Interview de Guy Cogeval, président du Musée d’Orsay


local/cache-vignettes/L270xH289/Photo_Cogeval-31536.jpgUn peu plus d’un an et demi après sa nomination à la tête du Musée d’Orsay, Guy Cogeval organisait il y a deux jours une conférence de presse pour présenter notamment le chantier qui va permettre une réorganisation des collections. A cette occasion, il nous a accordé une interview où nous avons pu aborder toutes les questions, notamment celles sur les expositions itinérantes et payantes qui vont permettre de financer une grande partie de ces travaux.

Il y a un an, vous présentiez votre programme à venir (voir l’article). Y figuraient des travaux qui vont modifier assez profondément l’aspect du musée tel qu’il a été conçu par Gae Aulenti. On a longtemps craint de ne rien pouvoir bouger faute de son accord. Or, il semble qu’elle ait donné son quitus à votre projet ?

Les choses peuvent évoluer, petit à petit. Le musée que nous a laissé Gae Aulenti est tout de même magnifique, avec notamment une splendide allée de sculpture dont j’espère qu’elle ne sera jamais changée par mes successeurs. Il est tout à fait possible de travailler dans cette architecture. Lorsque je suis arrivé à la tête du musée, il y a un an et demi, l’une de mes premières décisions avait été de la rencontrer afin de lui parler des changements que je voulais faire. Elle nous avait donné son autorisation. La semaine dernière, elle est revenue et a confirmé son accord. Elle a même été littéralement enchantée par les galeries Chauchard et Moreau-Nélaton telles que nous les avons revues, trouvantson architecture encore plus belle avec cette couleur verte choisie par Hubert Le Gall. C’est très important pour nous d’avoir la caution de l’architecte, alors que le projet va dans une direction complètement o pposéeà la sienne. Les cimaises et les mises à distance ont été modifiées, le rapport avec l’œuvre d’art est radicalement changé... Gae Aulenti a même remarqué que nous avions installé dans les galeries des lampes Solux et elle est a été véritablement étonnée par la qualité de l’éclairage.

Les lampes Solux ?

Ces lampes ont été créées il y a deux ou trois ans. Je les ai vues fonctionner au musée de Cologne et je ne l’ai pas reconnu avec ce nouvel éclairage : la collection était vraiment exaltée par ces lampes qui ont une qualité de définition de la lumière exceptionnelle. Elles ont rendu une certaine vérité au Déjeuner sur l’herbe.

Elles reproduisent un peu la lumière du jour ?

Oui, cela ressemble beaucoup à la lumière du jour. Ce n’est pas tellement plus cher que les autres techniques d’éclairage. Le musée d’Essen, qui va rouvrir l’année prochaine dans un nouveau bâtiment, a également opté pour ces lampes. Un certain nombre de musées défendent maintenant ce système, même si je ne sais pas ce qu’on fera après 2016, puisque toutes les lampes halogènes seront interdites à la vente.

Même pour les musées ?

Pour tout le monde. C’est une mesure aveugle prise par la Commission de Bruxelles. Cela devrait être revu au cas par cas parce que les musées ne peuvent pas vivre sans lumière.

Pendant les travaux, le musée reste ouvert ?

On aurait pu faire comme le musée Picasso et fermer pendant deux ans mais je m’y suis refusé. Certains agents de surveillance de ce musée travaillent d’ailleurs provisoirement à Orsay. Pendant la fermeture partielle, tous les agents de surveillance resteront chez nous. Ils bénéficieront durant cette période de formations qui seront payées par le musée. Pendant les travaux, nous allons vivre sur deux niveaux. Le niveau médian, tout le premier étage et les galeries latérales resteront ouverts. Le grand mouvement que nous faisons est très simple à expliquer : les plus belles œuvres Impressionnistes de nos collections qui se trouvent normalement dans les galeries des hauteurs, vont être présentées pendant quatorze mois dans la galerie Lille, au rez-de-chaussée. Celle-ci redeviendra une galerie du Second Empire après les travaux.

Quelles ont été les évolutions par rapport aux principes proposés il y a un an ?

