Le dessin en Italie dans les collections publiques françaises. Dessins des XVIIe et XVIIIe siècles


Auteurs : Diederik Backhuÿs, Luisa Berretti, Catherine Loisel

On ne peut que s’incliner devant la somme de travail qu’a demandée la réalisation des sept expositions de dessins italiens des XVIIe et XVIIIe siècle conservés dans les musées français. Un nombre considérable de feuilles, jusque là inédites, sortent de l’ombre, des plus grands musées de province aux plus obscures institutions dont on ne soupçonnait pas toujours les richesses.
Il est cependant regrettable que ces expositions soient organisées quasi simultanément. Pourquoi ne pas avoir choisi de les ouvrir à la suite, par exemple à deux mois d’intervalle ? Devant l’impossibilité pour la plupart des amateurs de les voir toutes, chacun hésite. Celle-ci ou celle-là ? Pourquoi privilégier Rome à Naples ? Venise à Gênes ? De simples questions de temps et de budget rendent ces choix cornéliens et, pour finir, nombre d’entre eux n’en sont allés voir aucune et se rabattent sur les excellents catalogues. C’est le cas de l’auteur de cette recension qui parlera de cette titanesque entreprise par le biais des sept ouvrages qui l’accompagnent.

Leur réussite est d’abord éditoriale. Les reproductions sont d’une qualité remarquable, toutes en couleur, chaque volume comporte un index et une bibliographie, les notices sont conséquentes et rédigées par quelques-uns des meilleurs spécialistes du dessin italien. La répartition en sept écoles n’oublie aucun grand foyer et comprend même un tome dédié aux artistes étrangers actifs en Italie, qu’ils soient français ou nordiques.

Deux choix étaient possibles : soit constater les lacunes des collections françaises hors le Louvre, et publier une anthologie du dessin italien forcément partielle mais représentative des forces et faiblesses des musées de notre pays, soit compléter les manques par des dessins du Louvre. C’est ce dernier parti qui a été retenu, et s’il permet de posséder ainsi une véritable histoire du dessin italien des XVIIe et XVIIIe siècles, il présente l’inconvénient de diminuer le nombre d’inédits qui auraient ainsi pu être publiés pour la première fois, d’autant que la plupart des feuilles du Louvre qui y sont incorporées sont pour la plupart bien connues. Les listes complémentaires de fin de volumes - dont il est précisé qu’elles ne sont pas exhaustives - qui listent sans illustrations des dessins repérés mais non exposés, prouvent que le choix aurait pu être encore beaucoup plus conséquent. Elles ont au moins le mérite d’attirer l’attention des chercheurs sur des œuvres et des fonds qui restent encore à redécouvrir.

Il est impossible, dans le cadre de cet article, de discuter chaque volume et chaque numéro. Nous invitons les spécialistes du dessin italien qui souhaiteraient proposer telle ou telle précision à nous envoyer leurs commentaires que nous publierons bien volontiers. On se contentera ici de souligner, volume par volume, quelques-unes des innombrables nouveautés qu’ils apportent et qui les rendent indispensables aux amateurs de dessins italiens.

Le Génie de Bologne, des Carracci aux Gandolfi

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1. Ludovico Carrracci (1555-1619)
Suzanne et les vieillards
Sanguine et lavis de sanguine - 24,5 x 20 cm
Rouen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Catherine Lancien / Carole Loisel

Ce tome s’attache à l’un des foyers les plus brillants d’Italie au début du XVIIe siècle. Les dessins des Carracci et de leurs élèves ont été largement publiés ces dernières années, à l’occasion de multiples expositions en France et en Europe. De même, les Gandolfi ont fait l’objet de plusieurs publications et expositions. On aurait donc pu penser que les découvertes auraient été peu importantes. Bien au contraire. Pas moins de 36 dessins, sur 110, sont totalement inédits, dont des feuilles importantes de Denys Calvaert (Orphée, Poitiers, cat. 1), Ludovico Carracci (Suzanne et les Vieillards, Rouen, cat. 8, ill. 1), deux Guido Reni (Montpellier, cat. 26 et 27). Un superbe dessin, publié par Pepper comme de ce dernier, est donné à l’entourage de cet artiste et attend une attribution, tout comme plusieurs anonymes de belle facture, par exemple le Couronnement de la Vierge de Nancy (cat. 50), de la suite de Cantarini. Trois feuilles de cet artiste, pourtant étudié récemment dans plusieurs catalogues, sont publiées pour la première fois (cat. 45, 48 et 49), l’une appartenant à la bibliothèque municipale de Carpentras. Le Guerchin et sons entourage (Cesare Gennari du Louvre) sont représentés également par des œuvres inédites. Notons, parmi ces feuilles peu connues, un beau Luca Ferrari donné en 1998 à Avignon par Marcel Puech (La Résurrection du Christ ; cat. 52) et, parmi les dessins du XVIIIe siècle, un beau Marcantonio Franceschini (L’Annonciation, cat. 81) et deux études de têtes par Ubaldo Gandolfi, tous trois conservés au Musée des Arts décoratifs de Lyon.

