
1. Jean-Baptiste Greuze
Septime Sévère et Caracalla, 1767
Huile sur toile - 64 x 77 cm
Tournus, musée Greuze
17/12/04 - Acquisition - Tournus, musée Greuze - Ce musée vient d’acquérir une esquisse pour l’un des tableaux les plus connus de Greuze (ill. 1). L’un des plus décriés aussi, puisqu’il fut l’objet de la condamnation unanime de ses pairs, des critiques et du public.
Rappelons brièvement l’historique bien connu [1] du Septime Sévère et Caracalla [2] (ill. 2) aujourd’hui conservé au Louvre. Agréé à l’Académie en 1755, mais n’ayant toujours pas fourni son morceau de réception douze ans plus tard, Greuze fut interdit d’exposer au Salon de 1767. Briguant parallèlement le poste bientôt vacant de Michel Van Loo à l’Ecole des Elèves protégés, accessible uniquement à un peintre d’histoire, il décida de se faire recevoir sous ce titre - le seul dont il se jugeait digne - par l’Académie. Greuze choisit un sujet qui n’avait jamais été représenté. Pour cela, il s’inspira nettement de Poussin, notamment de sa Mort de Germanicus, produisant un tableau dont on ne doit pas sous estimer le caractère novateur en France à cette date précoce [3], même s’il restera presque unique dans la production de l’artiste qui reviendra par la suite à sa veine sentimentale et moralisatrice. Greuze ne fut, malgré ses efforts, admis que comme peintre de genre, ce qu’il considéra comme une véritable humiliation. L’exposition de la toile au Salon de 1769 se conclut également par un échec.

2. Jean-Baptiste Greuze
Septime Sévère et Caracalla, 1769
Huile sur toile - 124 x 160 cm
Paris, musée du Louvre
Deux esquisses peintes de la composition d’ensemble sont répertoriées. La seconde (perdue) est celle, très proche du tableau définitif, que Diderot vit et commenta favorablement dans une lettre à Falconet du 15 août 1767 [4]. La première est celle que vient d’acheter le musée de Tournus [5], qui comporte au contraire de nombreuses variantes avec la toile conservée au musée du Louvre.
