Un "petit may" de Claude Vignon préempté par le Musée Carnavalet


Claude Vignon (1593-1670)
La pêche miraculeuse
Huile sur panneau - 98,5 x 76 cm
Paris, Musée Carnavalet
Photo : Christie’s

24/6/04 – Acquisition – Paris, Musée Carnavalet – Le musée a préempté, à la vente Christie’s Paris du 24 juin 2004, un panneau de Claude Vignon. Acquisition opportune car ce tableau est éminemment lié à l’histoire de Paris. Il s’agit de celui qui se trouvait sur le « petit May » offert au chapitre de la cathédrale Notre-Dame en 1624.
Les petits Mays, donnés par Communauté des orfèvres à partir de 1609 et jusqu’en 1629, étaient constitués d’un tabernacle en bois sculpté, triangulaire et portant sur ses côtés trois petits tableaux enchâssés : l’un figurait habituellement une scène de la vie de la Vierge, sur les deux autres on pouvait lire des poèmes expliquant le sujet et offrant des louanges à la Vierge. L’ensemble était suspendu dans la nef de la cathédrale comme en témoigne un tableau du XVIIe siècle conservé au Musée de Notre-Dame. L’histoire de ces tabernacles du May est complexe et nous ne pouvons que renvoyer à l’ouvrage Les Mays de Notre-Dame de Paris, publié par le Musée d’Arras, pour un approfondissement de la question [1]. A partir de 1630, ils furent remplacés par les « Grands Mays » dont de nombreux exemples sont conservés.
Le tableau acquis par Carnavalet ne représente pas, par exception, une scène de la vie de la Vierge, mais la Pêche miraculeuse [2]. Il est mentionné comme disparu dans le catalogue Claude Vignon [3]. La notice du catalogue de la vente indique qu’un seul autre petit May subsiste, celui de 1630 dû à Georges Lallemant Saint Pierre et saint Jean guérissant un paralytique à la porte du Temple, conservé à l’église de Saint-Chéron dans l’Essonne. Nous ne connaissons pas ce tableau, qui vient manifestement d’être redécouvert [4]. D’après les documents, il ne s’agit cependant pas d’un petit, mais du premier des grands Mays.


Didier Rykner, jeudi 24 juin 2004


Notes

[1] Sous la direction d’Annick Notter, Les Mays de Notre-Dame de Paris, Musée des Beaux-Arts d’Arras, 1999.

[2] Il a également été identifié comme La Vocation de saint Pierre et saint André.

[3] Paola Pacht Bassani, Claude Vignon 1593-1670, Arthéna, Paris, 1993 ; n° 71.

[4] Il a été gravé par Pierre Brébiette. Cette estampe est reproduite p. 22 de l’ouvrage cité note 2 qui mentionne encore le May comme perdu. Il n’est pas non plus connu des auteurs du récent catalogue d’exposition The Triumph of French Painting, Portland Art Museum (11 octobre 2003 - 4 janvier 2004) et Birmingham Museum of Art (25 janvier 2004 - 11 avril 2004).



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