IMG/jpg/Couverture_Dessins_italiens_Bologne.jpgDiederik Backhuÿs, Luisa Berretti, Catherine Loisel, Le Génie de Bologne, des Carracci aux Gandolfi, Gourcuff Gradenigo, 2006, 250 p., 35 €. ISBN : 978-2-35340-00A2-7.


L’exposition a lieu à Rouen, au Musée des Beaux-Arts, du 2 novembre 2006 au 4 février 2007.


Splendeurs baroques de Naples

IMG/jpg/Preti_Saint.jpg Moins nombreux dans les musées français que les bolonais, le nombre d’inédits de l’école napolitaine est également beaucoup plus faible. Il reste que ce volume permet de découvrir, parmi 108 dessins, une quinzaine qui n’avaient jamais auparavant été publiés. Sur les cinq Lanfranco, un seul était déjà connu. Hélas, ces feuilles ne sont pas inoubliables. En revanche, un très beau Saint assis avec palme de Mattia Preti (cat. 32 ; Besançon, Musée - ill. 2), un joli Rosa, Deux cavaliers (cat. 33 ; Grenoble) préparatoire à un tableau du Louvre, un splendide Saint en gloire soutenu par des anges de Beinaschi (cat. 63 ; Besançon) font partie des découvertes intéressantes de ce catalogue, au même titre qu’un bel anonyme napolitain, également à Besançon (Miracle de Saint Nicolas de Bari ; cat. 61), attribué par Jean-Christophe Baudequin, avec une certaine vraisemblance, à Charles Mellin ou le sublime Songe de saint Martin de Francesco Solimena (cat. 80 ; Strasbourg).


IMG/jpg/Couverture_Dessins_italiens_Naples-2.jpgLizzi Boubli, Arnauld Brejon de Lavergnée, Sophie Harent, Guillaume Kazerouni, Catherine Loisel, Splendeurs baroques de Naples, Gourcuff Gradenigo, 2006, 250 p., 35 €. ISBN : 978-2-35340-003-4.


L’exposition a lieu à Poitiers, au Musée Sainte-Croix, du 25 octobre 2006 au 4 février 2007.

Gênes triomphante et la Lombardie des Borromées

IMG/jpg/Malosso_Pierre_Paul.jpg Il est remarquable que les dessins de l’école génoise, qui ont pourtant donné lieu ces dernières années à d’innombrables publications, recèlent autant d’inédits, pas moins de 40 sur un total de 113 feuilles exposées. Artiste prolifique, Domenico Piola est représenté par quinze œuvres, dont huit sont inédites, ce qui montre, compte tenu du fait que son style est très facile à retenir, combien ces fonds provinciaux de dessins ont été peu étudiés jusqu’à présent.
Parmi ces dessins inconnus, on retiendra la très belle feuille donnée (avec un point d’interrogation) à Giovanni Carlone (Aurore enlevant Céphale ; cat. 4 ; Paris, BnF), cinq remarquables Giulio Benso (cat. 17 à 21), dont trois sont conservés à Besançon (deux au musée et un à la bibliothèque), un joli Bernardo Strozzi à Grenoble (Figure féminine assise ; cat. 25), un magnifique Giovanni Battista Trotti, dit Malosso (cat. 87 ; ill. 3). Tous les Giovanni Battista della Rovere, dit il Fiammenghino (cat. 93 à 95) sont inédits. Deux dessins du Louvre sont ici publiés pour la première fois : Antonio Maria Viani, La Prédication de saint Etienne (cat. 88) et une feuille de Giovanni Paolo Cavagna (Homme agenouillé en prière ; cat. 89) qui était jusqu’ici donnée à Mattia Preti. Les dessins lombards de 1650 à 1800 semblent absents des collections, mais ceci n’est pas précisé dans l’introduction.


