Ce projet, comme celui sur l’art français dans les pays d’Europe de l’Est, fait partie du programme de l’INHA sur l’histoire du goût. Il est dirigé par Michel Laclotte assisté de Mickaël Szanto et d’Emmanuelle Opigez. L’objectif est de fournir aux historiens de l’art un outil comparable à l’Index établi par Christopher Wright pour le Royaume-Uni et au Census dû à Federico Zeri et Burton Fredericksen pour l’Amérique du Nord [1]. Le répertoire concernera tous les tableaux identifiés dans les collections publiques (musées, églises, administrations d’Etat ou locales, etc.). Il ne constitue cependant qu’une première étape, la connaissance de la fortune critique de l’art italien en France, de François Ier au XXe siècle, en étant l’aboutissement. A ce titre, l’historique des œuvres sera particulièrement approfondi.
Spécialiste des primitifs italiens, Michel Laclotte, directeur honoraire du Musée du Louvre, était tout désigné pour mener ce projet, d’autant que sa curiosité ne s’arrête pas au quattrocento. Il suffit de se rappeler sa belle exposition du Grand Palais sur la peinture vénitienne du XVIe siècle. L’exposition De Giotto à Bellini : les primitifs italiens dans les musées de France [2] dont il avait été commissaire, constituait déjà un premier répertoire des peintures italiennes de cette époque et un socle sur lequel le présent projet a pu s’appuyer. A cela s’est ajouté le corpus de peintures italiennes du XVIIe siècle des musées de province français établi par Arnauld Brejon de Lavergnée et Nathalie Volle, ainsi que son pendant pour le XVIIIe siècle, mené à l’occasion de l’exposition Settecento, le Siècle de Tiepolo, et qui n’avait malheureusement pas trouvé d’éditeur, mais qui sera utilisé. De nombreuses expositions et publications ont également permis de mieux connaître le patrimoine français [3] tout comme les travaux des services de l’Inventaire. Ceux-ci participent d’ailleurs à ce projet ainsi que le Musée du Louvre et l’Inspection générale des Musées de France. Plusieurs chercheurs d’horizons divers sont donc associés à cette entreprise, ce qui est conforme à la vocation fédératrice de l’INHA que rappelle par ailleurs Alain Schnapp.
Les peintures italiennes sont très nombreuses en France et si celles conservées par les musées sont finalement assez bien connues [4], nombreuses sont les découvertes à faire dans les églises. Des tableaux réapparaissent régulièrement, parfois très importants. Dans un article des Nouvelles de l’INHA [5], auquel nous renvoyons le lecteur, Mickaël Szanto cite, par exemple, le tableau de Gian Antonio Guardi découvert par Pierre Rosenberg dans la collégiale Notre-Dame des Andelys en 1995 [6]. Nous pourrions également signaler le Marcantonio Franceschini publié très récemment par Pierre Curie dans le dernier Bulletin de l’Association des Historiens de l’Art Italien [7].
L’enquête doit se terminer début 2006. Si le catalogue sommaire qui sera édité à cette occasion ne sera hélas pas illustré, compte tenu du grand nombre de tableaux trouvés, une diffusion par Internet est envisagée et la numérisation des images a d’ailleurs déjà commencé [8]. Concluons enfin sur l’espoir que le souhait de l’INHA de mener, par la suite, le même travail sur la peinture nordique conservée en France puisse aboutir.
Lien vers l’article sur l’Institut National d’Histoire de l’Art
