Le Louvre achète un grand dessin du Comte de Clarac, Une forêt au Brésil


4/4/04 – Acquisition – Paris, Musée du Louvre – Au dernier Salon du Dessin, une très grande feuille [1], remarquablement encadrée [2], attirait particulièrement l’attention des visiteurs sur le stand du marchand allemand Thomas Le Claire. Ce dessin, représentant une forêt brésilienne (ill. 1), vient d’être acquis par le département des arts graphiques du Musée du Louvre.

1. Comte de Clarac
Intérieur d’une forêt du Brésil
Paris, Musée du Louvre

2. Claude-François Fortier
d’après le Comte de Clarac
Intérieur de forêt du Brésil


Exécuté à la plume et au lavis brun, avec des rehauts de gouache, il est dû au Comte de Clarac (1777-1847). Ecrivain et archéologue, celui-ci fut un artiste amateur dont peu d’œuvres sont aujourd’hui connues. Il voyagea au Brésil de 1816 à 1818 où il exécuta cette composition, présentée au Salon de 1819 sous le titre (qu’il convient de respecter) Intérieur d’une forêt du Brésil [3]. Il s’agit de la seule œuvre qu’il exposa à un Salon. Elle fut gravée par Claude-François Fortier en 1822 [4] (ill. 2), dans le même sens, et on en connaît au moins huit copies, rehaussées d’aquarelle, dues à des artistes allemands. Un autre dessin original, conservé dans un musée berlinois, serait l’original ayant servi à la gravure [5].

3. Johann Moritz Rugendas
Forêt Vierge du Brésil (lithographie)


On peut comparer cette composition avec celle de Johann Moritz Rugendas (1802-1858), Forêt Vierge du Brésil (ill. 3) qui date des mêmes années et que l’on considère comme un réponse de l’artiste bavarois à la gravure d’après le dessin du Comte de Clarac. Le sujet, la composition et le style en sont fort proches et montre la proximité de ce dernier avec les paysagistes allemands. Alexander von Humboldt, qui connaissait personnellement Clarac, exprima par ailleurs son admiration pour son dessin.
En 1818, à son retour du Brésil, le Comte de Clarac fut appointé conservateur des Antiques au Musée du Louvre en remplacement d’Ennio Quirino Visconti qui venait de mourir. Ce titre est un argument supplémentaire justifiant l’entrée de ce très beau dessin au Louvre.


Didier Rykner, dimanche 4 avril 2004


Notes

[1] 61,7 x 86,5 cm. Le dessin est construit par l’assemblage de plusieurs feuilles collées, découpées en suivant les contours de la végétation. Il était passé en vente aux enchères à Cologne en septembre 2003, chez Venator & Hanstein KG.

[2] Le cadre original possède un gros cartel, sans doute plus tardif, portant la mention FORET VIERGE DU BRESIL/DESSIN ORIGINAL DE Mr./LE COMTE DE CLARAC.

[3] L’œuvre, exposée sous le n° 229, dans la section Peintures, était cependant un dessin, comme le prouve le Registre conservé aux archives des Musées Nationaux (X Salon 1819). Etait-ce le dessin acquis par le Louvre ? L’existence d’au moins un autre exemplaire autographe à Berlin doit rendre prudent. Les archives des Musées Nationaux ne permettent malheureusement pas d’en connaître les dimensions.

[4] Exposé au Salon de 1822 (n° 1566) sous le titre de Intérieur de forêt du Brésil.

[5] Ces informations nous ont été communiquées par Loïc Stavridès.



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