100 oeuvres restaurées du musée de Libourne


Auteur : Marguerite Stahl

IMG/jpg/Couverture_Libourne.jpg Il y a des publications qui valent bien (et même bien plus !) des expositions (est-ce déplacé de le dire ?) et puis, il y a des restaurations (ill. 1) qui valent bien des acquisitions … Par nécessité autant que par inclination et choix délibéré, le musée de Libourne s’est fait grand restaurateur et maigre acquéreur. Mais quel impressionnant bilan que celui que nous livre l’énergique et insatiable Marguerite Stahl : une large campagne de remises en état ponctuée de redécouvertes et de réhabilitations, entamée en 2003 par le musée et la ville de Libourne, avec bien entendu le soutien de la DRAC Aquitaine, du Conseil Général de la Gironde et de l’association des amis de Libourne1. On s’en avise par un fort nourrissant catalogue publié en juin 2009, aux compétentes Editions du Festin à Bordeaux, toujours si heureusement sur la brèche, qui présente quelque cent peintures et sculptures du musée, restaurées en six ans à peine, exploit digne d’être salué et qui constitue le couronnement d’une carrière (Marguerite Stahl vient de partir à la retraite. Qui ne la regrettera !).


1. Pierre Jérôme Lordon (1780-1838)
L’Arrestation de saint Marc,
en cours de restauration
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Libourne

2. Jean-Louis Nicolas Jaley (1802-1866)
Buste du duc Elie Decazes, vers 1830
Plâtre - 68 x 60 x 32 cm
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Libourne


Trois lignes de force au moins se dégagent d’un tel bilan, en fonction même des richesses de la collection et, disons-le aussi, des choix avisés, courageux même, de la conservatrice qui apparemment ne craint pas la peinture difficile. D’abord, en conséquence de la décisive action très politique de l’intelligent et hyper-actif Elie Decazes (ill. 2), ce subtil royaliste modéré2, devenu ministre et duc par la faveur royale de Louis XVIII qui, tout à la fois, fonde de facto le musée de Libourne en 1818-18193 et, un peu plus tard – en 1829 –, développe le site industriel bien nommé de Decazeville4, tout un ensemble de tableaux d’histoire comme l’on en voit et restaure peu, justement, de ces tableaux « modernes » des années 1810-1820 qui rendent si intéressant et si rare le musée de Libourne, et qui avaient certes besoin d’être soignés voire sauvés, eu égard à une relégation quasi forcée qu’imposent souvent les préjugés du goût à l’encontre de la grande peinture dite académique (?) du XIXe siècle. La pièce de résistance, et chef-d’œuvre évident, est l’immense Lordon, une Arrestation de saint Marc5 de presque 5 m de haut (ill. 3), issue du Salon de 1819, roulée depuis bon nombre d’années, et ayant nécessité une remise en état (un sauvetage plutôt !) qui se révèle spectaculaire (la restauration commencée en 2007 est à présent achevée). Un tableau d’excellente et puissante rhétorique néo-classique, qui défie les habituelles classifications restrictives et qui s’impose par de sonores plages de couleurs efficacement cloisonnées, des gestes déclamatoires (au bon sens du mot), solidement dessinés, invinciblement lisibles, un clair-obscur résolument unificateur enfin, autant dire une façon de peindre qui se situe entre David et Géricault, entre Heim, Guérin et Ingres. On se réjouira de pouvoir profiter à nouveau d’une pareille leçon de monumentalité – très porteuse d’émotion – qui vient conférer grandeur, sérieux et respect à l’institution du Musée (temple de l’Art comme une église …).

