Une paire de pendants inédits de Chardin acquis par le Toledo Museum of Art


1. Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
La fontaine
Huile sur toile - 40 x 32 cm
Toledo, Museum of Art
Phoro : Galerie Eric Turquin

20/1/06 - Acquisitions - Toledo, Museum of Art - Le musée américain vient d’acheter, sur le marché français1, une paire de tableaux de Jean-Baptiste Siméon Chardin. Ces pendants signés étaient conservés depuis le XVIIIe siècle chez les descendants d’un échevin de la ville de Lyon.

Ces œuvres, qui ont gardé leur toile et leur châssis d’origine, sont dans un excellent état de conservation (elles n’avaient jamais été restaurées). Elles étaient jusqu’à aujourd’hui complètement inédites mais leurs compositons sont, en revanche, bien connues. On peut les comparer avec une paire de même sujet conservée au Nationalmuseum de Stockholm. Il est intéressant d’observer comment l’artiste, grâce à de subtiles changements dans les scènes représentées, arrive à créer des tableaux réellement différents. Ainsi, La fontaine de Stockholm, de format horizontal, comporte davantage d’objets sur la gauche ce qui crée une véritable nature morte mais distrait le regard de la scène principale. Quant à La blanchisseuse, l’enfant qui fait des bulles et la jeune femme qui étend le linge ont disparu dans la version récemment entrée à Toledo tandis que le chat s’est rapproché du centre du tableau.

2. Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779)
La blanchisseuse
Huile sur toile - 40 x 32 cm
Toledo, Museum of Art
Photo : Galerie Eric Turquin

Les répliques sont fréquentes dans l’œuvre de Chardin, surtout pour ses scènes de genre. Il y a peu de compositions dont on ne connaît pas deux variantes, voire davantage. Selon Pierre Rosenberg2, les tableaux de Stockholm, un panneau et une toile, sont de faux pendants, l’un ayant probablement été peint dans un second temps pour accompagner le premier, à la demande de son propriétaire. Ceux de Toledo en revanche ont probablement été réalisés dès l’origine comme pendants, ce qui rend probable une datation après la paire suédoise située par Pierre Rosenberg en 17333.


Didier Rykner, vendredi 20 janvier 2006


Notes

1. Galerie Eric Turquin.

2. Voir le catalogue de l’exposition Chardin, Paris, Grand Palais, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1979, pp. 195-203 (nous n’avons pas consulté celui de l’exposition de 1999 organisé au même endroit).

3. D’autres exemplaires sont connus : La fontaine en collection privée et à la National Gallery de Londres et La blanchisseuse au musée de Saint-Petersbourg.



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