
1. Nicolas Mignard
Homme debout s’appuyant sur
un livre ouvert (étude pour
une Sainte Famille)
Sanguine, pierre noire, craie
blanche - 40,5 x 27,8 cm
Paris, Musée du Louvre
26/1/05 – Exposition - Paris, musée du Louvre - Promptement montée après la disparition d’Antoine Schnapper en août dernier [1], l’exposition que le département des arts graphiques vient de consacrer à sa mémoire est l’une des plus cohérentes qu’on puisse voir actuellement à Paris [2]. Elle est centrée sur la période de l’art français que cet historien a particulièrement étudiée et réhabilitée, proposant un panorama de la peinture d’histoire entre 1650 et 1730, au moment de la querelle entre les partisans du Dessin et ceux de la Couleur. Quelques-uns de ses principaux livres et articles sont évoqués à travers des feuilles connues, car publiées ces trente dernières années, mais rarement montrées et provenant des grands fonds d’ateliers d’artistes que possède le Louvre.
Les deux frères Mignard ont été réunis dans la première salle. Treize dessins de Pierre Mignard ont été choisis dans l’ensemble saisi pour les collections du roi en 1695. Antoine Schnapper y avait identifié nombre d’études préparatoires à des décors de Versailles détruits dès le XVIIIe siècle. Il avait retrouvé le fonds Nicolas Mignard chez les héritiers du peintre, et l’avait reproduit dans son catalogue raisonné de 1978, puis encouragé son acquisition par le Louvre en 1980 [3]. Seize de ces dessins, ainsi que trois autres achetés par le département des arts graphiques en 1998, sont révélés au public, certains pour la première fois (ill. 1 à 3).
Le second espace est consacré à vingt-et-un somptueux dessins d’Antoine Coypel, exécutés « aux trois couleurs » et mis au carreau, tous liés à la galerie d’Énée au Palais Royal. Dans le numéro 5 de la Revue de l’art en 1969, l’érudit avait reconstitué ce grand décor et mis en rapport les dessins du Louvre avec les compositions encore conservées ou gravées, mais aussi avec d’autres perdues et seulement documentées par des descriptions d’époque.

2. Nicolas Mignard
Femme les bras tendus (étude pour Le
berger Faustulus ramène Romulus et Remus
à sa femme, 1654, Dallas Museum of Art)
Pierre noire, sanguine, craie blanche sur
papier beige - 42 x 28,2 cm
Paris, Musée du Louvre

3. Nicolas Mignard
Marsyas (étude pour
Apollon et Marsyas, Avignon, musée Calvet)
Pierre noire sur
papier beige - 44 x 29,5 cm
Paris, Musée du Louvre
La troisième partie montre des projets de Louis de Boullogne pour le Trianon de Marbre (objet de son premier livre en 1967), de Jean Jouvenet (exposition à Rouen en 1966 et monographie exemplaire en 1973), de Charles de la Fosse ainsi que plusieurs esquisses religieuses de Joseph Parrocel, parmi la cinquantaine acquise en 1989. Sujet de son doctorat d’Etat en 1959, Antoine Schnapper avait affirmé la variété de l’inspiration de ce peintre, jusque-là surtout connu pour ses scènes de batailles. Celles-ci sont suggérées par des feuilles au lavis et à l’aquarelle qu’il avait retirées à Charles Parrocel pour les réattribuer à son père (La Halte de Chasse, Louis XIV et ses cavaliers).
Des portraits aux pastels de Louis XIV par Charles Le Brun, et de Robert de Cotte, de François Girardon ou de Philippe de France, duc d’Anjou, par Joseph Vivien n’évoquent que très partiellement, il ne pouvait en être autrement, la seconde partie de la carrière de l’universitaire, consacrée après 1988 à l’étude des institutions académiques, du collectionnisme et du goût à la fin du XVIIe siècle
Connaisseur et "Curieux" : dessins français musée du Louvre choisis en hommage à Antoine Schnapper. Commissaire Jean-François Méjanès Département des arts graphiques, Aile Sully, 2ème étage, salles 21 et 23. Accessible avec le billet d’entrée au musée. Il n’y a pas de catalogue, ni de plaquette (on renverra aux différentes monographies) ; les textes des cartels sont concis et exemplaires.