3. Pierre Jérôme Lordon (1780-1838)
L’Arrestation de saint Marc, Salon de 1819
Huile sur toile – 466 x 371 cm
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Libourne

L’heureuse politique de Decazes en faveur de Libourne s’affirme encore avec une Reine Blanche, mère de saint Louis délivrant les prisonniers d’Eugénie Servières6 (envoi de 1820) et le Christophe Colomb montrant ses fers aux Rois catholiques de Pierre-Roch Vigneron7 (encore une œuvre du Salon 1819, expédiée à Libourne dès 1820), du pur historicisme garanti qui ne peut que ravir le moderne spectateur saturé de peinture pure anti-sujet (s’il aime l’histoire et la nostalgie du passé, il appréciera même le devoir un peu compassé, presque ethnographique… qu’est la Réception à Bordeaux du duc et de la duchesse d’Angoulême en 1815, due au davidien Rolland, de 18178). Peintres rares, jamais ou très peu vus, que rejoint à la même date tel oublié des magasins de l’Etat depuis le Salon de 1799, L’Etat primitif de l’homme de Jean-Charles Nicaise Perrin9, inspiré de Lucrèce et montrant un savant déploiement de nus dans la parfaite tradition hollandisante et glacée de Werff et de Lairesse, au point de soutenir sans difficulté la comparaison avec les modernes célèbres de l’époque que sont Regnault, Gérard ou Girodet. Ces envois d’Etat s’étendent bien entendu à la peinture ancienne : cela vaut à Libourne l’un des plus beaux caravagesques des collections françaises, le magistral Jésus chassant les vendeurs du Temple de Bartolomeo Manfredi10 aux rouges sonores, au mâle relief, une saisie Braschi de 1798 que les conservateurs du Louvre ne surent pas retenir en 1819 face à l’entregent du perspicace Decazes et peuvent bien regretter depuis … Autre bel envoi et autre heureuse restauration, le Jacob retrouvant Joseph en Egypte de Courtin11 (envoi d’avant 1836), témoin de cette agréable et flexible peinture française de transition entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, proche ici d’Antoine Coypel et de Louis de Boulogne, dont Courtin justement fut l’élève. Digne d’attention est encore la Danaé de Cignani12, ce bon disciple de l’Albane qui réinterprète à sa façon fine et serrée le fameux précédent de Titien (aujourd’hui au musée de Naples), un très pédagogique envoi de 1819 qu’il n’était donc pas incongru de faire restaurer, car les copies anciennes de qualité, forcément soumises à la liberté du créateur (on n’est jamais un copiste absolu !), se doivent d’intéresser désormais l’amateur comme l’historien d’art. On en dira autant de tel Vénus et Amours de Marco Liberi13, transposant dans la langue baroque du XVIIème siècle la grande leçon vénitienne de Titien et de Véronèse. Pour le bon ordre des choses, signalons aussi la restauration d’un rare dépôt - de 1876 cette fois -, un harmonieux paysage historique de Vanderburch14, lié à un concours de 1794, dans l’esprit de Valenciennes : restaurer l’obscur Vanderburch, quelle vertueuse conscience muséologique ! Mémorable enfin, quoique non liée à des envois ou dépôts d’Etat, est la réhabilitation d’un capital Charles-Louis Muller, La famille royale [de Louis XVI] à Trianon15, donné bravement au musée en 1934, un attendrissant ex-voto royaliste dans la manière impeccable et suavement réaliste de Winterhalter (ill. 4).

4. Charles-Louis Muller (1815-1892)
La Famille royale à Trianon, vers 1850-1860
Huile sur toile – 97 x 75 cm
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Libourne

5. Antonio Amorosi (1660-1738)
Couple d’enfants
Huile sur toile - 127 x 97 cm
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Libourne

