Donation de la collection d’Orts-Bosch au Musée San Pio V de Valence


9/11/04 – Acquisitions - Valence, Museo San Pio V - L’historien et écrivain Pere Maria Orts, 83 ans, qui a consacré sa vie à l’étude de l’histoire de Valence et de Benidorm, vient de donner, le 4 novembre dernier, sa collection d’œuvres d’art à sa région natale. Commencé il y a 50 ans, cet ensemble varié et éclectique comprend 230 peintures de maîtres, dix sculptures, des tapis, des céramiques, des meubles, des verres et de l’orfèvrerie, et près de 8000 livres rares, manuscrits et incunables, destinés à la bibliothèque de Valence. Les tableaux les plus importants ont été acquis au cours des années 1970, lorsque la fortune personnelle du mécène lui permettait d’acheter sur le marché d’art espagnol, alors très fermé sur l’extérieur. Déjà en 1996, l’érudit avait donné au musée des beaux-arts San Pio V un Saint Pierre devant la croix de son martyre de Palomino, esquisse d’un tableau perdu peint pour la cathédrale de Valence.
Cette donation sera présentée au public entre le début octobre 2005 et le 15 janvier 2006 ; un catalogue raisonné sera publié à cette occasion. Il faudra se rendre à Valence pour voir les œuvres, car le bienfaiteur n’a mis comme seule condition qu’elles ne sortent jamais du musée San Pio V, même pour être restaurées. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes au moment où les conservateurs voient aboutir leur projet de scission des collections dans deux espaces différents, par la création, hors du bâtiment principal, d’un musée du XIXe permettant de le décongestionner et d’agrandir la surface d’exposition.
Les peintures couvrent la période allant du XIVe au premier tiers du XXe siècle. L’école italienne est illustrée par une Sainte Conversation du florentin Francesco di ser Cenni et par l’important Portrait de Connétable de Bourbon par Titien, réalisé vers 1533 lorsque ce personnage suivait Charles-Quint en Italie1. Même si Coffermans, Brueghel le jeune et Sisley sont représentés, l’essentiel des tableaux appartient à l’école espagnole et plus particulièrement à la région de Valence. La Renaissance dans cette ville est figurée par Blasco de Grañen, Pablo de San Leocadio, Hermando de Llano, le Calvaire de Vicente Macip, un Moïse de Juan de Juanes et une Pieta du maître de Alzira. Pour l’époque baroque, le musée s’enrichit d’œuvres de Ribalta, Murillo, Ribera, Espinosa, Lucas Valdez, Maella, et pour le XIXe Vicente Lopez, Miguel Parra, Parra Piquer, Navarro Llorens, Peris Brell, quatre toiles peu connues de Joaquín Sorolla, deux d’Antonio Muñoz Degrain et cinq de Ricardo Verde. Le tournant du siècle est évoqué par des paysages d’Anglada Camarassa, Joaquín Mir, Santiago Rusiñol, Ignacio Zuloaga, Dario de Regoyos, Benjamin Palencia.


Michel de Piles, mardi 9 novembre 2004


Notes

1. Huile sur toile. 100 x 76 cm. Cf. Francesco Valcanover, Sylvie Béguin, Tout l’œuvre peint de Titien, Paris, Flamarion, 1970, n° 165. Sa provenance est prestigieuse : Arundel, Gaspar de Haro, famille d’Albe, Marquis de las Ferias.



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