que bien des artistes, ne peut être estimé à sa vraie valeur sans la couleur. » Le tableau acquis par Strasbourg est une illustration particulièrement parlante de cette appréciation.

2. Andrea Vaccaro (1604-1670)
Tête de saint Jean-Baptiste sur un plat
Huile sur toile - 49 x 62 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
Les dons appellent les dons. Après s’être fait légué récemment plusieurs importants tableaux anciens (voir brève du 14/4/09)1, le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg vient de bénéficier de la générosité d’une collectionneuse et historienne de l’art parisienne. Il s’agit d’un tableau d’Andrea Vaccaro représentant la Tête de saint Jean-Baptiste sur un plat. Vaccaro, s’il commença sa carrière, après une formation maniériste, sous l’influence du Caravage (dont il copia la Flagellation de l’église San Domenico à Naples), s’orienta rapidement vers un style plus classicisant. La représentation de la tête de saint Jean-Baptiste sur un plat (sans aucune autre figure, ni du bourreau, ni de Salomé, ni d’Hérodiade) existe en sculpture au moins depuis le XIVe siècle. En peinture, ce motif est connu à partir du début du XVIe siècle, l’une des représentations les plus connues et les plus précoces étant le célèbre tableau d’Andrea Solario du Louvre, peut-être peint d’après Léonard de Vinci. Ce type de petits tableaux de dévotion se répandra au XVIIe siècle, notamment en Italie dans l’école lombarde autour de Morazzone et de Francesco Cairo2 , ainsi qu’en Espagne. On assistera à une résurgence du thème, principalement en sculpture, à la fin du XIXe siècle autour du Symbolisme.