Un autre axe de cette campagne de restauration est la mise en valeur d’une collection de peintures léguées en 1895 par Victor Bertal à sa ville natale de Créon16 qui, ne pouvant plus les montrer faute de musée viable, a préféré intelligemment les déposer en 1952 et 2004 à Libourne (les deux villes sont proches), soit, dans un ensemble parfois inégal, venu de Nice où demeurait le collectionneur, quelques bons tableaux anciens que les musées n’auront pas à acheter, comme le Jugement de saint Antoine de Padoue de Van Herp17, un souple cuivre rubénien, et un charmant Couple d’enfants (ill. 5) d’Amorosi18, le très alerte bozzetto tiepolesque qu’est l’Apothéose de saint François de Paule et saint Louis de Gonzague, de Fontebasso19, ou l’attachante Brodeuse à la Bougie20 de Santerre qui rivalise avec les fins et virtuoses éclairages de Schalcken. Ne manquent même pas à la fête quelques Primitifs italiens (suite de trois attachants panneaux du siennois Matteo di Giovanni21 identifiés par le spécialiste de ce genre de tableaux en France, Michel Laclotte), pas si fréquents dans les collections de l’hexagone (il y en a quand même ailleurs qu’à Avignon, fort du regroupement des tableaux Campana !).

Enfin, révérence obligée, mais tout à fait délectable, à Princeteau, la grande gloire picturale de l’endroit, notons les nombreuses et efficaces restaurations d’œuvres de cet artiste22 qui vient d’être mis en valeur dans une belle suite d’expositions (cf.La Tribune de l’Art du 5 juin 2009). Des interventions qui ont porté en ce cas essentiellement sur l’abondant legs Henri Brulle (de la famille de Princeteau même) en 1932 et qui révèlent notamment une facette peu connue de cet artiste, son inclination au paysage – 15 tableaux dans ce genre ont fait l’objet d’une restauration – où il peut se surpasser parfois dans la démesure colorée (Coucher de soleil derrière un arbre23), à côté de scènes équestres d’un répertoire certes plus convenu (qui plaît, il est vrai). Mais Marguerite Stahl a montré toute sa sagesse en faisant porter aussi l’effort sur les très grands formats, soit ruraux soit militaires, ce qui veut dire deux toiles hors pair, déconcertantes sinon agressives au meilleur sens du terme, l’Arrivée au pressoir de 1889, salvateur achat du musée en 1991, et la Patrouille de Uhlans de 1872, fascinant point d’orgue de la série des expositions Princeteau conclue cette année même (voir la Tribune de l’Art du 5 août dernier). C’est une bonne idée que d’avoir accompagné la réhabilitation de Princeteau de celle de John Lewis Brown, un Bordelais qui était son contemporain et qui donne lui aussi dans l’équestre et le paysage (deux tableaux du fonds de la Récupération, de 1873 et 1883, opportunément déposés à Libourne en 1956)24. On fera également un sort à tel charmant tableau d’Achille Zo à la savoureuse sauce ibérique (ill. 6), son Mendiant espagnol25 digne du premier Bonnat et d’Henri Regnault (puissants effets de lumière sur un mur d’église forcément pittoresque), encore un dépôt d’Etat (il y en a eu de fort bons, contrairement à ce que dictent certains préjugés rapides !), remontent cette fois à 1904. Et dépôt encore que la sombre et séduisante Jeune femme à l’éventail26 de Torrents, à la Manet, toujours d’ambiance espagnole, envoyée à Libourne en 1927.

6. Achille Zo (1826-1901)
Le Mendiant espagnol, vers 1860-1870 l
Huile sur toile - 56 x 38 cm
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Libourne


Entre dépôts et bonne utilisation des œuvres disponibles en réserve, avec ou sans acquisitions, nos musées ont tout à fait de l’avenir, pourvu qu’ils le veuillent : voyez comme ils le font si bien, à Libourne par exemple, et qu’ils ne s’arrêtent pas en si vertueux chemin !

Marguerite Stahl, 100 œuvres restaurées du musée des Beaux-Arts de Libourne, Bordeaux, Le Festin, 2009, 207 p., 20 €. ISBN 978-2-915262-96-4. Toutes les œuvres sont reproduites en couleurs. Un constat d’état et le résumé des interventions effectuées sont donnés dans chaque notice.

