Exposition d’acquisitions récentes dans la salle d’actualité du département des arts graphiques du Musée du Louvre


8/08/03 - Exposition - Paris, musée du Louvre - La salle d’actualité du département des Arts Graphiques (pavillon de Flore, premier étage) présente quelques acquisitions récentes. On peut y voir de très beaux dessins d’amateurs, des feuilles italiennes maniéristes de qualité (Nosadella, Ligozzi), de l’école de Fontainebeau (Dubreuil) ou néo-classiques italiennes (dell’Era, Palagio Palagi). Deux dessins sont de qualité exceptionnelle : une étude au pastel de Jacopo Bassano, entrée par dation, et Fragments d’antiquités vues en Italie et en France de Charles Percier, offert par la Société des Amis du Louvre. La sagacité de Dominique Cordellier a permis de préempter à peu de frais dans une vente à l’Hôtel Drouot, où l’expert l’avait mal identifiée, une belle Mise au tombeau de Jean Cousin le père.
Les cartels nous expliquent à chaque fois que l’intérêt de tel ou tel dessin est d’être le premier de l’artiste à entrer au Louvre. Mais était-il vraiment nécessaire de vouloir représenter Ferdinand Elle l’Ancien par un dessin froissé et tellement épidermé qu’il en devient presque illisible ? Ou Christian Friedrich Tieck [1] manquait-il tellement aux collections pour être représenté par une si petite feuille, quand par exemple aucun dessin d’Ary Scheffer n’est conservé au Louvre ? Cette justification des acquisitions par la nécessité de combler des lacunes ne saurait être une fin en soi (pour aucun département d’ailleurs), si la qualité n’est pas du niveau d’excellence, le seul que l’on attend pour un musée tel que le Louvre.
Souhaitons qu’une publication vienne bientôt faire le point sur l’ensemble des récentes acquisitions, cette présentation confidentielle n’en donnant qu’un aperçu très succinct (il y a quelques mois, un choix des nouveaux dessins français du XVIIIe siècle avait été exposé au même endroit).


Didier Rykner, vendredi 8 août 2003


Notes

[1] 1. Lors de la visite de cette exposition et donc lorsque nous avons rédigé cette "brève", nous n’avions pas vu que ce dessin de Tieck avait été donné par une galerie d’art (Artemis Fine Arts) et non acheté par le Louvre, ce qui rend notre remarque sans réel fondement.



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