IMG/jpg/Couverture_Dessins_italiens_Genes-2.jpgPiero Boccardo, Giulio Bora, Guillaume Kazerouni, Catherine Loisel, Federica Mancini, Laura Marchesini, Sergio Marinelli, Elena Parma, Gênes triomphante et la Lombardie des Borromées, Gourcuff Gradenigo, 2006, 264 p., 35 €. ISBN : 978-2-35340-005-8.


L’exposition a lieu à Ajaccio, au Musée Fesch, du 28 octobre 2006 au 23 février 2007.

Venise, l’art de la Serenissima

IMG/jpg/Tiepolo_Personnages.jpg Contenant relativement peu (par rapport aux autres) de dessins inédits, ce volume permet tout de même d’en découvrir 24 soit près d’un quart des 114 exposés. On signalera tout d’abord les quatre beaux Giovanni Domenico Tiepolo inédits (cat. 104, 105, 108 et 110) dont on retiendra particulièrement Personnages et un cavalier dans un paysage (Grenoble ; ill. 4) et Faunesses et couple dans un paysage (Paris, Arts Décoratifs), ainsi qu’un Giambattista Tiepolo (Personnage enveloppé dans un manteau ; cat. 69 ; Montpellier, Musée Atger). Parmi les artistes moins connus, notons deux Palma le Jeune du Musée de Pithiviers, l’un des fonds redécouvert à l’occasion de cette exposition (cat. 1 et 4), deux beaux Alessandro Maganza (cat. 7 et 10) de Lyon et de Grenoble, une Scène d’histoire antique de Giambattista Langetti du Musée des Arts décoratifs de Lyon (cat. 32), l’une des collections dont on soupçonnait l’intérêt mais qui restait jusqu’ici peu étudiée et deux jolies feuilles de Gaspare Diziani conservées à Grenoble (cat. 76 et 77). Un beau Pietro Rotari (Le Sacrifice d’Iphigénie ; cat. 81) et deux Giuseppe Bazzani (cat. 82 et 83) proviennent de la bibliothèque de Rouen, qui conserve, avec celle de Besançon, une des collections de dessins les plus riches et qui mériterait comme elle d’être mieux connue.

IMG/jpg/Couverture_Dessins_italiens_Venise.jpgMassimo Favilla, Rachel George, Catherine Monbeig-Goguel, Catherine Loisel, Federica Mancini, Laura Marchesini, Sergio Marinelli, Giorgio Marini, Andrea Piai, Ruggero Rugolo, Hélène Sueur, Debora Tosato, Valentine Toutain,-Quittelier, Catherine Whistler, Venise, l’art de la Serenissima, Gourcuff Gradenigo, 2006, 264 p., 35 €. ISBN : 978-2-35340-001-0.

L’exposition avait lieu à Montpellier, au Musée Fabre, du 14 octobre 2006 au 14 janvier 2007.


Le Rayonnement de Florence sous les derniers Médicis

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5. Nicodemo Ferrucci
(1574-1650)
Etude d’homme assis
Sanguine - 38,8 x 22,2 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Ecole Nationale
Supérieure des Beaux-Arts

Là encore, le nombre d’inédits est moins important que dans d’autres volumes, sans doute parce que les florentins du XVIIe et du XVIIIe siècle (siècles longtemps moins considérés pour Florence que les deux précédents) ont été mieux étudiés, notamment grâce à Catherine Monbeig-Goguel, la grande spécialiste du dessin toscan, auteur de l’inventaire du Musée du Louvre (voir l’article), qui est française et a déjà beaucoup publié.
On soulignera tout de même une belle Allégorie de la Charité, de la Justice et de la Force de Jacopo Ligozzi (cat. 4 ; BnF), un Dante Alighieri de Bernardino Barbatelli , dit Il Poccetti (cat. 8 ; Montpellier, Musée Fabre), un Andrea Boscoli, au style typique de cet artiste même s’il s’agit d’une copie d’après Polidoro da Caravaggio, conservé à Strasbourg (cat. 13), une grande sanguine de Matteo Rosselli, Etude pour un saint religieux lisant un livre (cat. 45 ; Besançon, Musée) ainsi qu’un Projet de plafond avec Apollon et les Muses de Giuseppe Nicola Nasini (cat. 102 ; Paris, ENSBA).
Plusieurs beaux dessins inédits de maîtres très peu connus font tout le sel de cet ouvrage : Benedetto Brandimarte (Deux figures d’hommes arc-boutés ; cat. 5 ; Grenoble), Raffaello Schiaminossi (Saint Antoine Abbé ; cat. 10 ; Besançon, Musée) ou Nicodemo Ferrucci (Etude d’homme assis ; cat. 47 ; Lyon, Musée des Beaux-Arts, ill. 5).


