16/11/05 – Paris - Marché de l’art - Eric Coatalem a débuté son activité de marchand en 1986. Pour célébrer ce vingtième anniversaire, il organise une exposition de ce qui reste son domaine favori, la peinture française du XVIIe siècle.
Elle commence par le caravagisme avec un beau Saint Jean l’Evangéliste de Claude Vignon, pour se terminer à la fin du siècle sur une grisaille de Charles Le Brun, préparatoire à un frontispice de thèse gravé par Gilles Rousselet. Lubin Baugin et François Perrier, deux des artistes fétiches du galeriste qui leur a consacré des expositions pionnières, sont présents, le premier avec deux Vierge à l’enfant, le second avec une Mort de Laocoon et de ses fils.

1. Eustache Le Sueur (1616-1655)
Portrait d’homme
Huile sur toile - 79 x 66 cm
Paris, Galerie Coatalem
Photo : Galerie Coatalem

2. Jean Tassel (1608-1667)
Bacchus et Ariane
Huile sur toile - 121 x 111 cm
Paris, Galerie Coatalem
Photo : Galerie Coatalem
D’Eustache Le Sueur, on pourra voir l’exceptionnel Portrait d’homme (ill. 1) et son morceau de réception à l’Académie, Saint Paul guérissant un possédé, connu depuis quelques années, l’un des premiers tableaux où l’artiste se dégage nettement de la manière de son maître Vouet. Une superbe Madeleine de Jacques Blanchard, vendue avant l’exposition, est étudiée dans le catalogue mais malheureusement absente de la galerie. On se consolera avec un Jean Tassel représentant Bacchus et Ariane où l’artiste, parfois inégal, est à son plus haut (ill. 2) et une Vierge à l’enfant de Simon Vouet (ill. 3), variation sur un thème qui lui tenait particulièrement à cœur à partir des années 1630, l’une d’elle venant d’être acquise par le Louvre (voir brève du 19/2/05).

3. Simon Vouet (1590-1649)
Vierge à l’enfant
Huile sur toile - Diamètre : 92,7 cm
Paris, Galerie Coatalem
Photo : Galerie Coatalem

4. Jean Lemaire (1597-1659)
Andromaque confie Astyanax à Ulysse
Huile sur toile - 106 x 143 cm
Paris, Galerie Coatalem
Photo : Galerie Coatalem
Le paysage est illustré par un tableau de Francisque Millet, Mercure et Hersé, et la nature morte par trois opulentes compositions de Louise Moillon, Pierre Dupuis et François Garnier. Un caprice architectural par Jean Lemaire sert de cadre à Andromaque confiant Astyanax à Ulysse (ill. 4)
Concluons sur deux toiles de Jacques Stella, des Allégories, de la sculpture et de l’astronomie, s’inscrivant parfaitement dans l’atticisme parisien. Sylvain Kerspern, l’auteur de la notice, rapproche cette paire du célèbre Clélie passant le Tibre du Louvre de 1641-1642. Elle confirme que l’artiste est un des grands peintres de cette époque ce que l’on pourra bientôt constater dans l’exposition que prépare le musée de Lyon.
