2/10/03 - Politique culturelle - Londres, National Gallery - Charles Saumarez Smith, directeur de la National Gallery et Peter Scott, son président, viennent de dénoncer publiquement les crédits insuffisants qui leur sont alloués par le gouvernement anglais. Selon eux, la dotation de 1995 (18,2 millions de livres) correspondrait aujourd’hui, à livre constante, à 22,9 millions alors qu’elle n’est plus que de 20,4 millions. D’après Peter Scott : « Le gouvernement ne nous donne même pas le budget de fonctionnement nécessaire à ce musée. Ce qu’il faut pour juste ouvrir au public, allumer les lumières et regarder les œuvres. » S’en prenant également à la faiblesse des crédits d’acquisition, il affirme, à propos de la Vierge aux œillets de Raphaël, que la National Gallery essaie d’acheter : « Dans les autres pays d’Europe, les gouvernements acceptent la responsabilité de protéger leur patrimoine, sans laisser aux institutions la charge de trouver les fonds importants, dans des délais souvent réduits » Il ajoute également : « Il y a un danger à ce que l’on attende des institutions comme la nôtre qu’elles soient un peu trop commerciales pour combler un déficit qui devrait être comblé par d’autres moyens. » Toujours à propos du Raphaël, la National Gallery a réussi à obtenir 9 millions de livres en faisant appel à la générosité du public et a obtenu 11 millions du Heritage Lottery Fund. Si un chef-d’œuvre majeur arrivait sur le marché dans les prochains mois, le musée aurait de grandes difficultés à l’acquérir, toujours selon M. Scott.
La dérive commerciale à laquelle sont poussés les musées du fait du désengagement des Etats est un fait que nous dénonçons régulièrement. Il semble que le Royaume-Uni n’y échappe malheureusement pas.
Source : The Independent, 1er octobre 2003.