Il n’y a pas eu d’évolution. Il y a eu surtout l’acceptation de Gae Aulenti, qui est même d’accord pour modifier la salle des colonnes au dernier étage où se posent des problèmes de sécurité des œuvres. Ces colonnettes étaient particulièrement peu pratiques car on ne pouvait pas regarder les tableaux, la Charmeuse de serpent du Douanier Rousseau par exemple, sans s’y heurter. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elles n’étaient pas du tout de l’époque du bâtiment et aucune n’est portante ; elles avaient été installées par Gae Aulenti comme un décor, et elle accepte qu’on les enlève. On va transformer cet espace en salles d’expositions d’art et essai, plus limitées, comme pouvait l’être Masques. Une exposition programmée sera consacrée aux Lutteurs de Courbet, l’un de ses trois plus beaux tableaux qui représente deux lutteurs en gros plan, et qui n’a pas été présenté dans la récente rétrospective organisée par Laurence des Cars. Ce tableau pourra venir parce que l’interdiction de sortie du territoire hongrois a été levée. Nous avons beaucoup prêté au musée de Budapest pour l’exposition Gustave Moreau et pour une exposition remarquable sur Cézanne qu’ils présenteront l’année prochaine. En échange ils nous prêteront les Lutteurs ce qui permettra de faire une superbe exposition-dossier sur ce thème, avec Thomas Eakins, avec Paul Gauguin, avec Paul Sérusier, les luttes bretonnes, Hokusaï, etc.

Ce sera au moment de la réouverture ?

Non, auparavant nous inaugurerons ces salles en octobre 2010, avec une exposition consacrée au meilleur photographe pictorialiste de la Sécession viennoise, Heinrich Kühn. Cela permettra de proposer quelque chose au public avant la fin des travaux qui se termineront en mars 2011. Ce sera le premier espace à être rouvert.

Mars 2011 ? Les travaux seront donc très rapides.

Je suis heureux que vous le disiez. Les travaux du pavillon amont où se trouvaient les salles d’architecture, étaient votés un an avant que j’arrive. Ils sont financés grâce à des crédits d’Etat. Il s’agissait de créer cinq étages, là où il n’y en avait pas. Le programme n’était pas entièrement défini même si l’on savait déjà qu’il accueillerait des arts décoratifs. Tout cela s’est précisé depuis mon arrivée. Le chantier a été confié à L’Atelier de l’Ile avec qui nous nous entendons très bien. Nous nous sommes cependant aperçus que le budget allait dépasser nos prévisions. On a surtout constaté que la circulation à l’intérieur de la galerie des Impressionnistes deviendrait quasiment impossible pendant ces travaux. Il aurait fallu, pendant un an, faire rentrer le public par le Café des hauteurs, puis dans la galerie des Impressionnistes pour lui faire rebrousser chemin dans cette même galerie. On ne pouvait pas mettre en place deux sens de circulation dans ces salles, cela aurait mis la collection en danger. Donc, de proche en proche, on s’est finalement dit qu’il était plus logique de réaliser tout de suite ce qu’on voulait faire dans un délai de quatre ou cinq ans. C’est pour cette raison que les travaux ont pris cette ampleur.

Qui a gagné le concours pour l’aménagement ?

C’est Wilmotte, qui a proposé un projet tellement remarquable qu’il a été choisi à l’unanimité. Il a pris très au sérieux la confrontation avec Gae Aulenti qu’il admire beaucoup par ailleurs. Il fait partie de ces architectes qui deviennent de plus en plus exigeants. Ce qu’il faisait ne m’intéressait pas beaucoup il y a vingt-cinq ans, aujourd’hui je trouve que ses réalisations sont remarquables.

Venons en maintenant aux expositions organisées entre maintenant et la réouverture...

Dès octobre, il y aura une rétrospective James Ensor et l’exposition Art nouveau revival consacrée à la manière dont les années 1960 ont considéré l’Art Nouveau. C’est une exposition que Philippe Thiébaut, le directeur de la conservation, portait en lui depuis 15 ans. J’ai voulu la programmer car j’admire énormément son travail. Je souhaite montrer au musée comment le XXe siècle a intégré l’art du XIXe, ce que nous avons commencé à faire avec les collages de Max Ernst. Pendant ces deux expositions, les collections commenceront à être redéployées en prévision des travaux. On déplacera les œuvres Post-Impressionnistes et on fermera la salle des colonnes pourfaire des essais de couleur avant que l’on commence vraiment à y travailler. Et vers la fin du mois de novembre, on fermera les galeries Impressionnistes. Il y aura donc un creux de dix jours pendant lequel on ne pourra pas du tout voir de peinture Impressionniste dans le musée. Un billet à tarif réduit sera vendu pendant cette courte période. Puis, on rouvrira la galerie Lille avec l’Impressionnisme et le Post-Impressionnisme vers la mi-décembre. La galerie Lille est actuellement fermée car on y installe des rampes de projecteur qui permettront de présenter ces œuvres.