A signaler en outre un numéro spécial de la revue Le festin en Aquitaine, n° 69, printemps 2009, sous le titre Les Magiciens du patrimoine, 144 pages (à propos de Libourne, voir Cécile Navarra-Le Bihan, « Dans les coulisses d’une restauration », p. 44-49). ISBN 975-2-915262-91-9.


Jacques Foucart, jeudi 12 novembre 2009


Notes

1. Détail appréciable, le coût total de l’opération : 358 178 euros, est indiqué avec les financements respectifs à la p. 7 du catalogue commenté ici.

2. Elie Decazes (Saint-Martin-de-Laye, Gironde, 1780 – Paris, 1860). A signaler le fort beau buste en plâtre du duc Decazes réalisé dans les années 1830 par Jean-Louis Nicolas Jaley (1802-1866), déposé par l’Etat au musée de Libourne en 1836 et restauré en 2006 grâce aux Amis des musées de Libourne (cat. 99, p. 198-201). Le buste s’inspire d’un flatteur portrait peint par Gérard et connu par la gravure (1816). De cette sculpture en plâtre heureusement sauvegardée découlait en partie le grand bronze en pied qui fut commandé à Jaley en 1861 pour être érigé sur la place Decazes à Libourne, mais qui ne devait pas échapper en 1942 à la campagne de fonte ordonnée sous Vichy pendant la dernière Guerre (elle fut remplacée en 1951 par une sculpture de Maxime Real del Sarte, laquelle orne maintenant les allées Robert Boulin à Libourne). A l’évidence, ce Decazes à la fulgurante et pourtant éphémère trajectoire politique (simple juriste au temps de l’Empire, préfet de police sous Fouché après Waterloo, ministre de la Police générale de 1815 à 1818 puis ministre de l’Intérieur, enfin Président du Conseil et toujours ministre de l’Intérieur jusqu’en 1820), ce talentueux Decazes sur lequel s’appuya avec succès Louis XVIII pour, selon sa formule, « royaliser la France et nationaliser la monarchie », fut comme un fils et un héritier pour le vieil – et ingrat – Louis XVIII –, finalement rejeté par les manœuvres du parti ultra, et en quelque sorte éloigné comme ambassadeur à Londres, si bien qu’après 1821, il ne joua plus qu’un rôle politique secondaire , cet étonnant capitaine d’industrie au surcroît et moderne législateur, eût mérité d’être célébré, par exemple à l’occasion du 150 ème anniversaire de sa naissance, en 2010, – comme le projet – exposition et colloque – en avait été un temps envisagé mais semble n’avoir pas abouti, nous apprend Mme Stahl. – Sur Decazes, on pourra déjà consulter la petite mais alerte évocation de son rôle politique sous la Restauration, due à Benoît Yvert dans le Dictionnaire des ministres de 1789 à 1989, Paris, Perrin, 1990, p. 122-125.

3. Le musée de Libourne existe vraiment à partir de 1835, date à laquelle sa gestion devient municipale. Un premier catalogue du fonds paraît en 1836 avec 35 numéros. Au départ, dans les années 1818-1820, il s’agit exactement d’un « Athénée », autrement dit d’une école de dessin et d’art.

4. En 1826, Decazes avait fondé une société pour développer l’exploitation du charbon et du fer en Aveyron, prélude à Decazeville.

5. Pierre-Jérôme Lordon (1780-1838), cat. 69, p. 138-141 avec 4 reproductions (ensemble et détails), T. H. 0,465 ; L. 3,71. Signé et daté en bas à gauche : Lordon 1819. Paris, Salon de 1819, n° 780. Envoi du ministère de l’Intérieur, 1820. – Restauré en trois étapes, de 2007 à 2009, la restauration s’étant faite sur place au musée et en partie sous les yeux du public. – Un autre grand Lordon, Henri IV à la bataille de Coutras, passa plus tard de Libourne (envoi de 1828) à Pau, ayant sans doute été jugé encombrant. A présent, en dépôt au château de Nérac (depuis 1953).