IMG/jpg/Couverture_Dessins_italiens_Florence.jpgCristiana Garofalo, Catherine Loisel, Catherine Monbeig-Goguel, Eric Pagliano, Le Rayonnement de Florence sous les derniers Médicis, Gourcuff Gradenigo, 2006, 264 p., 35 €. ISBN : 978-2-35340-006-5.


L’exposition a lieu à Bayonne, au Musée Bonnat, du 25 octobre 2006 au 7 février 2007.

Rome à l’apogée de sa gloire

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6. Giuseppe Passeri (1654-1714)
Renaud abandonnant Armide
Sanguine, plume et encre brune, lavis brun,
rehauts de gouache blanche - 14,3 x 13 cm
Toulouse, Musée Paul-Dupuy
Photo : Toulouse, Musée Paul-Dupuy

Rome était l’un des centres de la vie artistique italienne au XVIIe siècle, attirant les peintres et sculpteurs de toute la péninsule. L’école romaine est née ainsi (c’était d’ailleurs déjà le cas au siècle précédent) d’apports exogènes plutôt que grâce aux artistes locaux. Ce volume recoupe donc largement les autres tomes, de nombreux dessinateurs de la première moitié du XVIIe, à commencer par les bolonais, ayant déjà fait l’objet de notices pour représenter leurs régions d’origine. Ce tome est également l’un des plus riche en inédits, puisque 50, soit près de la moitié des dessins exposés (114) sont ici publiés pour la première fois.
D’un artiste aussi inégal que le Cavalier d’Arpin (meilleur dessinateur que peintre cependant), on pourra admirer les deux belles sanguines du Musée des Beaux-Arts de Lyon, Sisara endormi et Homme nu tenant une dalle de pierre (cat. 4 et 5). Giovanni Baglione est représenté aussi par deux feuilles intéressantes (cat. 8 et 9 ; Montpellier, Musée Fabre et Poitiers). Les œuvres des autres grands bolonais, Annibale Carracci, Guido Reni ou Le Dominiquin sont en revanche tous déjà connus.
Un beau dessin, présenté comme de l’atelier de Pierre de Cortone (cat. 25 ; Lyon, Musée des Beau-Arts) cherche encore son auteur, tandis qu’un autre élève de Cortone, Ciro Ferri, est représenté par trois feuilles toutes inédites (cat. 47 à 59), dont au moins une de grande qualité (Allégorie des Arts ; cat. 49 ; Paris, ENSBA). On notera un Saint Martin de Pier Francesco Mola (cat. 37 ; Poitiers) et un Pietro Testa (Général romain haranguant ses troupes ; cat. 33 ; Montpellier, Musée Fabre).
Carlo Maratta1, l’un des plus importants artistes romains de la seconde moitié du siècle est représenté par onze dessins, dont sept sont inédits2. On retiendra le joli Vierge à l’Enfant avec saint Charles Borromée et saint Ignace de Loyola du Louvre, encore inédit bien qu’acquis en 1994, la très belle Etude pour le portrait de Livio Odescalchi, prince de Bracciano (cat ; Paris, Arts décoratifs) et un Saint Joseph (cat. 62 ; Paris, ENSBA).
C’est ici l’occasion de rendre hommage à un musée dont nous n’avons, jusqu’ici, pas assez parlé, alors qu’il mène une politique volontaire et remarquable d’acquisitions de dessins anciens, dont beaucoup sont italiens. Nous voulons parler du Musée Paul-Dupuy de Toulouse, dont on peut découvrir ici trois achats récents, dont deux inédits : un Giacinto Calandrucci entré en 2006 (Dieu reprochant à Adam et Eve d’avoir mangé du fruit défendu ; cat. 73), un beau Giuseppe Passeri en 2005 (Renaud abandonnant Armide ; cat. 76, ill. 6), un Andrea Procaccini en 2001 (Le Songe de Pie V ; cat. 80, déjà publié).
On terminera la recension de ce volume en notant une acquisition de 1993 du Musée des Beaux-Arts de Marseille (Giovanni Odazzi, Saint Bernard reçoit le lait de la Vierge en présence de saint Benoît ; cat. 77), un très beau Jeune homme jouant de la viole de gambe (cat. 89 ; Grenoble) d’Etienne Parrocel - qui aurait d’ailleurs pu figurer dans le volume consacré aux étrangers en Italie, un Pier Leone Ghezzi inédit du Louvre (cat. 81), un remarquable Panini du Musée de Saintes (Paysage italien, cat. 87) et plusieurs dessins d’Anton Raphaël Mengs conservés au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon (cat. 104 à 112).