Ce qui était dans la galerie Lille est en réserve actuellement ?

1. François-Désiré Froment-Meurice (1802-1855)
avec la collaboration de nombreux autres artistes
Toilette de la duchesse de Parme, vers 1847
Argent, cuivre, émail, verre, émeraudes et grenats -
210 x 188 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : D. Rykner

Les objets sont en réserve, ou ont été redistribués dans les salles. Le très beau Nu de Jean-Jacques Henner, qu’on ne voyait pas bien dans la galerie Lille, est tout à coup très bien exposé. On croit que certaines œuvres ont une place définitive, mais il y a parfois des surprises. A l’occasion d’un réaménagement, on peut parfois les mettre encore mieux en valeur, et elles trouvent une nouvelle place définitive. C’est le cas par exemple de la Toilette de la duchesse de Parme qui a été installée dans les nouvelles salles décoratives près de la collection Philippe Meyer. Cette nouvelle présentation fonctionne magnifiquement. Entre le mois de décembre 2009 et mars 2011, l’essentiel de notre collection Impressionniste et Post-Impressionniste sera donc présentée provisoirement dans la galerie Lille. Pendant ce temps, nous enverrons environ 220 œuvres circuler dans deux expositions, ce qui permettra de payer les travaux. En regard de cela nous avons prêté cette année à peu près 2000 œuvres.

Est-ce que vendre des expositions ne pose pas un problème ?

C’est ce que font tous les musées. Notre tutelle trouve remarquable qu’on puisse se débrouiller pour faire ces travaux sans creuser le déficit.

Oui, mais est-ce qu’une fois que les travaux seront faits ce type d’opération continuera ?

Non, c’est une situation exceptionnelle. Il vaut mieux faire circuler les œuvres que les laisser en réserve. Je peux vous dire que c’est un événement historique à Canberra ou à San Francisco. Ils se rendent parfaitement compte que cela ne se reproduira plus jamais. J’ai beaucoup communiqué à ce propos en précisant bien qu’après 2011, on ne pourra pas envoyer autant de chefs-d’œuvre dans des expositions hors nos murs. La fermeture partielle cette année nous en offre la possibilité. Il n’a d’ailleurs pas été facile, alors que l’on est en période de crise, d’obtenir deux millions d’euros pour chaque étape de l’exposition. On ne fera donc plus d’opérations de cette dimension. Cependant, chaque année, il faudra organiser au moins une exposition itinérante, qui nous rapportera entre un et deux millions d’euros.

Mais pas forcément avec les chefs-d’œuvre ?

Dans certains cas si, mais d’une manière beaucoup plus réduite. Tout le monde fait ça. Le Louvre fait ça, le MOMA aussi…

Et à Shangaï ? Pour l’exposition universelle, je crois que vous devez envoyer quelques chefs-d’œuvre hors contexte et sans réel propos.

Il est trop tôt pour en parler car les modalités ne sont pas encore définies. Je trouve que c’est une bonne chose pour Orsay d’être la vedette du pavillon de Shangaï dans un endroit où toutes les garanties muséales de sécurité pour les œuvres sont données. Et nous ne le ferons pas contre paiement. Il s’agit d’une exposition universelle ; il ne faut pas oublier que le bâtiment où nous sommes est né d’une exposition universelle et que nous conservons beaucoup d’œuvres qui ont été produites dans des expositions universelles au XIXe siècle.

Revenons aux expositions dans le musée...

La grande exposition de la rentrée en mars prochain, c’est Crime et châtiment avec Jean Clair et Robert Badinter. La vision par l’art de l’individu criminel à travers le XIXe siècle, entre Géricault et Munch.

Robert Badinter connaît un peu l’histoire de l’art ?