6. Eugénie Servières (1786-1832), cat. 14, p. 34-35. T. H. 1,41 ; L. 1,09. – Restauré en 2004.

7. Pierre-Roch Vigneron (1789-1872), cat. 73, p. 146-147. T. H. 1,87 ; L. 1,61. Signé et daté en bas à gauche : Vigneron 1819. Paris, Salon de 1819, n° 1180. Envoi du ministère de l’Intérieur, 1820. – Restauré en 2008.

8. Benjamin de Rolland (1777-1855), cat. 1, p. 8-9. T. H. 2,08 ; L. 3,28. Signé et daté en bas à droite : Rolland F 1817. Acquis par l’Etat en 1816. Envoi du ministère de l’Intérieur, 1820. – Restauré en 2004.

9. Jean-Charles Nicaise Perrin (1754-1831), cat. 55, p. 112-113. T. H. 2,41 ; L. 2,52. Paris, Salon de 1799, n° 251 (Prix d’encouragement). Acquis alors par l’Etat. Envoi du Louvre à la demande de Decazes, 1820. – Restauré en 2005 (le tableau était roulé depuis longtemps, déchiré et en très mauvais état …). – De ces mêmes envois de 1820 faisaient partie des peintures, encore relativement « modernes », de Louis-Jean-François Lagrenée (1725-1805), Dentatus refuse les présents des Samnites, 1777, tableau qui, lui, n’a pas eu besoin d’être restauré, de Pierre-Nolasque Bergeret (1782-1863), L’enfance de Michel de Montaigne, lui aussi exempté de restauration, de Jean-Joseph Taillasson (1745-1809), tandis que l’Andromaque au tombeau d’Hector du même, Paris, Salon de 1800, n° 723 (Prix d’encouragement), semble avoir hélas disparu depuis bon nombre d’années (le conservateur du musée, Léo David, écrit en 1934 que, déjà à son arrivée à Libourne en 1896, il ne l’avait pas vu, et il suppose que ce tableau avait dû être endommagé et perdu par suite d’infiltrations d’eau sur l’un des murs de la grande salle du musée : typique misère de tant de musées locaux … Mme Stahl nous assure – communication de septembre 2009 – l’avoir cherché partout en vain dans le musée et autres bâtiments municipaux). – Enfin, il faut mentionner le Saint François de Sales donnant la règle de la Congrégation à Sainte Jeanne de Chantal de Joseph Benoît Suvée (1743-1807), tableau signé et daté de 1788, retiré du Château de Versailles en 1818 et expédié à Libourne toujours à la demande de Decazes ; il n’intégra pas cependant le musée de Libourne mais resta à l’église Saint-Jean-Baptiste de cette ville où il se trouve toujours. En 2008, Mme Stahl avait essayé de le faire restaurer mais elle ne fut malheureusement pas suivie par la ville. Apparemment, le sujet, religieux, intéressait peu… Ne pourrait-on alors envisager le transfert de ce tableau qui est juridiquement une « concession », à Moulins, où vient de s’ouvrir un Musée de la Visitation, l’ordre fondé par la sainte justement, sinon à Annecy où elle est enterrée ? – De la bonne utilisation des tableaux déposés par l’Etat …