IMG/jpg/Couverture_Dessins_italiens_Rome.jpgChristiana Garofalo, Rachel George, Ketty Gottardo, Françoise Joulie, Guillaume Kazerouni, Catherine Loisel, Jean Penent, Rome à l’apogée de sa gloire, Gourcuff Gradenigo, 2006, 262 p., 35 €. ISBN : 978-2-35340-006-5.


L’exposition a lieu à Toulouse, au Musée Paul-Dupuy, du 3 novembre 2006 au 7 février 2007.

L’Appel de l’Italie, artistes français et nordiques dans la péninsule

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7. Pierre-Adrien Pâris (1745-1819)
Le Palais de Caprarola vu de face, 1773
Sanguine - 44,8 x 32,5 cm
Compiègne, Musée Vivenel
Photo : Compiègne, Musée Vivenel

L’appel de l’Italie fut essentiellement celui de Rome, même si d’autres villes telles Florence (avec Jan Asselijn, Jacques Callot ou Jacques Stella), Naples (Charles Mellin), ou Venise (Johann Karl Loth, Johann Lyss) furent également des étapes importantes pour les artistes étrangers. Certains d’entre-eux, indissociables de la ville où ils ont travaillé, ont été inclus dans les autres volumes. Il s’agit ici, essentiellement, comme le révèle la préface de Catherine Loisel et Françoise Joulie, de s’intéresser aux nombreux paysagistes d’origine étrangère qui travaillèrent en Italie. On verra ainsi des feuilles de Bartholomeus Breengergh (cat. 7), Jan Asselijn (cat. 14 et 16), Gaspard Dughet (cat. 50), Pieter van Laer (cat. 56), Jan Both (cat. 57), Jean-Baptiste Weenix (cat. 58), Thomas Adriaensz Wyck (cat. 60). Tous ces paysages, à l’exception de celui de Weenix, appartiennent au fonds décidément inépuisable de Besançon et sont publiés ici pour la première fois3. Deux autres splendides dessins inédits de paysage appartiennent l’un au Musée des Beaux-Arts de Reims (Vue d’une villa italienne de Friedrich Reclam, cat. 104) et l’autre au Musée Vivenel de Compiègne (Pierre-Adrien Pâris, Le Palais de Caprarola vue de face ; cat. 108, ill. 7).
On verra cependant, parmi les 24 dessins inédits sur 114 exposés, des sujets d’histoire, tels le beau Pierre Brébiette, Le Cortège de Bacchus (cat. 32) conservé dans par la Société des Lettres de Rodez, Un soldat romain allongé et endormi (François van Loo ; Paris, Louvre ; cat. 77) ou un beau Dandré-Bardon, L’Adoration des bergers, dont l’attribution est due à Pierre Rosenberg (Lyon, Musée des Beaux-Arts ; cat. 82).

IMG/jpg/Couverture_Dessins_italiens_France.jpgJean-Claude Boyer, Emmanuel Coquery, Arnauld Brejon de Lavergnée, Barbara Brejon de Lavergnée, Matthieu Gilles, Michel Hilaire, Françoise Joulie, Guillaume Kazerouni, Sylvain Laveissière, Nicolas Lesur, Catherine Loisel, L’Appel de l’Italie, artistes français et nordiques dans la péninsule, Gourcuff Gradenigo, 2006, 276 p., 35 €. ISBN : 978-2-35340-004-1.

L’exposition a lieu à Grenoble, au Musée des Beaux-Arts, du 4 novembre 2006 au 4 février 2007.


Didier Rykner, dimanche 28 janvier 2007


Notes

1Ici nommé Maratti, aucune des deux appellations de ce peintre ne semblant vouloir l’emporter. Ainsi Stéphane Loire, dans son récent catalogue des peintures italiennes du Louvre, dont une recension sera en ligne sur ce site d’ici quelques jours, l’appelle, comme nous, Maratta.

2Le célébrissime Annibale Carracci relève la Peinture du Louvre aurait ainsi pu être remplacé par l’un des nombeux dessins listés à la fin de l’ouvrage.

3Le cat. 59, également par Jean-Baptiste Weenix, n’est pas un paysage, mais est aussi à Besançon)




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