Les dessins du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon


Besançon, Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, terminée le 1er mars 2004. Elle a ensuite été présentée à l’Art Museum de l’Université de Virginie (jusqu’au 5 juin 2005)

Le fond de dessins conservé par le musée de Besançon [1] est l’un des mieux connus des musées de province car il a bénéficié de plusieurs publications récentes [2]. Est-il pour autant bien connu ? L’exposition actuelle ne permettra pas de le dire. Car sur plus de 5500 feuilles (auxquelles il faudrait rajouter les quelques milliers conservées à la Bibliothèque Municipale), l’exposition en propose environ 140, constituant un florilège. Si le plaisir est réel de voir ces œuvres, bien exposées dans un espace pourtant ingrat (l’intérieur en béton de ce musée est très daté), on ne fera pas ici de découvertes, ou très peu. Seuls une dizaine de dessin sont inédits.


1. Jean Honoré Fragonard
Les grands cyprès
de la villa d’Este
, 1760
Besançon, Musée des Beaux-Arts et
d’Archéologie

2. Ecole d’Andrea Mantegna
Portrait d’homme
Besançon, Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie


On verra donc, ou on reverra, des ensembles aussi prestigieux que ceux des Carrache, de Vouet, de Fragonard (ill. 1), de G.D. Tiepolo, de Géricault et de Courbet et des dessins de Rembrandt ou Poussin.

Parmi les nouvelles attributions, notons celle, à Benvenuto Cellini d’une Feuille de modèles. Françoise Soulier-François distingue d’autre part, dans les très beaux portraits d’homme de l’école de Mantegna (ill. 2), deux mains différentes, ce qui nous semble tout à fait juste.
Les dessins inédits comptent une étude de Luca Signorelli pour une peinture des Offices (Descente de croix), un joli Swanevelt (Paysage animé avec un torrent dans un site de rochers) et un paysage de Van Goyen.

Environ quinze dessins sont présentés hors catalogue [3]. Celui-ci bénéficie de bonnes reproductions en couleur, mais on aurait aimé parfois des études plus développées. Il constitue plus un album qu’un véritable ouvrage scientifique, ce qui correspond à une volonté avouée de toucher le grand public.


3. Rosso Fiorentino
Bacchus dans
une niche

Besançon, Musée des Beaux-Arts
et d’Archéologie



Notons une petite erreur, dans la notice du Jeune Bacchus dans une niche de Rosso Fiorentino (ill. 3) : on ne connaît pas seulement deux dessins préparatoires pour les Dieux dans des niches, gravés par Gian Jacopo Caraglio, mais quatre. Deux feuilles appartenant à cet ensemble ont été acquises par le Louvre en 2001 (Proserpine et Mars).


Commissariat : Françoise Soulier-François, conservateur du Patrimoine au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, chargée du cabinet des Dessins et Claire Stoullig, conservateur du Patrimoine, directeur du Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon.


local/cache-vignettes/L117xH149/Couverture_besancon_small-ad268.jpgCatalogue par Françoise Soulier-François, Claire Stoullig et Frédérique Thomas-Maurin, Edité par Somogy Editions d’Art. 20 €. ISBN : 2-85056-691-8.


Didier Rykner, vendredi 5 décembre 2003


Notes

[1] Il est issu pour une bonne part de trois collections : celle de Pierre Adrien Pâris, léguée en 1819 à la Bibliothèque Municipale et aujourd’hui déposée au Musée, celle du peintre Jean Gigoux et celle donnée par Georges et Adèle Besson pour le début du XXe siècle.

[2] D’autre part, la collection de Pierre Adrien Pâris a fait l’objet en 1957 d’un catalogue dans le cadre de la collection Inventaire général des dessins des musées de province.

[3] On remarquera en particulier : Jean Simon Berthélémy, Alexandre le Grand et son médecin Philippe (sanguine, lavis de sanguine et rehauts de gouache), Louis-Jean Desprez, Le temple d’Isis à Pompéï (plume et encre brune, lavis gris et aquarelle), Jean Honoré Fragonard, Terpsichore (sanguine) et Jean Auguste Dominique Ingres, Portrait de Beaudouin-Henri Dufresne (mine de plomb et craie blanche).



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