Des œuvres de jeunesse de Gustave Moreau entrent à Orsay et à Dijon


1. Gustave Moreau (1826-1898)
L’Enfance de Sixte-Quint
Huile sur toile - 41 x 27,5 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : H. Duchemin, cabinet Turquin

10/6/09– Acquisitions – Paris, Musée d’Orsay et Dijon, Musée des Beaux-Arts – Orsay vient d’acheter, auprès d’Hubert Duchemin (galerie Eric Turquin), un tableau de Gustave Moreau représentant L’enfance de Sixte-Quint (ill. 1).

L’œuvre était apparue, anonyme, dans une petite vente à l’Hôtel Drouot au début des années 1990, puis acquise par un marchand qui ne put identifier son auteur et qui la conserva pour sa collection personnelle. L’attribution pouvait osciller, en effet, entre Gustave Moreau et Théodore Chassériau, le premier ayant eu, au début de sa carrière, un style très proche du second. Le problème de la séparation des deux mains, longtemps insoluble, a récemment pu être éclairci grâce à la découverte par Edwart Vignot d’un ensemble de dessins de jeunesse de Gustave Moreau qui firent l’objet d’une exposition à l’Ecole des Beaux-Arts (voir brève du 18/10/05). La réapparition de ces feuilles fut le déclic qui permit de rendre sans aucun doute ce tableau à Gustave Moreau, nom d’ailleurs confirmé par Edwart Vignot puis par Louis-Antoine Prat.
Il restait cependant à reconnaître l’iconographie et, si possible, obtenir une preuve qu’elle correspondait à une composition peinte par l’artiste. C’est Geneviève Lacambre qui trouva la solution dans le Livre de notes où Moreau listait ses dessins. On peut y lire en effet qu’il réalisa « Sixte-Quint et la sorcière ». Il s’agit là d’un sujet connu notamment grâce à un tableau de Jean-Victor Schnetz, L’enfance de Sixte-Quint (Arras), où une diseuse de bonne aventure prédit au futur pape son brillant avenir. Le traitement et l’esprit des deux toiles, celle de Schnetz et celle de Gustave Moreau, sont cependant fort différents et rien ne prouve que l’un ait influencé l’autre. Ils peuvent avoir été tirés d’une source littéraire commune.

2. Gustave Moreau (1826-1898)
Tête de soldat ivre
Mine de plomb - 29,3 x 21,9 cm
Dijon Musée des Beaux-Arts
Photo : ENSBA



Pour rester avec Gustave Moreau émule de Chassériau, signalons le don en 2008 par Edwart Vignot, au Musée des Beaux-Arts de Dijon, d’un dessin représentant une Tête de soldat ivre (ill. 2) préparatoire au Cantique des cantiques, tableau conservé dan ses murs, ainsi que l’achat par le musée de sept autres feuilles étudiant cette même toile [1] .

English version


Didier Rykner, mercredi 10 juin 2009


Notes

[1] Toutes avaient été présentées et publiées par l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts.



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