
1. Louis-Jean Desprez (1743-1794)
Siège d’une ville
Pierre noire, plume et encre grise,
lavis gris, aquarelle rehaussée de blanc - 59 x 98 cm
Paris, Musée du Louvre
17/3/05 - Acquisitions - Paris, Musée du Louvre - La vente Christie’s qui avait lieu aujourd’hui 17 mars a donné l’occasion au musée du Louvre de préempter deux lots.
Le premier est un dessin spectaculaire de Louis-Jean Desprez (1743-1794), pour la somme de 130.000 € (sans les frais). D’une technique éblouissante, mélangeant la pierre noire, la plume, le lavis et l’aquarelle, le sujet exact n’est pas identifié. On y voit une armée romaine assiégeant une ville, tandis qu’au premier plan un cavalier et des fantassins découvrent un charnier. Dans le catalogue de l’exposition La Chimère de Monsieur Desprez1, Régis Michel analyse finement la fascination de l’artiste pour la destruction, le chaos, la « rage iconoclaste ». Par la taille, la technique et le penchant pour la dévastation, on peut comparer cette feuille à d’autres grands dessins tels que La Chute de Messine (Uppsala, Bibliothèque de l’Université) ou la Prise de Sélinonte (Palaiseau, Bibliothèque de l’Ecole Polytechnique). Davantage encore que dans ces œuvres, le goût morbide de Desprez, celui qui se manifeste dans la fameuse Chimère, est ici présent dans la vision du cadavre décharné du premier plan. A y regarder de plus près, celui-ci n’est pas encore réduit à l’état, finalement rassurant et anodin, de squelette, mais conserve encore de la chair putréfiée, ce qui rend ce spectacle encore plus angoissant. La théâtralité de l’ensemble rappelle que le dessinateur fut également scénographe. En 2001, le département des Arts Graphiques avait acquis un dessin de la même main, Torche funèbre supportée par des squelettes et décorée de chauves-souris, dans cette même veine noire, mais d’une taille nettement plus petite et d’une technique moins élaborée (plume et encre brune). La collection du musée restait cependant pauvre en œuvre de Desprez, ce qui fait tout le prix de cet achat.

2. Jacques Androuet du Cerceau
(avant 1520-vers 1585-1586)
L’escalier de Chambord
Plume, encre noire, lavis brun - 26 x 18 cm
Partie d’un album préempté par le Musée du Louvre

3. Jacques Androuet du Cerceau
(avant 1520-vers 1585-1586)
Façade de la cour du logis de François Ier du château de Chambord
Plume, encre noire, lavis brun - 18 x 26 cm
Partie d’un album préempté par le Musée du Louvre

4. Jacques Androuet du Cerceau
(avant 1520-vers 1585-1586)
Projet de « château selon l’Antique »
Plume, encre noire, lavis brun -26 x 18 cm
Partie d’un album préempté par le Musée du Louvre

5. Jacques Androuet du Cerceau
(avant 1520-vers 1585-1586)
Projet de « Bâtiment en montée antique »
Plume, encre noire, lavis brun - 18 x 26 cm
Partie d’un album préempté par le Musée du Louvre
La seconde préemption, pour 125.000 € sans les frais, est un album de 28 dessins d’architecture de Jacques Androuet du Cerceau (avant 1520 - vers 1585-1586) sur papier vélin. Connu surtout par ses recueils gravés des Plus excellents bastiments de France, du Cerceau a laissé également des dessins, soit d’édifices réels (comme ici l’escalier à double révolution ou la façade de la cour du logis de François Ier du château de Chambord, ill. 2 et 3), soit d’édifices imaginaires ou de projets architecturaux qu’il ne réalisa probablement pas (ill. 4 et 5). Plusieurs albums similaires sont conservés, la plupart en France (Musée des Arts décoratifs, Musée Condé, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Petit Palais, Bibliothèque nationale de France) et au Fitzwilliam Museum à Cambridge2.