Il connaît très bien la question. Il est collectionneur lui-même. C’est absolument merveilleux d’avoir ces deux hommes. Ce n’est pas l’exposition de monsieur tout le monde. Ils s’entendent bien, d’ailleurs, Robert Badinter comme la personne qui a porté cette idée pendant des années et Jean Clair comme commissaire général.

Et la rétrospective Jean-Léon Gérôme ?

Il faut comprendre quelque chose, c’est qu’en raison des travaux, on ne peut pas faire autant d’expositions que d’habitude. Gérôme viendra après Crime et châtiment. En revanche, on organisera en même temps que cette dernière une petite exposition, dans deux salles, consacrée à Meyer de Haan. Elle est montée en collaboration avec le musée d’Histoire du Judaïsme à Amsterdam où elle aura d’abord lieu. Une troisième étape aura lieu au Musée des Beaux-Arts de Quimper. C’est un joli projet, entre amoureux de Pont-Aven. Il n’y a jamais eu d’expositions sur Meyer de Haan. Au musée d’Amsterdam, ils vont mettre l’accent sur la peinture d’inspiration juive de l’artiste quand il fait du Rembrandt très sombre avec des images de synagogues et de la communauté juive d’Amsterdam, avant qu’il ne parte à Pont-Aven où il est fortement marqué par la lumière de Gauguin. A Orsay, on montrera moins la première période. Gérôme, que l’on fait avec le Getty mais que nous organisons, aura lieu à la rentrée de l’année prochaine. Une troisième étape aura lieu à la fondation Thyssen à Madrid.

Qui en est le commissaire ?

Les commissaires sont Mary Morton pour le Getty et Laurence des Cars, Dominique de Font-Réaux et Edouard Papet pour nous. L’exposition sera vraiment une défense et illustration d’un peintre qui vaut mieux que son étiquette académique, qui, d’une certaine manière, est l’inventeur du cinéma. Pratiquement aucun prêt important ne nous a été refusé. Il y aura aussi l’année prochaine un programme important, la grande rétrospective Monet au Grand Palais, à l’automne 2010. Tout Monet, presque deux cents œuvres viendront du monde entier. C’est une exposition dont je suis le commissaire général et que j’ai vraiment voulue. Il n’y aura pas d’autre étape, il faudra venir la voir à Paris.

A-t-on encore le temps, quand on est directeur d’un musée comme Orsay, de faire de l’histoire de l’art ?

C’est très difficile mais j’espère pouvoir en refaire l’année prochaine.

Mais l’exposition De la scène au tableau qui vient d’ouvrir au Musée Cantini à Marseille, c’est également vous ?

Oui, avec Marie-Paule Viale, mais c’est un projet qui date de l’époque où j’étais professeur à l’Ecole du Louvre. Je ne savais pas alors que cela déboucherait sur une exposition. Pendant des années, alors que j’étais à Montréal, mes anciennes élèves de l’Ecole du Louvre me demandaient pourquoi je n’en ferais pas une exposition. Je ne l’ai pas organisée à Montréal pour diverses raisons mais du jour où j’en suis parti, j’ai commencé à travailler sur ce projet.

C’est un sujet proche de l’exposition que vous aviez faite à Lyon il y a quelques années, Triomphe et mort du héros ?

Ca en est la suite, c’est un second acte, vingt ans après.

Mais ce n’est pas une suite chronologique.

Effectivement. Triomphe et mort du héros m’avait donné envie de faire un cours sur la théâtralité dans la peinture. Et c’est ce cours qui m’a donné envie de faire Les Enfants du Paradis, premier titre qu’on voulait donner à l’exposition de Marseille. A cause des héritiers Prévert, nous avons dû changer le nom.

Et pour les projets un peu plus lointains ?

On ne peut pas vraiment en parler en détail mais il y aura une rétrospective Manet, organisée par Stéphane Guégan, avec l’appui également deFrançoise Cachin. Ce sera l’exposition de réouverture. Et l’autre exposition, dans les salles d’art et d’essai, sera consacrée à la photographie préraphaélite. Il y aura aussi une rétrospective Gallen-Kalela en 2012.

Y-a-t il eu des expositions annulées ou reportées ?

