La critique d’art à Paris


Auteur : Claude Schvalberg

IMG/jpg/Couverture_Critique_Art.jpgVaste et passionnante enquête que celle entreprise par Claude Schvalberg sur la critique d’art moderne. On sait qu’il s’agit d’un pléonasme puisque le phénomène en question, limité ici au contexte parisien, est inséparable des Lumières et de l’émergence d’un discours esthétique affranchi du contrôle, voire des normes académiques. La publication comportera deux volumes ; le premier (troisième tirage corrigé) se présente à la fois comme une chronologie et un répertoire bibliographique. Viendra rapidement, il faut l’espérer, le très attendu dictionnaire des critiques d’art. Claude Schvalberg envisage d’abord, de façon volontairement cursive, les années 1747-1889, qui voient la constitution progressive d’un champ critique articulé et fort de supports multiples. C’est un choix, que regretteront sans doute ceux qui s’intéressent au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. L’époque qui va du romantisme au symbolisme, pour schématiser, est elle-même très riche en publications et en débats. L’auteur a préféré centrer son bilan sur la période 1890-1969. Année après année, on trouve dès lors la liste des principaux événements et publications, augmentée le cas échéant de la mention des études qui leur ont été consacrées. Intéressante s’avère aussi la confrontation entre les écrits du temps et la mise en circulation de textes anciens, comme le Journal de Delacroix en 1893 ou les Salons de Champfleury en 1894. Manière de rappeler que la sacro-sainte modernité ne se nourrit pas d’amnésie et que chaque moment historique procède de forces diverses, voire conflictuelles. En somme, nous tenons là un outil, d’une grande rigueur, dont les usages sont nombreux et tous fructueux.

Claude Schvalberg, La Critique d’art à Paris 1890-1969, La Porte étroite, nouvelle édition, 2006, 330 p., 45 €. ISBN : 2904486011


Stéphane Guégan, dimanche 19 novembre 2006



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