Splendeurs du maniérisme en Flandre Contenu abonnés


Cassel, Musée de Flandre, du 4 mai au 29 septembre 2013

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1. Anvers, premier tiers du XVIe siècle
Loth et ses filles
Huile sur panneau - 18,5 x 23 cm
Collection particulière
Photo : Jacques Quecq d’Henripret

Splendeurs ? Le titre de l’exposition est un peu trompeur, les quatre-vingts peintures et dessins réunis au Musée de Flandre étant de qualité très inégale. Plus de soixante d’entre eux sont d’ailleurs issus de collections particulières, un choix qui peut être discuté : difficile, en effet, de ne trouver que des chefs-d’œuvre de cette époque en mains privées1. On peut y voir des raisons économiques (emprunter à une collection privée peut s’avérer moins coûteux en transport et en assurances), mais même si cela permet de découvrir des tableaux rarement visibles (certains sont même présentés pour la première fois), la rareté n’est pas toujours synonyme de beauté et quelques tableaux majeurs supplémentaires n’auraient pas contrarié le visiteur.
Il ne s’agissait pas, bien sûr, de refaire, dans un espace plus petit et avec des moyens plus restreints, l’exposition « Extravagant ! » organisée en 2005-2006 à Anvers et Maastricht2, qui tentait de faire le point sur un vaste ensemble de peintures dites du maniérisme flamand, en reprenant, pour mieux les remettre en cause, les recherches de Max Friedländer (1867–1958)3. Une série de peintres anonymes actifs en Flandre au début du XVIe siècle donnent en effet du fil à retordre aux historiens de l’art. Friedländer, le premier, les regroupa en 1915 sous le terme de « maniéristes anversois »4, une appellation péjorative qui sous-entend une différence entre la manière et le style. Certains, dans le lot, sont heureusement identifiés ; ainsi Friedländer considère Jan Gossaert comme l’initiateur du mouvement et voit en Jan de Beer le véritable chef de file des maniéristes. Il n’est pourtant pas si évident de distinguer un fondateur officiel de ce courant, pas facile non plus de donner une explication à son apparition.

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2. Maître de l’Adoration de Cassel
(actif dans le premier tiers du XVIe siècle)
L’Adoration des Mages,
Panneau central d’un triptyque
Huile sur toile - 71,6 x 42, 4 cm
Cassel, Musée de Flandre
Photo : Laurent Mayeux Photographies

D’un point de vue chronologique et géographique, l’expression de « maniéristes anversois » n’est guère satisfaisante, d’abord parce que le maniérisme est un terme employé à l’origine pour désigner un mouvement artistique italien que l’on fait débuter en 1520. Or, il est ici utilisé pour qualifier une production antérieure à cette date. Par ailleurs, en Flandre, il se développa non pas en opposition avec un courant artistique, mais plutôt dans la continuité du gothique international et des Primitifs flamands – Jan Van Eyck, Rogier Van der Weyden… - comme le montre la première section de l’exposition avec des œuvres qui allient une description analytique et minutieuse des matières, à des coloris déjà acidulés et des figures aux poses compliquées, en témoigne par exemple Le Jugement dernier de Michel Sittow.

Enfin le…

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