2/7/09– Future nomination – Fontainebleau, Etablissement public du château de Fontainebleau – On se rappelle comment le conservateur en chef du musée de Fontainebleau, Amaury Lefébure, avait été remercié pour faire la place à Bernard Notari, ancien conseiller du ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres. Si nous avions dénoncé en son temps cette nomination (voir brève du 31/8/06), un administrateur n’ayant pas à prendre la place d’un conservateur à la tête d’un musée, force est de reconnaître que sur plusieurs points, Notari a fait bouger les choses, en rouvrant de nouvelles salles (on inaugurait hier une galerie consacrée au mobilier), en réussissant des acquisitions importantes grâce au mécénat (voir brève du 11/3/09) et surtout en remplaçant l’Architecte en chef des monuments historiques Jacques Moulin (voir article du 26/12/08) par Patrick Ponsot, l’un des ACMH les plus prudents et les plus respectueux du patrimoine1 .
Or, on apprend aujourd’hui (la nouvelle est connue depuis quelques jours des milieux de la culture, même si rien n’est encore officiel) que Bernard Notari serait à son tour évincé pour faire place au directeur de cabinet de Christine Albanel, Jean-François Hébert, à l’occasion de la création de l’Etablissement public du domaine de Fontainebleau.
Cette nouvelle, si elle se confirmait, prouverait une nouvelle fois que les directions des grands musées sont désormais des postes qui permettent de recaser les amis à qui il faut trouver un point de chute. Il n’est pas question ici de faire un procès d’intention à Jean-François Hébert, simplement de constater qu’il est désormais préférable d’être énarque si l’on veut faire carrière dans les musées. Remarquons par ailleurs que le décret de création de l’Etablissement public du château de Fontainebleau date du 13 mars 2009 et qu’il aura donc fallu attendre, dans le meilleur des cas, juillet 2009 pour que son président soit nommé. Par comparaison, on rappellera par exemple que l’établissement public du musée du Quai Branly avait été créé le 23 décembre 1998 et son président nommé dans la foulée le 30 décembre 1998. On ne peut s’empêcher de penser que la prévision du remaniement gouvernemental a ralenti le processus et que le poste était gardé au chaud : si Christine Albanel était restée ministre, il est peu probable que Jean-François Hébert ait eu besoin de trouver un nouveau poste. Il est hélas probable que la Villa Médicis, refusé par l’ancien ministre (voir notre éditorial du 25/6/09) fasse partie de ce nouveau jeu de chaise musicale...

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