Ernst Stückelberg (1831-1903)


Bâle, Kunstmuseum, exposition terminée le 28 septembre.

C’est peut-être grâce à sa fière Jeanne d’Arc entrée il y a quinze ans dans les collections du musée de Reims et présentée jusqu’au 1er septembre à celui de Rouen, que beaucoup ont récemment découvert l’artiste suisse Ernst Stückelberg, peu connu aujourd’hui en France mais très populaire dans son pays1. A l’occasion du centenaire de sa mort, le Kunstmuseum de Bâle, sa ville natale, lui consacre une rétrospective.

Élève de Gustave Wappers à Anvers, Stückelberg séjourna à Paris de 1853 à 1856, puis étudia à Münich. Après un séjour de quatre ans en Italie, il s’installa à Bâle en 1867. Son style est parfois proche de celui d’Ernest Hébert (les scènes italiennes), d’Anselm Feuerbach, du Millais tardif (La Tombe), ou d’Albert Anker dans ses portraits d’enfants si prisés (et reproduits sur les boîtes de chocolats suisses ; le musée d’Orsay en conserve un joli exemple, le Portrait de son fils). Peintre pompier au sens le plus noble du terme, réaliste (Processions mariales dans les Sabins, Le dernier des Hohen-Rhätier, La Peste de Bâle), il échappe à l’académisme par une légère influence symboliste reçue de son ami Böcklin et de Holder et qui se traduit parfois par une ambiance étrange et crispée (Sapho).

Une dizaine de salles classent ses peintures par sujets (le portrait, le paysage, la scène historique, la scène de genre,...) ce qui rend difficilement compréhensible l’évolution et même l’appréciation de l’artiste, car c’est un peintre inégal obligé de réaliser nombre de portraits de commandes, de grosses bourgeoises locales et d’enfants sages, des scènes attendrissantes compassées d’où émergent cependant une vingtaine de réelles réussites qui méritent le détour, même si ses plus beaux tableaux, la Jeanne d’Arc et surtout les peintures murales de la chapelle de Tell sont absents (le cycle consacré à Guillaume Tell, qui mêle art monumental classique et symbolisme, est évoqué par des esquisses).

Catalogue (en allemand) 38 francs suisses

Site du musée de Bâle


Jérôme Montcouquiol, samedi 30 août 2003


Notes

1. La monographie sur l’artiste est parue en 1931 à Paris, en français, accompagnée d’une rétrospective à la galerie Charpentier.



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