L’Etat espagnol préempte vingt lettres de Goya


7/5/04 – Acquisition – Madrid – Le 6 mai dernier, la maison de ventes Alcalá à Madrid proposait aux enchères 20 lettres de Goya, 19 envoyées entre 1775 et 1801 à son ami d’enfance Martín Zapater y Clavería et une à Doña Joaquina de Alduy en date du 6 juillet 1781. Reconnaissables à leur graphie penchée, expressive et hachée, certaines d’entre-elles contiennent des croquis caricaturaux ou pornographiques.


Déclaré en toute logique « Bien culturel patrimonial », ce fonds était interdit de sortie d’Espagne et a été préempté sans concurrence à la mise à prix de 420.000 €, vraisemblablement à destination du musée du Prado. Cette institution avait déjà acquis de la même provenance, il y a quatre ans, 98 des lettres adressées par l’artiste aragonais à Martín Zapater sur les 140 qui nous son parvenues de leur correspondance.
Bien qu’entretenue pendant les 25 ans qui voient l’ascension du peintre [1], cette relation épistolaire ne contient aucune révélation ou secret, aucune critique sur la société ou l’église, mais simplement un échange entre amis d’enfance, l’artiste ne souhaitant pas, semble-t-il, expliciter à un provincial qui ne pouvait la comprendre sa vie et ses intrigues à la Cour [2].


Michel de Piles, vendredi 7 mai 2004


Notes

[1] 1775 : premiers cartons de tapisseries ; 1780 : élection à l’Académie de Madrid ; 1786, nomination comme Peintre du roi ; 1789 : nomination comme Pintor de Cámara ; 1798 : coupole de san Antonio de la Florida ; 1800 : La famille de Charles IV ; 1802 : Mort de la duchesse d’Albe.

[2] Mercedes de Agueda, Xavier de Salas, Francesco de Goya : Cartas a Martín Zapater, Madrid, éditions Turner, 1982.



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