
1. Vicente Carducho (1576-1638)
Miracle de Albañil par le 19e génèral de l’ordre,
le R.P. Bosson
Madrid, Museo del Prado
16/8/04 - Exposition - Madrid - A moins d’un an de l’ouverture de nouveaux espaces qui vont ajouter, à l’actuel édifice, le couvent des Hiéronymites et une aile conçue par l’architecte Rafael Moneo, le Prado réorganise ses collections et restaure des tableaux restés en réserves depuis des dizaines d’années, faute de place pour les exposer. Une exposition-dossier se penche cet été sur l’un de ses fonds majeurs, l’ancien Musée de la Trinidad [1]. Dans chaque galerie, des cartels signalent les œuvres provenant de ce musée disparu, tandis que dans la salle centrale [2] des grands formats, rarement vus, sont montrés au public, notamment les volets de Juan Bautista Maino pour le Retable des quatre Pâques [3], trois scènes de la série de la Chartreuse de Paular de Vicente Carducho [4] (ill. 1 à 3), à coté de célèbres Pedro Berruguete, Greco, Francisco Zurbarán, Claudio Coello ou Alonso Cano.
Après les guerres carlistes, la suppression des ordres religieux en Espagne (1835-1837) a mis sur le marché une quantité considérable de tableaux. On connaît le profit qu’ont tiré de cette situation les collectionneurs anglais ou, en France, Soult et Louis-Philippe, pour monter la Galerie espagnole au Louvre. A Madrid même, des centaines d’œuvres furent rassemblées dans le couvent de la Trinidad (près de l’actuelle gare d’Atocha) dans l’idée de créer un musée national retraçant l’histoire de la peinture espagnole. La majeure partie était constituée de toiles religieuses des XVIe et XVIIe siècles provenant essentiellement de couvents du centre de l’Espagne, mais on pouvait aussi y voir quelques tableaux d’autres écoles : La Fontaine de vie de l’entourage des van Eyck ou le Chemin de croix de Giandomenico Tiepolo. Il fut aussi ajouté la collection de l’infant don Sebastián Gabriel de Bourbon, séquestrée à cause de son soutien aux carlistes [5] et quelques œuvres furent ensuite achetées, notamment des portraits de Goya.

3. Vicente Carducho (1576-1638)
Saint Bruno refuse l’archevêché de Reggio di Calabria
Madrid, Museo del Prado
Ouvert pendant neuf jours en 1838, il fut ensuite fermé pour travaux pendant quatre ans. Réouvert en 1842, son existence fut compromise par la décision d’installer un Ministère dans le couvent de la Trinidad. Peu à peu, des voix ont suggéré de joindre cet ensemble à celui du Prado, jusque là consacré exclusivement à la collection royale, au grand dam de ses conservateurs qui manquaient déjà d’espace pour leur propre collection. Un décret du gouvernement en 1872 força l’incorporation, le Prado gardant 200 peintures et les déposant dans diverses institutions et musées de province où elles furent oubliées pour un siècle (650 ont été localisées, plusieurs centaines ont été détruites ou sont encore perdues).

