17/3/04 - Acquisitions - Los Angeles, Getty Museum - Tout grand musée qui souhaite être complet se doit d’exposer un sujet profane de Lucas Cranach, un retable de Murillo et un paysage de Gustave Courbet, des classiques dans l’histoire de la peinture. C’est désormais chose faite pour le Getty Museum qui vient d’annoncer l’achat d’une Famille de faunes du maître allemand, d’une Vision de Saint François de Paule du Sévillan et d’une Grotte à Nans-sous-Saint-Anne par le pionnier du Réalisme. Malgré le prix élevé payé pour le Portrait de Titien [1], le musée dispose encore de fonds, d’autant qu’il n’a pu acheter la Madone aux œillets de Raphaël. Le premier tableau, daté de 1526, est une adaptation par Cranach des thèmes mythologiques de la Renaissance italienne [2], ici une scène “pré-historique” à la Piero di Cosimo, placée dans très beau paysage septentrional. La femme du faune rappelle les nombreuses Vénus de l’artiste.
L’œuvre de Murillo, acquise en juillet dernier, est encore en cours de restauration [3]. Si la toile a été coupée sur les bords, la couche picturale est dans un état de conservation relativement bon malgré le fait que les tons azurs du ciel et de la mer se sont dégradés en gris. Il reste à trouver qui en fut le commanditaire, son style baroque et sa gamme colorée claire permettant de la dater de la seconde partie de la carrière du peintre vers 1665-1670.
La peinture de Courbet est l’une des nombreuses vues des grottes de la vallée de La Loue [4], peintes lorsque celui-ci éclaircit sa palette. Exécutée en 1864, elle est intéressante par sa technique empâtée qui imite les strates de la roche et par son travail monochrome de camaïeu ocre.
Au vue des photographies, il s’agit certes de pièces magistrales, de grande qualité et de tailles respectables, mais ces images semblent cependant un peu sages et consensuelles. Si elles comptent parmi les plus belles œuvres proposées actuellement par le marché d’art, elles ne sont pas les plus fortes, ni les plus plaisantes, qu’on ait vues récemment de ces trois artistes dont plusieurs tableaux passent régulièrement en vente. Le Musée Getty affiche l’ambition de rivaliser un jour avec des pinacothèques comme Edimbourg ou Cleveland, mais pour cela, il lui faudra éviter le danger qui guette la plupart des grands musées aux décisions collégiales : un choix impersonnel et un échantillonnage de grands noms.
Lien vers la page Acquisitions du site du Musée Getty (on y apprend que le musée a aussi acquis en décembre 2002 le buste de Marie-Sébastien-Charles-François Fontaine de Biré, par Houdon, passé en vente à l’hôtel Drouot en décembre 2002.)