10. Bartolomeo Manfredi (1582-1622), cat. 2, p. 10-11. T. H. 1,61 ; L. 2,44. Transféré du Louvre à Libourne en 1819 ; il fut longtemps placé à l’église Saint-Baptiste de cette ville et se trouve déposé au musée depuis 1987. – Restauré en 2003. Pour mémoire, doit être mentionnée parmi les tableaux d’origine « Decazes » la Visitation de l’un des frères Lenain (Louis ou Mathieu), dirigée par Decazes sur l’église de Saint-Denis de Piles (à 10 km de Libourne) et bien connue depuis les expositions de Londres (Age de Louis XIV) et de Paris (Les Le Nain) de 1958. Une grande Madeleine de Jean Prudhomme (1686-1726), envoyée à Libourne, cette fois encore en 1818, est toujours en place à l’église Saint-Jean-Baptiste de Libourne, tout comme une Pentecôte dite de l’école de Le Brun. Bordeaux bien entendu bénéficia également des démarches de Decazes. A défaut d’une exposition regroupant les tableaux « Decazes » (cf. note 2), une étude d’ensemble serait hautement souhaitable, permettant de faire le point sur ce qui subsiste et ce qui semble égaré ou disparu.

11. Jacques-François Courtin (1672-1752), cat. 76, p. 152-153. T. H. 0,94 ; L. 1,30. – Restauré en 2008.

12. Carlo Cignani (1628-1718), cat. 75, p. 150-151. T. H. 1,21 ; L. 1,78. Envoi de 1819. – Restauré en 2008

13. (Attribué à) Marco Liberi (vers 1640-après 1687), cat. 21, p. 48-49. T. H. 1,08 ; L. 1,55. Déposé par le Louvre (INV. 861bis en 1972). – Restauré en 2005. Identification d’Arnauld Brejon de Lavergnée.

14. Jacques-André-Edouard Vanderburch (1761-1803), cat. 15, p. 36-37. T. H. 0,73 ; L. 0,99. Signé en bas, à gauche, JE Vanderburch pinxit. Déposé par le Louvre (INV. 3090) en 1876. – Restauré en 2004. Selon l’Inventaire du Louvre, ce tableau correspond à l’« esquisse » de Vanderburch ayant reçu un Prix d’encouragement au Concours de l’An II (1794) organisé par le Comité de Salut public. Le sujet (avec une certaine indécision quant à la bête représentée en train d’attaquer le héros de l’épisode : un ours en théorie qui a plutôt l’apparence d’un loup !) et les dimensions (en comprenant le cadre) conviennent autant que la provenance de l’œuvre (le fonds du Louvre dès avant la Restauration). On a trop vite avancé que ce prix d’encouragement paraissait perdu (voir en ce sens Van de Sandt dans la Revue de l’art, p. 83, 1989, note 37 p. 76 ; Br. Gallini, cat. expo. La Révolution et l’Empire, Paris, Grand Palais, 1989, t. III, p. 829). Vanderburch exécuta ensuite un grand tableau – assez différent – sur le sujet, exposé à Paris, Salon de 1799 (n° 325). Il fut acquis de la veuve de l’artiste en 1820 et déposé par le Louvre (INV. 3092) au musée de Béziers en 1872 (T. H. 3,60 ; L. 2,40) ; repr. dans M. Stahl, cat. expo. La peinture d’histoire au musée des Beaux-Arts de Libourne, 2004, p. 69). Malheureusement, ce tableau a souffert et a été trop fortement restauré, si bien qu’il n’est pratiquement pas exposable. Du coup, la peinture de Libourne n’en est que plus intéressante. Au nombre des tableaux anciens restaurés dont il est question ici, on peut encore signaler au moins pour sa provenance historique, le Ravitaillement d’un navire dans une crique d’après Willem van de Velde le Jeune (vers 1641-1693), cat. 100 œuvres restaurées, n° 24 p. 54-55. T. H. 0,45 ; L. 0,53. Signé en bas au milieu : W. v. Velde. Il s’agit d’une peinture prélevée (en 1809) par Vivant Denon dans la galerie de Vienne et remise à Libourne, toujours grâce à Decazes, en 1819. – Restauré en 2005. Absent de l’imposant corpus de l’œuvre peint des Velde père et fils par M. S. Robinson, Greenwich, 1990, ce tableau est généralement considéré comme un travail d’imitateur du XVIIIème siècle. Il reste d’une apparence agréable. En revanche, du même envoi « Decazes » de 1819, provenant du Louvre et, plus encore, de la collection de Louis XIV (n° 411), le Campo Vaccino de 1620, de Cornelis Poelenburgh (jadis Breenbergh), est un tableau de premier ordre, très voisin de l’exemplaire du Louvre (INV. 1083), et signalé à tort comme disparu dans la monographie de Breenbergh par Marcel Röthlisberger (1981, n° 15 p. 31). Mais ce tableau-là n’avait pas besoin d’être restauré et ne figure donc pas dans la publication de Mme Stahl en 2009.

