
Genaro Pérez Villaamil (1807-1854)
Vue de Tolède depuis la croix de Canónigos
Huile sur toile - 90 x 100 cm
Bilbao, Museo de Bellas Artes
8/3/04 – Acquisitions – Bilbao, Museo de Bellas Artes – Il y a dix ans, le débat faisait rage : le Musée des Beaux-Arts de Bilbao, l’une des plus belles et des plus variées collections permanentes d’Espagne, allait-il être écrasé par le Guggenheim Bilbao alors en projet ? Il s’agissait de construire ce qui allait devenir une pompe à touristes pour le Pays Basque, mais les conservateurs craignaient que les crédits pour louer les œuvres à la maison-mère new-yorkaise réduisent ceux destinés à la pinacothèque locale. Finalement, la ville et la Région basque ont joué la complémentarité entre les deux institutions. Le musée a été rénové, agrandi, et surtout a bénéficié d’une signalétique dans la ville et d’une couverture médiatique comparable à son « rival » moderniste. Depuis une dizaine d’année, il achète régulièrement des peintures majeures, ce qui permet de les maintenir définitivement dans la Péninsule car faisant souvent double emploi avec celles du Prado, elles auraient, sans cela, quitté le pays (Pantoja de la Cruz, Pedro Orrente, Jacob Jordaens, Antonio Moro, Luis Paret, œuvres du XXe siècle).
Le musée vient cette année de s’enrichir de plusieurs paysages de maîtres espagnols du XIXe siècle, par Santiago Rusiñol, Joachim Mir, Aureliano de Berruette y Moret et Isidoro Nonnel. Mais l’acquisition la plus impressionnante est une Vue de Tolède depuis la croix de Canónigos par Genaro Pérez Villaamil (1807-1854), négociée 228 000 €1. Avec sa composition en abîme et son poudroiement ensoleillé et doré, presque à la Turner, elle rappelle que le site, de plus en plus visité alors par les touristes, avait déjà inspiré plusieurs peintres anglais dont David Roberts. Pérez Villaamil passe pour être le plus important paysagiste du Romantisme espagnol. Galicien, il s’installe à Madrid dès 1834 où il négocie plusieurs de ses tableaux avec le Baron Taylor pour le compte de Louis-Philippe. Ce dernier lui donnera la Légion d’Honneur. Nommé Pintor de Camará en 1840, il publie alors España Artistica y Monumental2, voyage en France à deux reprises, en Belgique et en Hollande. Au Salon de 1846, une de ses toiles obtient une critique élogieuse de la part de Charles Baudelaire. En France, où l’artiste reste méconnu, le Cabinet des Arts Graphiques du Louvre possède une de ses aquarelles (Fête dans un palais : salle richement décorée) depuis 1982.