Vers le cinéma a été reportée à 2013 et, surtout, j’ai abandonné Louis II de Bavière. Je suis devenu certainement moins original avec le temps, parce que je dois prendre en compte l’intérêt du Musée d’Orsay. Je veux éviter les déficits. Je suis responsable des finances du musée et comme président bientôt, au 1er janvier, de deux établissements, avec l’Orangerie, je me dois de réfléchir à des finances saines. Je suis donc obligé d’organiser au moins une exposition "blockbusters" chaque année, ce qui n’implique pas que ce soit une mauvaise exposition.

Et Louis II de Bavière, ce n’est pas un "blockbuster" ?

Non, pas du tout. Cela représente un budget très élevé pour beaucoup d’incertitudes. Cela supposait un investissement considérable. Il fallait déplacer son lit... Tout cela est drôle à l’intérieur du cadre d’un château. Tout est faux, tout est toc, tout est peint... Faut-il reconstituer un tel décor alors qu’on a le vrai Versailles à deux pas ? Il aurait fallu une mise en scène importante. Je me sens moins porté par ce projet là. J’hésite aussi à organiser une grande exposition Verdi. Nous allons la redimensionner pour qu’elle ait lieu en 2013, bicentenaire de sa naissance, dans une version réduite.

Vous aviez dit lors de la conférence de presse de l’année dernière que vous vouliez lancer une réunion des directeurs de musées dont les collections du XIXe siècle sont importantes.

C’est fait et cela marche. Il y a un « club » avec les musées de région qui se réunit régulièrement tous les six mois, une fois à Orsay et une fois dans un musée de province à l’occasion d’un événement. II y a un autre club, avec les musées internationaux, qui s’est réuni une fois avec un tout petit peu moins de succès. Ces rencontres permettent de discuter de projets communs. La prochaine réunion du club français aura lieu au Musée des Beaux-Arts de Nantes qui organise l’exposition Fascinante Italie, consacrée à l’influence de l’Italie sur la période Impressionniste et Post-Impressionniste en France. Malgré l’avis réservé de mes conservateurs, je lui ai prêté L’Italienne de Van Gogh car j’estime que les chefs-d’œuvre du Musée d’Orsay doivent aller en province. C’est un des axes de ma politique.

Et le Musée des Impressionnismes, à Giverny ?

En mars prochain on prêtera encore beaucoup à une exposition, L’Impressionnisme au fil de la Seine. Giverny a été un gros succès et j’en suis particulièrement content car cela n’a rien coûté au musée, si ce n’est en prêts et en mobilisation intellectuelle.

Qu’en est-il du musée Hébert, fermé depuis de longues années ?

J’allais oublier de vous en parler : nous avons ouvert une petite salle Hébert dans le musée. Nous faisons évoluer l’accrochage des salles se situant à droite et à gauche de l’allée de sculpture. A droite, par exemple, la première est maintenant consacrée à Ingres et Delacroix, la seconde à Jean Léon Gérôme et la troisième à la peinture d’histoire et au portrait.

2. Maurice Denis (1870-1943)
Paravent aux colombes
Huile sur toile - 165 x 54 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Musée d’Orsay / ADAGP

Mais le musée Hébert lui-même, que va-t-il devenir ?

Pour l’instant rien car je ne sais pas où trouver les 10 à 12 millions d’euros nécessaires pour les travaux qui devraient y être faits. Je suis assez pessimiste sur ce sujet.

Quelques mots sur les acquisitions récentes, dont nous essayons de suivre l’actualité sur ce site.

L’année a été exceptionnelle pour les acquisitions. Nous avons 2 millions d’euros pas an, ce qui peut être considéré comme faible, mais qui est bien davantage que ce dont j’ai jamais disposé. Il y a eu bien sûr les deux achats à la vente Bergé, Ensor et Vuillard1, et le don magnifique de la tapisserie de Burne-Jones2. On a acheté le Paravent aux Colombes de Maurice Denis (ill. 2) et un extraordinaire Cézanne, Paysan assis, est entré grâce à une dation3 . Nous avons aussi acquis un sublime vase de Gallé. Ce ne sont que quelques exemples. D’autres enrichissements très importants sont en cours mais il est trop tôt pour en parler.

Propos recueillis par Didier Rykner


Didier Rykner, vendredi 2 octobre 2009


envoyer l'article par mail envoyer par mail
imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Musées : Interview de Bernard Schotter et d’Arnauld Brejon de Lavergnée

Article suivant dans Musées : Réouverture du Musée Jean-Jacques Henner