15. Charles-Louis Müller (1815-1892), cat. 13, p. 32-33. T. H. 0,97 ; L. 0,75. Signé en bas à gauche : C L Müller. – Restauré en 2004.

16. Sur cette collection et les péripéties de son installation à Créon puis à Libourne, voir la publication détaillée de M. Stahl, Eloge du collectionneur Antoine-Victor Bertal, Bordeaux, Le Festin, 2006.

17. Willem van Herp (1614-1677), cat. 26, p. 58-59 (restauration, 1 ère tranche, 2005) et n° 74 p. 148-149 (restauration, 2 ème tranche, 2008). Cuivre. H. 0,70 ; L. 0,88. D’autres versions sont à signaler à Ségovie et à Dijon (Musée Magnin). Ce dernier figure dans le répertoire donné à la fin du catalogue de l’exposition du Siècle de Rubens dans les collections publiques françaises, Paris, Grand Palais, 1977, mais l’exemplaire de Libourne nous était alors resté inconnu.

18. Antonio Amorosi (1660-1738), cat. 29, p. 64-65. T. H. 1,27 ; L. 0,97. – Restauré en 2004. Le symbolisme des colombes (l’une tient dans son bec un papier avec l’inscription explicite macula non est in me) est remarquable.

19. Francesco Fontebasso (1709-1769), cat. 33, p. 72-73. T. H. 0,33 ; L. 0,23. – Restauré en 2005. L’attribution à Fontebasso revient à Eric Pagliano. Le dépôt à Libourne remontant seulement à 2004, le tableau est donc resté pratiquement inconnu jusqu’à cette date.

20. Jean-Baptiste Santerre (1658-1717), cat. 25, p. 56-57. T. H. 0,81 ; L. 0,66.

21. Matteo di Giovanni (1709-1769)., cat. 5-7, p. 16-21, 3 panneaux relatifs à la légende de Romulus et Rémus. B. H. 0,27 ; L. 0,35 chacun. – Restaurés en 2004. L’attribution en fut faite en 1958. On appréciera que la remise en état de ces rares tableaux ait pu être enfin effectuée, presque 50 ans après leur découverte…

22. René Princeteau (1843-1914), cat. 50-51, p. 102-104, n os 56-68 p. 114-137, n os 79-80 p. 156-163, n os 83-89 p. 168-177. – Restauration s’échelonnant de 2005 à 2009.

23. Cat. 62. T. H. 0,72 ; L. 0,59. Legs Henri Brulle, 1937. Une œuvre d’une qualité exceptionnelle par son effet de soleil couchant.

24. John Lewis Brown (1829-1890), cat. 8 (Hussard, 1883) – 82 (Bord de rivière, 1873) p. 164-167. – Restaurés en 2008. Le 81 (MNR 954) et le 82 (MNR 955) ont été étudiés par Anne Roquebert dans le Catalogue de peintures MNR (par C. Lesné et A. Roquebert), Paris, R.M.N., 2004, p. 288-289 (référence absente du cat. des 100 œuvres restaurées)

25. Achille Zo (1826-1901), cat. 90, p. 178-179. T. H. 0,55 ; L. 0,38. Envoi d’Etat, 1904. – Restauré en 2009.

26. Stanislas Pierre Torrents y de Amat (1839-1916), cat. 91, p. 180-181. Envoi d’Etat, 1927. – Restauré en 2009.



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